Arte diffuse, dimanche soir, le documentaire que David Shulman a consacré au peintre Jean-Michel Basquiat : La Rage créative (2017). Le film suit le gamin qui prit New York d’assaut, entre rêve de gloire et colère, révolutionnant au passage le monde de l’art, le gamin fracassé aussi, par une médiatisation jamais pleinement assumée, par sa rage noyée dans les paradis artificiels ; d’œuvre en œuvre, de Samo à Basquiat, c’est New York que l’on voit se transformer, de la ville sauvage et brute, crasseuse et violente à la gentrification, de même que l’artiste insoumis devient une valeur sûre du marché, explosant aujourd’hui encore les records dans les salles des ventes.
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« Regarder la télé, c’est chiant. Mais quand elle est allumée, c’est pire ». Alors on le fait pour vous : critiques, avant-premières, actualités, analyses…
Arte diffuse le documentaire Kurt Cobain : Montage of Heck, titre tiré de celui donné par le leader charismatique de Nirvana à l’une de ses cassettes audio. Film autorisé par Courtney Love et la famille qui témoigne largement, produit par Frances Bean, la fille du chanteur, construit depuis des archives intimes, ce « bazar organisé » s’offre comme un biopic dans ce que le genre a de pire : un hymne à la gloire du génie solitaire et incompris, dont tout dessin, tout film super 8, toute cassette, toute déclaration publique et/ou photographie devient une brique construisant le mur de la légende.
Disponible en intégrale sur OCS, la série de Steven Soderbergh ne bénéficiera ici que d’une critique partiale et partielle. Partiale, parce que le seul nom du réalisateur de Sexe, Mensonges et Vidéo, Traffic ou la trilogie Ocean’s est un gage de qualité a priori ; partielle, parce que la mini-série développée pour HBO a été pensée comme une expérience interactive, déclinée en application mobile et pour ordinateur, mais uniquement disponible aux États-Unis.
En surface, Baron Noir est « une vraie série politique dramatique, qui profite d’une écriture soignée, de bons dialogues, d’une mise en scène intelligente et de comédiens de qualité » (Pierre Langlais, Télérama). En surface, Baron Noir, saison 2 est « encore plus près du réel » (Carine Didier, Le Parisien). En surface, enfin, Baron noir est « une série captivante qui s’attache sans cynisme aux tiraillements entre convictions et ambitions » (Télérama). Une série « sans cynisme » ? Vraiment ? Rien n’est moins sûr. C’est même strictement le contraire. Explications.
Comme elle l’avait fait en 2016 en se focalisant sur « Touche pas à mon poste », l’Association des journalistes lesbiennes, gays, bi.e.s et trans (AJL), s’est concentrée en 2017 sur d’autres talk-shows, cinq émissions télévisées de grande écoute qui ont été analysées durant une période d’un mois. Il ne s’agit pas pour l’AJL de jouer les censeurs ni de vouloir imposer à la TV la fameuse « bien-pensance » – notion absurde et bête, que l’on invoque lorsque l’on n’a rien d’autre à dire – exprimant davantage un vide de la pensée qu’une réalité objective.
En début d’année 2017, le critique avouait qu’il avait sans peine mis de côté son goût pour ses séries cultes désormais trop datées, pour se tourner vers les TV shows exigeants qui font se pâmer les exégètes un peu snobs dont il fait partie ou pour les blockbusters bien huilés qui demandent moins d’avoir un QI de Prix Nobel que l’indulgence chevillée au cortex. Allant même jusqu’à visionner l’intégralité de la première saison de This is US avant de se plonger dans la deuxième débutée le 26 septembre dernier, le critique revient à mi-saison pour reparler de ce qui s’avère être une réussite au-delà de toute compréhension, avant une trêve hivernale qui va permettre à Kate, Kevin, Randall et nos glandes lacrymales de faire une pause bien méritée.
Prenez un acteur emblématique de sa génération (Damian Lewis, découvert avec Spielberg dans Band of Brothers et dont le talent s’est affirmé avec Homeland), un habitué des seconds rôles dont la filmographie force le respect (Paul Giamatti, passé par Woody Allen, Alexander Payne, Peter Weir…) et vous obtenez le duo d’ennemis intimes le plus réussi du moment en tête du casting d’une série gonflée dans un New York post 9/11 rattrapé par ses démons : Billions.
Fondée en 1953 aux USA, sous le nom des Ailes de la délivrance, devenue en 1955, sous l’égide du gourou Jim Jones, la secte du Temple du peuple des disciples du Christ, The People’s Temple of the Disciples of Christ, a fait la une de la presse mondiale pour le suicide collectif de ses adeptes le 18 novembre 1978 à Jonestown, en Guyana (Amérique centrale) : elle est le sujet du septième épisode de la série Faits divers à la une diffusée sur Arte.
Le fait divers qui sert de point nodal au sixième épisode de la série documentaire d’Arte pourrait avoir échappé à nos mémoires collectives : au printemps 1924, à Hanovre, les ossements de jeunes hommes sont découverts dans la Leine. Un homme est rapidement arrêté, il s’agit d’un brocanteur, Fritz Haarmann, homosexuel, accusé d’avoir assassiné ses amants. La presse lui forge une épithète, « le vampire », « le boucher », opération qui est le signe onomastique d’une affaire destinée à entrer dans les annales du crime.
En août 1888, dans le quartier londonien de Whitechapel, une série de crimes sordides défraye la chronique. Les victimes sont toutes des prostituées.
La nuit dernière à Los Angeles, Internet et l’ombre de la Maison Blanche ont plané sur la 69ème édition des Emmy Awards. Et le cru 2017 a livré un palmarès très critique envers les USA de l’ère Trump.
Paris, janvier 1907 : c’est dans le contexte d’un débat national sur l’abolition de la peine de mort qu’intervient un crime odieux, l’affaire Soleilland, le meurtre d’une petite fille de onze ans. Exploité par la presse, le fait divers aura pour conséquence une parenthèse de plus de 70 ans avant le vote, en France, de l’abolition de la peine capitale, illustrant le lien quasi consubstantiel entre le meurtre d’enfant et ce type de peine. Quatrième volet de la série « Fait divers, l’Histoire à la une », ce documentaire exceptionnel met en perspective deux contextes historiques, via deux affaires centrées sur le meurtre d’un enfant et deux débats aux conséquences diamétralement opposées, l’affaire Soleilland et l’affaire Patrick Henry.
Le troisième épisode de la série documentaire d’Emmanuel Blanchard et Dominique Kalifa, diffusé samedi sur Arte, est centré sur la fameuse Violette Nozière, « le monstre en jupon », un fait divers qui met en perspective un acte au sommet de la hiérarchie criminelle, le parricide. Tuer le père, pilier de la société, c’est renverser l’ordre social. Mais derrière l’acte, ce sont toutes les contradictions et tensions des années 30 qui sont déployées et interrogées dans cet épisode passionnant.
Le 10 septembre à 19h, Les Terriens du dimanche ont débarqué sur le plateau du démiurge Ardisson, même plateau, même scénographie, même générique, même lumière, même animateur, mais selon la promesse de l’homme en noir du PAF, « nouveaux » chroniqueurs…
Le second épisode de la série Faits divers à la une (Arte), diffusé juste après Roswell, se déroule cinquante ans plus tard, sous un pont parisien. C’est ce moment que Robert McLiam Wilson, dans une tribune récente publiée dans Libération, a qualifié de « triomphe du rien », expression qui dit bien le paradoxe oxymorique d’un fait en apparence sans importance pourtant susceptible d’un emballement infini, en ce sens passionnant parce qu’il révèle nos imaginaires, nos constructions fictionnelles comme un moment de l’histoire sociale.