Le titre renvoie à la deuxième Épître aux Corinthiens : « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles ». La citation choisie par Nathan Trantraal contraste avec le contenu des textes : ce qu’elle affirme est contredit par la réalité, le livre étant structuré par cette contradiction entre un discours et un autre, entre la promesse et la réalité sociale, politique, culturelle, économique.

Il pourrait s’agir d’un livre d’Euclide mais il est signé Marie de Quatrebarbes. Ça pourrait être un livre d’un physicien-philosophe de l’Antiquité, mais c’est un livre de poésie. Ce serait un livre de grammaire autant qu’une poétique, une écriture autant qu’un rapport au monde – un nouveau monde, un monde nouveau dans ce monde.

Vient de sortir, dans l’étonnante « petite maison d’édition » marseillaise Fidel Anthelme X, dirigée par la poétesse Frédérique Guetat-Liviani, Un poète d’Ukraine, de Pavlo Grigorievitch Tytchina, traduit de l’ukrainien en russe par Sergueï Zavialov et du russe en français par Yvan Mignot. Ce livre, qu’on pourrait qualifier de circonstance, sonne dans le temps de la mémoire du poème comme un tocsin… Cette conversation avec Yvan Mignot, grand traducteur de Khlebnikov et de Harms, éclaire ce livre qui devrait circuler comme un brulot.