31 août 2025. Father, Mother, Sister Brother de Jim Jarmusch, recalé à Cannes, est projeté à Venise avec succès. Sur la lagune, le cinéaste a annoncé qu’il a déposé une demande de visa de résidence de longue durée en France pour y tourner son prochain film – mais pas seulement. Bienvenue ! En espérant que la critique hexagonale se montrera plus fine qu’elle ne l’avait été pour son opus précédent, The Dead Don’t Die, auquel à peu près seul Aki Kaurismäki a su rendre hommage dans son dernier opus, Les feuilles mortes.

Et virgule (2025) est le troisième volet d’une « trilogie » après Théorèmes de la nature (2017) et Descriptions (2021). Et, et… La conjonction coordonne ces trois livres qui n’en forment qu’un seul, un peu comme les cinq « chapitres », ou les cinq bords du « chapeau » qui agençaient Les jungles plates (2010). « Et virgule »… La virgule, elle, indiquerait une suite, une autre suite, ou que l’objet poétique que nous tenons dans les mains, que nous croyons tenir entre nos mains, n’a pas de fin, qu’il est infini, inachevable : 141 poèmes pour Et virgule, comme Théorèmes de la nature, et 143 pour Descriptions. Plus de quatre cents poèmes donc, 425 exactement, tous en prose, d’inégale longueur (parfois juste une phrase, une phrase-vers), et qui n’excèdent jamais une page.

Il arrive qu’on adresse au chroniqueur – au veilleur qui a pris son tour de garde – ce message : « Vous parlez assez longuement de tel livre, ou de tel film, de X ou Y ; mais au bout du compte, on ne sait pas vraiment à quel point vous l’aimez – ou non : votre opinion à son sujet n’est pas claire. » Que répondre ? Si ce livre – ou ce film ou cette exposition – est au programme, c’est qu’il ou elle en vaut la peine ; nul besoin de crier au chef d’œuvre, même s’il nous arrive de le penser. Il importe de ne pas établir de hiérarchie – du moins en apparence, car qui sait lire « entre les lignes » peut deviner ce qu’il en est, même si de vigoureux coups de gomme ont biffé, à relecture, toute louange excessive.