L’engouement pour ou contre les romans de Bret Easton Ellis m’est resté étranger. En furetant dans mes étagères, je suis retombé sur Les lois de l’attraction, en poche. Date d’achat : 24/5/1995. Je n’étais pas pressé. J’ai dû par la suite emprunter American psycho, et Lunar park ou Suites impériales, je ne sais plus, en médiathèque. Pourquoi s’encombrer de livres dont j’avais plus ou moins décrété par avance qu’ils me déplairaient ? Le matraquage branché avait peut-être agi sur moi a contrario : l’atmosphère de soufre pasteurisé-marketé qui entourait l’auteur nourrissant mon scepticisme, il me fallait étayer ma réticence, au moins jeter un œil sur les pièces à conviction.
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Le 13 février 2022, j’annonçai mon ralliement aux anti-Tampax, aux anti-Anthrax, aux pro Gérard Majax, aux Amis de Mad Max et proclamai mon allégeance à l’État diasporique du Salut par les fièvres.
Rien à faire, elle ne pouvait pas. Fêter le retour à l’insignifiance sur les terrasses avec les autres braillards devant une mixture orange dont le prix avoisinait le taux horaire du smic. Bavasser prospères sur les nuisances du capitalisme, dont ils sont les produits les plus hypocrites et décérébrés.
Hier soir, à La grande librairie, on nous proposait une grosse tartine de poésie. Outre l’animateur et son habituel enthousiasme carnassier à bagouses, il y avait là quatre personnes tout à fait respectables, dont Jean-Pierre Siméon, qu’on nous a présenté comme la nouvelle idole des jeunes, le poète officiel des acnéiques.
Si d’aventure, dans l’arrière salle d’un terrifiant colloque, un commando de doctorant.es à cagoules m’intimait d’exprimer un penchant parmi les penseurs canoniques de la seconde moitié du vingtième siècle, je crois bien que je prononcerais le nom de Jean Baudrillard.
Toute vie humaine suppose et affronte la discorde et la perte. Chaque femme, chaque homme, au cours de son existence, rencontrera, sous une forme ou sous une autre, ces deux piliers de la condition humaine. Caractère tragique, universel, de toute vie humaine. Caractère unique, aussi. Bien que personne n’y échappe, nulle discorde, nulle perte n’est interchangeable.
Si l’humanisme d’Albert Camus pouvait parfois paraître solennel (je le serai moi-même ici) et officiant, il n’avait pourtant rien d’une posture pour cérémonies. Aussi éloigné du cynisme que de la candeur, fondé sur un « goût violent de la justice », empreint d’une noblesse combative, l’humanisme de Camus refusait à la fois le confort des radicalismes mondains, les catéchismes révolutionnaires et le secours des horizons surnaturels.
Ma dernière sortie culturelle remonte à au moins cinq ans. Le marché aux bestiaux de Corbigny m’a bien intéressé. Même si je n’y connais rien en transaction de bovins.
Le mot « élites », prisé par les professionnels de l’information, désigne une catégorie de personnes dotée d’une surface sociale et/ou d’une assise financière lui assurant des positions de pouvoir et un capital d’influence inaccessibles à tout individu dont les mérites et les talents n’ont pas été validés par les instances de cooptation propres à cette catégorie (d’où l’impression de circuit fermé).
J’ai trouvé dans Les Irremplaçables (Gallimard, 2015) de Cynthia Fleury une définition de la « raison instrumentale ». J’aime bien les définitions. Celle-ci ravive ma perception d’un phénomène que, jusqu’alors, je m’étais contenté d’appréhender avec désinvolture, comme si ne pas condescendre à le définir suffisait à marquer mon antagonisme. Ce n’est pas très socratique.
Par un petit matin assez gris de fin août, je me trouvais sur la terrasse d’un café de Saint-Servan (35400) quand à une table voisine apparut Brigitte Fontaine. Nous étions les deux seuls occupants de cette terrasse située, pour ceux qui connaissent, non loin de la place du marché.
Dans un monde où l’industrie de la pornographie est devenue un secteur prospère de l’économie de marché, il ne serait pas raisonnable de considérer encore la représentation du sexe, sous quelque forme que ce soit, comme un élément porteur de subversion.
« La guerre seule console de la mort ». Cette réflexion de Paul Valéry me revient souvent en mémoire devant un événement violent de portée historico-mondiale. Et ça n’est pas ce qui manque. Ni dans le passé, ni dans le présent. Quant au futur, il est à craindre qu’il n’en sera pas indemne.
Je ne sais plus quel devait être le sujet de cette chronique. Je ne sais plus si j’en avais un. Je n’en ai peut-être jamais. Attends, c’est périmé, les sujets. D’autant que ce qu’on dit correspond rarement à ce qu’on croyait vouloir dire.
Ne me secouez pas, je suis plein de chansons. Rien que ce matin, il n’est que 10h18, j’en ai déjà écouté sept ou huit.