Maxime revient vers sa maison à Pripyat, Ukraine, après l’accident nucléaire survenu à Tchernobyl
Maxime revient vers sa maison à Pripyat, Ukraine, après l’accident nucléaire survenu à Tchernobyl

Caen, le 26 avril 2016

Chère Simona,

J’espère que tu te portes au mieux depuis que nous nous sommes rencontrés à Caen. Le sinistre anniversaire des 30 ans de la catastrophe de Tchernobyl, me replonge, malgré moi, dans les souvenirs et impressions de mes voyages dans la zone interdite.

Quand je t’ai évoqué, pour la première fois, cette expérience tu m’as dit, reprenant malicieusement les mots de Duras : « Christophe, tu le sais bien, tu n’as rien vu à Tchernobyl ».

Simona, tu ne pouvais pas mieux dire !

Cerveau - ArteNotre cerveau est de mieux en mieux connu, mesuré, cartographié par la science. Mais qu’en est-il de notre conscience ? Déchiffrer la conscience, voyage dans l’étoffe de nos pensées, le documentaire de Cécile Denjean que diffuse Arte, l’énonce dès ses premières minutes : nous sommes tous les auteurs d’un film en trois dimensions, intime et incommunicable, celui que notre conscience tisse et construit à partir de données sensorielles, de nos souvenirs, expériences et sensations. Ce film intérieur est-il vraiment incommunicable ? Non. La science commence à observer et mesurer la conscience, à pouvoir, à partir d’imageries cérébrales et expériences, dire quelque chose de ce « moi » que la conscience de chacun construit.

DB2
The funeral of my youth

David Bowie est mort. La nouvelle est tombée comme un couperet, annonce froide et lapidaire du décès d’une légende du rock, un immense artiste et une personne, une personnalité hors du commun.

The stars look very different today. L’artiste venait nous livrer son testament, BlackStar, faisant de sa vie comme de sa musique, jusqu’au bout, un destin comme une œuvre d’art.

La semaine dernière, Diacritik parlait de lui au présent, quelques jours avant la diffusion sur France 4 du portrait dressé par Christophe Conte et Gaëtan Chataigner. Diacritik republie cet article, tel quel, au présent, in memoriam.

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Demain soir sur France 2, dans Infrarouge, sera diffusé le film de David André, Du côté des vivants. Dès le début du documentaire, un carton rappelle que les attentats ont fait plus de 150 morts en France en 2015. Les premiers, ceux de Charlie, le 7 janvier, dont le film évoque les destins, en onze chapitres, comme la vie d’après de ceux qui leur ont survécu, portant à jamais en eux le poids intolérable de ces morts et « la vie qui résiste chez ceux qui leur survivent ». Résistance pourrait être le maître mot de ce documentaire.

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Et si la pop musique était une expérience poétique ? C’était la thèse de Simon Critchley dans son David Bowie, philosophie intime : « Pendant un instant fugitif, la durée d’une chanson, d’une de ces chansons pop apparemment si simples, si bêtes, si puériles, nous devenons capables de défaire la créature en nous (…) et d’imaginer une autre façon d’exister, quelque chose qui relève de l’utopie ». La pop capture le présent dont elle offre la bande-son, dont elle fixe l’origine. Pour Critchley, alors âgé de 12 ans, ce fut le 6 juillet 1972. Quatre minutes durant lesquelles, moulé dans une combinaison molletonnée multicolore, bottines rouges lacées aux pieds, cheveux orange et guitare bleu pétrole en bandoulière, Bowie chante Starman, dans l’émission « Tops of The Pops » (BBC1). C’est l’irruption de l’étrange dans un univers normé, l’explosion des règles et des codes, une forme de sidération comme de sédition, l’arrivée sur terre de l’homme venu d’ailleurs, David Bowie. Un mystère que le documentaire de Gaëtan Chataigner et Christophe Conte diffusé mercredi soir sur France 4 tente d’élucider : pour cela il faut revenir en arrière, faire défiler les multiples métamorphoses et incarnations d’un caméléon, d’un « conquérant de tous les futurs » et tenter de fixer ce fantôme dans un lieu qu’il a hanté, le mythique château d’Hérouville, celui qui abrita Chopin et George Sand mais aussi les plus grands groupes des années 70, un lieu dans lequel Bowie se posa par deux fois, pour Pin Ups (73) et Low (76) et dont un mur porte encore un graffiti.

A partir du 21 décembre, Arte organise un cycle consacré à Jacques Tati, avec la diffusion de certains de ses films — Trafic, Mon Oncle, Jour de fête, Playtime, L’École des facteurs — ainsi que d’un documentaire d’Emmanuel Leconte et Simon Wallon, Tati express.
Dans l’entretien qu’il a accordé à Diacritik, Antoine Gaudin évoque ce qui, selon lui, fait encore aujourd’hui la singularité et la beauté du cinéma de Jacques Tati.

Roland Barthes, 1978 — Photo : Sophie Bassouls / Sygma / Corbis

Dans les dernières minutes du splendide documentaire que Chantal Thomas et son frère Thierry Thomas consacrent tendrement à Roland Barthes, on entend le sémiologue revenir sur les raisons qui l’ont conduit à s’intéresser à la photographie dans La Chambre claire, son ultime essai :