C’est aux pratiques archivistiques de Michel Foucault et Arlette Farge qu’emboîte le pas Philippe Artières. Comme eux, il en sait la puissance esthétique, en mesure la force sensible, quand les traces du pouvoir nous confrontent à une vie mineure, dessinent l’épaisseur d’un corps ou font entendre l’écho lointain d’une plainte.

Sculptrice et autrice, Valérie Rossignol modèle très subtilement le corps des hommes dans son bel opus De terre et de chair paru chez L’Arbre Hominescent en 2019. Sous forme d’un diptyque « Homme de terre » et « Homme de chair », elle nous donne à voir la nudité masculine avec sensibilité et altruisme dans le rapport créatif qu’elle met en langue.

La publication, à intervalles réguliers, par les éditions Gallimard, d’une série de correspondances entre Albert Camus et des destinataires du monde intellectuel, journalistique ou éditorial, complète très heureusement les excellentes biographies publiées à ce jour. Cependant, il est encore temps de mieux connaître le Camus des années 30 en Algérie, alors qu’il n’est qu’un simple membre d’un groupe d’amis algérois, avant de connaître le succès avec la publication de L’Étranger, en mai 1942, et la gloire au moment du Prix Nobel, en 1957.

« Personne n’a jamais écrit à deux voix. »
Marguerite Duras, Écrire.

La question m’a été posée à plusieurs reprises ces dernières semaines, de mon opposition quasi-systématique à la pratique des ateliers d’écriture ; de mon refus en tout cas d’y participer, ou d’en animer un — ce que j’ai failli faire à Bruxelles, en m’y installant il y a trois ans, parce qu’il m’avait semblé alors que ma reconnaissance dans la ville belge passerait forcément par cet exercice fastidieux.

Poétesse queer, éditrice, performeuse, membre du collectif RER Q, Élodie Petit publie Fiévreuse plébéienne, un travail où se mêle plaisir sexuel, politique et expérimentation littéraire. C’est dans une articulation réussie entre les trois registres que se réalise l’écriture nerveuse de l’autrice.

Call: I’ve read Morse — I’ve read all the banned histories. She gave her life to protect us from the beast. You’re not her.

Une fois les gants de boxe retirés — après avoir renversé son gobelet, Call est chassée par ses compagnons et leur envoie les fameux gants au visage (cf. RIPLEY(S) : CRÉATION I) —, la jeune femme (on ne sait pas encore qu’elle est un androïde à ce stade du film) se met en quête de Ripley.

Nous connaissons tous plus ou moins bien l’action durant la Seconde guerre mondiale de grandes figures féminines et masculines de la Résistance française comme Germaine Tillion, Danielle Casanova, Lucie Aubrac, Jean Moulin, Henri Frenay ou Fred Scamaroni.
Youra Livichtz… son nom ne vous dit peut-être rien même s’il a joué un rôle important dans cette lutte contre l’occupation allemande.

On s’assied dans l’obscurité et malgré le couple, le rang devant soi, qui plonge à deux mains généreuses dans un sachet de bonbons, et ce trio, derrière soi, qui fait la même chose avec un enthousiasme tout équivalent (et j’en profite pour poser la question essentielle de ce texte : quand inventera-t-on enfin des emballages de bonbons silencieux ?), on s’abîme vers les étoiles en compagnie de Brad Pitt.

L’Algérie a toujours été plus ou moins présente dans les romans publiés à ce jour par Kaouther Adimi : L’Envers des autres (2011), Des pierres dans ma poche (2016) et Nos richesses (2017). Avec ce nouveau roman, Les petits de Décembre (Seuil, 2019) l’Algérie est totalement au centre de l’histoire racontée.