L’autre soir au métro Solférino (mon lieu de travail est sis dans un quartier chic, si vous voulez savoir, un ancien hôtel particulier du septième arrondissement, je n’en dirai pas plus, il y a tant d’envieux), une jeune femme m’a abordé. Elle portait une tablette et un sur-gilet orange, ou bleu je ne sais plus. Elle faisait une enquête. Officielle, apparemment. Elle procédait à un sondage. Pour la RATP ?
Auteur : Jean-Pierre Cescosse
Claude Arnaud est, entre autres, l’auteur de Chamfort (Robert Laffont, 1987) et de Proust contre Cocteau (Grasset, 2013). Il n’est pas impossible que ces deux livres aient pu inspirer à des lecteurs l’envie de recourir au mot « chef d’œuvre ». Sans me porter à ces extrémités (dans l’incapacité où je me trouve de définir en quoi consiste précisément un « chef-d’œuvre »), je me contenterai de souligner qu’outre leur précieux contenu informatif, il est indéniable que des lectures réitérées n’en épuisent ni la substance ni la singularité.
Ceux qui tentaient de s’échapper, qu’on rattrapait, qu’on pendait par les pieds, qu’on fouettait et qu’on achevait par balles.
On entend beaucoup parler de fascisme en ce moment. Ça me rappelle l’entre-deux tours 2002 quand on n’avait d’autre choix ni d’autre motivation que voter contre le facho de service.
L’engouement pour ou contre les romans de Bret Easton Ellis m’est resté étranger. En furetant dans mes étagères, je suis retombé sur Les lois de l’attraction, en poche. Date d’achat : 24/5/1995. Je n’étais pas pressé. J’ai dû par la suite emprunter American psycho, et Lunar park ou Suites impériales, je ne sais plus, en médiathèque. Pourquoi s’encombrer de livres dont j’avais plus ou moins décrété par avance qu’ils me déplairaient ? Le matraquage branché avait peut-être agi sur moi a contrario : l’atmosphère de soufre pasteurisé-marketé qui entourait l’auteur nourrissant mon scepticisme, il me fallait étayer ma réticence, au moins jeter un œil sur les pièces à conviction.
Le 18ème (si l’on inclut l’album en duo avec Paul Personne) album studio d’Hubert-Félix Thiéfaine, Géographie du vide, sort aujourd’hui, vendredi 8 octobre. L’occasion pour Jean-Pierre Cescosse d’un grand entretien avec le chanteur, dont la singularité flamboyante secoue la chanson francophone depuis plus de 40 ans.
Le 13 février 2022, j’annonçai mon ralliement aux anti-Tampax, aux anti-Anthrax, aux pro Gérard Majax, aux Amis de Mad Max et proclamai mon allégeance à l’État diasporique du Salut par les fièvres.
Rien à faire, elle ne pouvait pas. Fêter le retour à l’insignifiance sur les terrasses avec les autres braillards devant une mixture orange dont le prix avoisinait le taux horaire du smic. Bavasser prospères sur les nuisances du capitalisme, dont ils sont les produits les plus hypocrites et décérébrés.
Hier soir, à La grande librairie, on nous proposait une grosse tartine de poésie. Outre l’animateur et son habituel enthousiasme carnassier à bagouses, il y avait là quatre personnes tout à fait respectables, dont Jean-Pierre Siméon, qu’on nous a présenté comme la nouvelle idole des jeunes, le poète officiel des acnéiques.
Si d’aventure, dans l’arrière salle d’un terrifiant colloque, un commando de doctorant.es à cagoules m’intimait d’exprimer un penchant parmi les penseurs canoniques de la seconde moitié du vingtième siècle, je crois bien que je prononcerais le nom de Jean Baudrillard.
Toute vie humaine suppose et affronte la discorde et la perte. Chaque femme, chaque homme, au cours de son existence, rencontrera, sous une forme ou sous une autre, ces deux piliers de la condition humaine. Caractère tragique, universel, de toute vie humaine. Caractère unique, aussi. Bien que personne n’y échappe, nulle discorde, nulle perte n’est interchangeable.
Si l’humanisme d’Albert Camus pouvait parfois paraître solennel (je le serai moi-même ici) et officiant, il n’avait pourtant rien d’une posture pour cérémonies. Aussi éloigné du cynisme que de la candeur, fondé sur un « goût violent de la justice », empreint d’une noblesse combative, l’humanisme de Camus refusait à la fois le confort des radicalismes mondains, les catéchismes révolutionnaires et le secours des horizons surnaturels.
Ma dernière sortie culturelle remonte à au moins cinq ans. Le marché aux bestiaux de Corbigny m’a bien intéressé. Même si je n’y connais rien en transaction de bovins.
Le mot « élites », prisé par les professionnels de l’information, désigne une catégorie de personnes dotée d’une surface sociale et/ou d’une assise financière lui assurant des positions de pouvoir et un capital d’influence inaccessibles à tout individu dont les mérites et les talents n’ont pas été validés par les instances de cooptation propres à cette catégorie (d’où l’impression de circuit fermé).
J’ai trouvé dans Les Irremplaçables (Gallimard, 2015) de Cynthia Fleury une définition de la « raison instrumentale ». J’aime bien les définitions. Celle-ci ravive ma perception d’un phénomène que, jusqu’alors, je m’étais contenté d’appréhender avec désinvolture, comme si ne pas condescendre à le définir suffisait à marquer mon antagonisme. Ce n’est pas très socratique.