En 2017, paraissaient les Lettres à Dominique Rolin. 1958-1980 de Philippe Sollers qu’éditait Frans De Haes dans la collection blanche de Gallimard. Tout récemment, la même maison nous procure les Lettres à Philippe Sollers 1958-1980 de Dominique Rolin, ouvrage confié aux bons soins de Jean-Luc Outers. Un parfait diptyque pour illustrer une grande passion amoureuse mais sans que les deux « paroles » ou les deux « écritures » se rejoignent jamais vraiment comme en reflet de ce qui fut une liaison toute clandestine et toute elliptique pendant longtemps — jusqu’à ce que Bernard Pivot révèle dans une émission télévisée que le Jim dont parle Rolin en ses livres était bien Sollers.

Dévotion est un livre à propos de l’écriture, de ce qui est impliqué par l’écriture. Mais il ne s’agit pas d’un essai général sur cette question. Patti Smith aborde celle-ci de la manière la plus subjective. Et au lieu d’un exposé portant sur ce qui, dans son cas, serait inclus dans le fait d’écrire, elle met en pratique ce qu’implique pour elle l’écriture et qui, ici, n’est pas dit mais effectué.

Duncan, Malcolm, Banquo, Fleance, Duff, Hécate… Macbeth. La distribution entière de la pièce de William Shakespeare est présente au nom près dans le polar dystopique de Jo Nesbø qui fait du Général régicide de la pièce un inspecteur principal drogué et sous influence de sa célèbre Lady. Soit un travail de réécriture assumé, et un véritable tour de force qui perpétue l’œuvre du dramaturge de Stafford on Avon auprès des nouvelles générations nourries de sequels, prequels, et autres cross-overs télévisuels. 

Elle a écrit Corniche Kennedy, Naissance d’un pont, Réparer les vivants, elle a consacré un court récit aux naufragés de Lampedusa (À ce stade de la nuit), a emboîté les pas d’un apprenti cuisinier dans Un chemin de tables, vient d’imaginer le parcours d’une jeune peintre en décor dans le très beau Un monde à portée de main, paru chez Verticales. Elle continue de sculpter ses phrases, virgules du marathon, onomatopées de l’action, mots techniques, désir de langue, souffle. Paula Karst, sa nouvelle héroïne, va de chantier en chantier, jusqu’à celui de Lascaux. Rencontre grandeur nature, quelque part à Paris, avec une écrivaine pour qui l’émerveillement et le désir d’initiation continuent de tenir lieu de méthode, une écrivaine qui cherche toujours à éclaircir ce qu’elle fait, sans se fatiguer des questions qu’on lui pose et sans cesser de tâtonner, Maylis de Kerangal.

Je suis quelqu’un d’Aminata Aïdara offre ce que l’on attend souvent d’une œuvre : prendre un détour ludique et métaphorique pour déployer des motifs comme l’histoire familiale, le métissage, le racisme qui interpellent nos sociétés. Par la fiction, elle nous plonge conjointement dans le plaisir et la réflexion essaimant du savoir sans leçon, sur des sujets familiers.

Jamais dans l’apparition des choses, nous ne percevons d’abord et proprement, comme le postule ce concept, une pure affluence de sensations, par exemple de son et de bruits. C’est le vent que nous entendons gronder dans la cheminée, c’est l’avion-trimoteur qui fait ce bruit là-haut, et c’est la Mercedes que nous distinguons immédiatement d’une Adler.