Hors Limites est un festival unique en France : né en Seine Saint-Denis, porté par les bibliothèques du département, il met en avant une littérature ambitieuse. Il est entièrement gratuit et se déroule sur tout le 93, dans ses librairies, bibliothèques et médiathèques, cinémas mais aussi universités, avec plus de cent invités et cent événements, sur quinze jours.

Barbara Kingsolver est de ces écrivains qui rêvent d’Un autre monde, ou du moins d’un monde moins imparfait, et qui fait de la fiction l’arme d’un engagement. Scientifique de formation, elle explore dans son dernier roman Dans la lumièreFlight Behavior — les conséquences du changement climatique, à travers la migration soudaine, sublime et anormale de papillons monarques dans une petite ville américaine.

Balzac l’écrivait dans Illusions perdues : « il y a deux Histoires ; l’Histoire officielle, menteuse qu’on enseigne, l’Histoire ad usum delphini ; puis l’Histoire secrète où sont les véritables causes des événements, une Histoire honteuse ».
C’est évidemment la seconde qui intéresse Clara et Julia Kuperberg dans un documentaire passionnant diffusé ce dimanche 12 mars à 23 h 05 sur Arte : Ronald Reagan, un président sur mesure, inspiré du livre du journaliste Dan E. Moldea, Dark History: Ronald Reagan, MCA and the Mob, qui, dès 1986, révélait le rapport étroit entre la mafia et l’ancien acteur devenu le 40° président des États-Unis.

« Voilà le cinéma pur ! » s’était exclamé André Bazin devant le film de Nicole Vedrès, Paris 1900 (1947), qui rassemble sept cents fragments de films, bouts d’actualité et miettes de fiction. Ce film, taillé dans la matière de l’archive, bouleversa Chris Marker et fut décisif dans l’élaboration de son œuvre. Il faudrait dire ici « Voilà l’histoire pure ! », à la lecture de cette réédition du volume de Philippe Artières et Dominique Kalifa, Vidal, le tueur de femmes.

Le jeune duo qui constitue le groupe Colorado est, de manière évidente, doué. Mais pas seulement. Si le groupe marie de manière originale le sens de la composition et un goût pour l’expérimentation, il se singularise aussi par l’écriture de morceaux qui synthétisent différents styles musicaux incluant des éléments très dansants, des rythmes venus du Krautrock, de la pop synthétique des années 80 et 90, ou encore de la techno, avec une attention particulière portée aux sons, aux sonorités et aux ambiances produites. L’ensemble crée un résultat qui se démarque, une pop hybride, entrainante, volontiers rêveuse et en même temps complexe. Rencontre et entretien avec Martin et Charles, les deux têtes créatrices de Colorado.

Dans un très bel ouvrage que Suzanne Horer et Jeanne Socquet consacraient en 1973 à la place de la femme dans l’art, parmi les quelques beaux témoignages de femmes artistes publiés, la parole était donnée à Marguerite Duras qui mettait précisément l’accent sur la nécessité, de la part de la femme écrivain et cinéaste qu’elle représentait, de s’exposer avec force et conviction sur la scène médiatique pour faire face à un dehors masculin hostile et toujours prêt à suffoquer la parole féminine. Le titre du livre, La Création étouffée, annonçait déjà le projet des deux auteurs : aller interroger le pouvoir créateur qui est plus volontiers accordé aux hommes comme si la création était un ensemble monolitique réservée à une seule portion du monde.