Tout tourne au mieux pour l’excellent Marcel. C’est que, renonçant à d’autres plaisirs, son Albertine vient habiter chez lui, c’est-à-dire chez ses parents absents de Paris : « chaque soir, fort tard, avant de me quitter, elle glissait dans ma bouche sa langue, comme un pain quotidien, comme un aliment nourrissant et ayant le caractère presque sacré de toute chair à qui les souffrances que nous avons endurées à cause d’elle ont fini par conférer une sorte de douceur morale. »

Du 31 mai au 2 juin aura lieu, à Lagrasse, le Banquet du livre de printemps qui, cette année, s’intéresse à la forme des idées. Il s’agira, avec Mathieu Asselin, Véronique Aubouy, Ulysse Bahous, Clément Bodet, Armelle Faure, Adrien Genoudet, Franck Jazédé mais aussi Gaëlle Obiégly et Jean-Louis Tripp de mettre en lumière des initiatives originales qui permettent à des créateurs de renouveler les genres, de toucher de nouveaux publics, dans tous les domaines artistiques.

Diacritik a fêté hier ses trois années d’existence. Parmi les signatures dont notre journal s’honore, celle de Jacques Dubois, sociologue et critique littéraire, spécialiste de Simenon, des romanciers du réel, de Proust et tant d’autres.
Comment mieux fêter ce troisième anniversaire qu’à travers un entretien avec lui, compagnon de la première heure de ce journal, défenseur d’une critique amoureuse et engagée ? L’une des phrases que Jacques Dubois prononce au cours de notre conversation pourrait d’ailleurs être le sous-titre de Diacritik : « Pour réconcilier le monde avec lui-même, il faut beaucoup s’en moquer ».

On s’était habitué, avec Maylis de Kerangal, aux tambours et aux trompettes, aux incipits de parade, à ces œuvres aux frontispices vibrants, de l’odyssée de Georges Diderot, héros de Naissance d’un pont, à la vague mythique venue du fond des âges lançant le compte à rebours poignant de Réparer les vivants.