Julia Deck (DR)

Après les remarquables Viviane Élisabeth Fauville et Le Triangle d’hiver, Julia Deck revient en cette rentrée avec sans doute aucun son meilleur roman à ce jour : le trépidant et brillant Sigma. Véritable alpha et oméga de l’art du roman, Sigma présente l’histoire aussi rigoureuse qu’échevelée, sérieuse qu’ironique et neuve que puissante d’Alexis Zante, banquier suisse et collectionneur d’art, pris au cœur d’une affaire d’espionnage, pisté par une galerie impressionnante d’espions travaillant pour une mystérieuse Organisation répondant à un nom qui n’est qu’une lettre : Sigma.
Diacritik a rencontré Julia Deck le temps d’un grand entretien afin d’évoquer avec la romancière ce nouveau livre qui constitue l’un des plus importants de cette année.

Là où l’histoire se termine, le quatrième roman d’Alessandro Piperno, est une interrogation aiguë de la filiation et des soubresauts de l’histoire contemporaine, quand tout se fragmente et implose. Mêlant récit intimiste et peinture sociale pour composer une comédie drôle, féroce et parfois mélancolique, le romancier italien sonde l’histoire récente (le terrorisme européen) et révèle les dessous de la haute société romaine, une « bonne société qui n’avait plus de nom à présent, ni de prestige, ni de distinction, rien, que des stocks options, des notifications d’ouverture d’enquêtes judiciaires, quelques mauvais pressentiments de caste » . Quelque chose se termine, en effet.
En mars dernier, Alessandro Piperno a accordé un long entretien à Simona Crippa et Christine Marcandier, pour Diacritik.

Juliette Mezenc, Jean-Philippe Cazier, Frank Smith © Basile Gantelet

Dans le cadre du Marché de la poésie 2017, une rencontre réunissant Juliette Mézenc, Frank Smith et Jean-Philippe Cazier, et intitulée « L’émotion ne dit pas Je », était organisée le 13 juin à la bibliothèque Marguerite Audoux. L’entretien qui suit est la transcription des échanges qui ont eu lieu au cours de cette rencontre.

Marguerite Yourcenar

Les lettres de Marguerite Yourcenar représentent souvent une espèce de journal intime, un espace caché et secret de confessions où elle justifie cette affirmation de Victor Hugo qui disait : « C’est toujours dans les lettres d’un homme qu’il faut chercher, plus que dans tous les autres ouvrages, l’empreinte de son cœur et la trace de sa vie ». A ce moment-là on ne sait plus si on lit une lettre ou un journal intime. Au-delà de ses destinataires lointains, Yourcenar nous fait entrer dans son cercle le plus proche.

Camille de Toledo © Ida Jakobs

« Ce que j’espère, du lecteur, c’est de l’interprétation ».
Camille de Toledo

Le livre de la faim et de la soif est un roman difficile à présenter parce que ses qualités ont la même teneur que le cœur fuyant de l’existence qu’elles nous font toucher du doigt : elles sont aisées à ressentir mais périlleuses à saisir avec les mots de la langue.
Camille de Toledo a construit un dispositif de narration complexe, un labyrinthe miroitant dont les facettes nombreuses se reflètent les unes les autres dans une incandescence narrative qui nous immerge au cœur du tumulte de notre monde en pleine mutation. Du début du livre jusqu’à la fin, le lecteur se trouve précipité dans la quête aventureuse d’un personnage abyssal, un livre à vrai dire, avec ses pages et sa reliure, un livre donc, obsédé par le désir de sortir de lui-même pour entrer dans la vie.

Emanuele Coccia

Après ses remarquables essais, La Vie sensible et Le Bien dans les choses, Emanuele Coccia revient cette année avec La Vie des plantes, puissante et novatrice réflexion métaphysique sur les plantes et les végétaux. Trop souvent négligées même par la biologie, les plantes doivent être considérées comme des objets privilégiés de la pensée, capables d’ouvrir à une philosophie du monde conçu comme mélange, en rénovant profondément les approches écologiques, ontologiques et politiques.
Diacritik a rencontré Emanuele Coccia le temps d’un grand entretien pour évoquer avec lui ce nouvel essai qui s’offre comme l’un des plus importants parus ces dernières années.

Pierre Bergounioux © Renaud Monfourny

Nous existons deux fois, par le corps et par la pensée : « Le monde existe deux fois, dans les choses et dans nos esprits, qui en sont la modalité subjective ». Cette phrase de Pierre Bergounioux est tirée des entretiens (2007-2012) rassemblés en un volume chez Fayard, Exister par deux fois. Des réflexions sur la littérature, le monde, la société, l’histoire qui éclairent non seulement l’œuvre, singulière, fondamentale, de Pierre Bergounioux mais aussi notre époque, que l’on soit familier ou non de ses livres.

Colette Fellous © C. Hélie/Gallimard

Comment (re)construire depuis des Pièces détachées, quand tout n’est plus que chaos et fragments ? Telle pourrait être la question centrale posée par Colette Fellous dans son dernier roman. Écrire le monde qui vous entoure depuis un profond sentiment de deuil, la mort d’un ami qui ouvre une béance et fait écho à toutes ces vagues, celles de la Méditerranée, celles des attentats, puisque ce terme woolfien est désormais tout autant associé à l’infini de la mer qu’à celui de la destruction. C’est du passé que surgit peut-être la survie, d’un adieu multiple comme du don d’un livre si longtemps promis.