La scène est étrange qu’observe depuis un talus le jeune Marcel. On y voit Mlle Vinteuil accueillant une tendre amie. C’est alors qu’elle vient de déposer sur un meuble un portrait de son père, le musicien récemment décédé. On y voit encore les deux jeunes femmes se livrant à une gestuelle érotique qui, tour à tour, les assied ou les couche l’une sur l’autre.
Proust
Diacritik a fêté hier ses trois années d’existence. Parmi les signatures dont notre journal s’honore, celle de Jacques Dubois, sociologue et critique littéraire, spécialiste de Simenon, des romanciers du réel, de Proust et tant d’autres.
Comment mieux fêter ce troisième anniversaire qu’à travers un entretien avec lui, compagnon de la première heure de ce journal, défenseur d’une critique amoureuse et engagée ? L’une des phrases que Jacques Dubois prononce au cours de notre conversation pourrait d’ailleurs être le sous-titre de Diacritik : « Pour réconcilier le monde avec lui-même, il faut beaucoup s’en moquer ».
Gérard Genette, c’était peut-être, d’un mot qu’il n’a jamais prononcé, bien plutôt l’écriture d’une aventure que l’aventure d’une écriture.
Mallarmé définit la parole brute par son utilité : le langage sert, « il est d’usage, usuel, utile ; par lui, nous sommes renvoyés à la vie du monde, là où parlent les buts » (Blanchot).