Numéro d’écrou 362573 juxtapose une fiction d’Arno Bertina et des photographies d’Anissa Michalon. Le texte et les photos tournent autour d’un des personnages, Idriss, qui n’est pas qu’un personnage de fiction mais renvoie à une personne réelle. Idriss est originaire du Mali, immigré clandestin en France. Il est, comme on dit, un « sans-papiers ».

Frappa, fondée en 2014, est une revue en ligne de poésie et littérature contemporaine, de poésie sonore et de performance. On peut y découvrir des textes, des images, des vidéos qui sont autant de propositions concernant ce qu’est ou pourrait être la poésie aujourd’hui, à la croisée de diverses technologies, de diverses formes et styles, incluant le social, l’ironie, le spectacle néolibéral de nos vies, les ritournelles de nos âmes blessées et joyeuses. La revue Frappa revendique, sans manifeste idéologique, la plus grande subjectivité de sa démarche, comme l’exprime A.C. Hello, initiatrice de Frappa, dans l’entretien qu’elle a accordé à Diacritik.

Denis Roche parle des fenêtres. Est-ce que cela signifie que ses mots sont des fenêtres ? Il écrit : Échapper à l’enchaînement obligatoire. Il écrit aussi : L’instant de folie qu’abrite le déclenchement de la photo. Écrit-il que la folie de la photo est cette échappée hors de la rationalité obligatoire ? Que la photo elle-même est cette échappée, la folie au centre du regard ? Au centre du monde ? Au centre du monde après le monde, là où il n’y a pas de centre ? Denis Roche dit qu’il vit dans un monde de fenêtres. Qu’il s’est construit un monde de fenêtres et de verrières. Les miroirs aussi sont des fenêtres. Comme les photos. Et les mots.

La collection de photographies du Centre Pompidou compte plus de 70000 œuvres. Thomas Clerc en a choisi une soixantaine, des portraits ou photos de groupes, d’artistes (peintres, cinéastes, écrivains, chanteurs), des icônes, des images célèbres (Antonin Artaud par Man Ray, Jackson Pollock par Hans Namuth), d’autres inconnues ou moins connues que l’écrivain nous invite à regarder, au sens plein du terme : pas seulement survoler ou voir, plonger son regard, interroger une représentation. Que nous apprennent ces photographies d’artistes qui eux-mêmes représentent et sont là représentés ? Que comprenons-nous ainsi de leur œuvre ? Voyons-nous autre chose ? et si oui, quoi ?

Entrer dans les coulisses d’un musée — le Muséum-Aquarium de Nancy — et en dresser une forme d’Inventaire photographique : tel est le projet d’Arno Paul dans un livre que viennent de publier les éditions Light Motiv. Le photographe explique combien ce lieu est pour lui chargé de souvenirs d’enfance, les poissons des aquariums, les animaux naturalisés, les bocaux gravés dans son imaginaire et sa rétine. C’est cette fascination qu’il retrouve dans ce livre, augmentée d’un accès à l’envers du décor, les collections à accès protégé, les entrepôts.