Les fins d’année ne seraient pas ce qu’elles sont dans l’esprit de chacun sans leur lot d’inévitables palmarès de ce qui a pu marquer musicalement les 12 derniers mois, s’agissant notamment de la pop music. Pourtant, d’emblée, avant même d’offrir un quelconque top 10, une question urgente se pose qui, depuis quelques années, se fait entendre de manière lancinante dans toute son inquiétante singularité : la pop music existe-t-elle encore ? Existe-t-il encore une star globale ? Existe-t-il même encore une identité sonore des années 20 ? Rien n’est moins sûr.

En 1992, The Cure accède à la plus grande popularité mondiale avec son neuvième album Wish qui atteint la première place des charts anglais et la deuxième aux USA, porté par le single Friday i’m in love que vous fredonnez peut-être déjà au moment d’en lire le titre. Une nouvelle écoute du disque qui ressort dans une version remasterisée par Robert Smith et « augmentée » (mot à la mode mais qu’il ne faudrait pas abandonner au monde de la réalité digitale) de 24 titres et démos inédits nous ouvre à un authentique joyau subtilement poli par les 30 ans qui nous séparent de sa création.