NonSense Poems

Edward Lear fut longtemps connu comme illustrateur talentueux puis ornithologue, et devint, un peu par hasard, écrivain et poète. Il pourrait figurer dans le Guinness Book of Records avec sa seule vie. En effet Lear naquit le 12 mai 1812, à Holloway, au nord de ce qui est désormais le grand Londres, 20ème enfant d’une fratrie de 21, il fut en vérité élevé par une de ses sœurs aînées. Jeremiah, le père, agent de change de son état pour l’entreprise familiale de raffinerie de sucre, ne laissa guère le temps à Anne, son épouse, de reprendre son souffle, puisque les 21 enfants furent conçus en 24 ans, presque du Dickens.

La première couverture aux éditions Viking, 1939

Parmi les phrases que l’on attribue à Winston Churchill, il en est une que l’Amérique profonde qui a élu le sinistre clown nommé Donald Trump ferait bien de méditer : « A nation that forgets its past has no future », qui a été transposée en « Un peuple qui oublie son passé est appelé à le revivre ». En effet le message poignant, clair et fort que John Steinbeck, prix Nobel de littérature en 1962, a délivré à travers son célèbre roman, publié en 1939, The Grapes of Wrath (Les raisins de la colère) qui lui valut le prix Pulitzer, est celui de l’analyse froide sans concession de ce qui s’était passé dix ans plus tôt, la crise de 1929, également appelée The Great Depression.

Oubliez ce que vous croyez savoir du Japon, oubliez les stéréotypes faits de mangas ultra-violents, de rythme de vie effréné, de travailleurs qui se pressent, que l’on pousse dans le Shikansen ou de yakuzas caricaturaux et plongez dans Six-quatre de Hidéo Yokoyama, roman policier captif et captivant paru aux éditions Liana Levi.
Un thriller obsédant qui déploie une intrigue à la poétique d’haïku et met la psychologie des personnages et le poids de la société japonaise tout entière au centre d’une affaire non résolue depuis quatorze ans. 

Récemment détrôné de la tête du classement des ventes par Ken Follett et sa Colonne de feu, le tome 5 de Millénium (Actes Sud) paru le 7 septembre dernier poursuit néanmoins sa route toute tracée de futur succès de librairie. Deux ans après Ce qui ne me tue pas , David Lagercrantz revient avec La fille qui rend coup pour coup, sa deuxième réalisation après avoir repris l’univers et les héros de feu Stieg Larsson. Revue du Millenium nouveau, un cru au goût suranné et au bouquet (final) légèrement décevant.