Le livre s’ouvre sur une citation de Virginia Woolf extraite de Mrs Dalloway. Il y est question du feu et du monde, du monde qui bascule, du feu qui le détruira.
Littérature
« Qui peut encore, aujourd’hui, rencontrer des gens capables de raconter quelque chose avec rectitude ? » La question inquiète de Walter Benjamin, à une époque où « l’expérience a subi une chute de valeur », se pose encore lorsqu’il s’agit de définir la nature de celle proprement poétique, en particulier à l’heure où l’économie tout entière, sinon celle du livre, semble tenter d’en dévaluer la portée.
Comme pour Donato, son précédent livre, Éléonore de Duve choisit pour celui-ci un prénom, Sophia.
Le livre signé Frank Smith est pourtant composé d’énoncés prélevés dans l’œuvre de Gilles Deleuze. Ce livre est-il de Frank Smith ? De Deleuze ? Des deux à la fois puisque, si les énoncés sont de celui-ci, leur prélèvement, leur répétition, leur cadrage est le fait du premier ?
Je me souviens de ce vaste marché qui occupait plusieurs pâtés de maisons (…).
C’est là que pour la première fois j’ai mangé des tamales.
Avec L’avenue de verre, Clara Breteau offre un premier roman sous forme d’une enquête et d’une méditation sur la mémoire, sur les récits coloniaux et postcoloniaux. Tenter de restituer par la fiction les traces de ce qui reste de ces vies, de ces corps, de ces histoires quand l’oubli et l’effacement s’abattent sur ces héritages et traumas rendus presque imperceptibles, voilà ce que l’autrice parvient à créer dans ce roman poétique et puissant. Entretien avec l’autrice.
En guise de premier recueil paru en français de la poétesse américaine Adrienne Rich, on n’aurait pu imaginer meilleur titre que celui de ce livre, Le Rêve d’un langage commun, ouvrage bilingue de plus de 170 pages, traduit par Shira Abramovich et Lénaïg Cariou.
Du 4 au 6 avril, la libraire Petite Égypte, en collaboration avec le collectif d’éditeurs et éditrices Les Désirables, organise la nouvelle édition du festival Byzance! dont le thème récurrent est l’économie sous toutes ses formes.
Avec Sauvons l’ennemie, Sandra Moussempès poursuit l’exploration d’une poésie hantée par les figures renversées d’une mythologie intime où le « moi » de la poétesse est disséminé au gré des images mentales et des décors de fictions.
« Qu’est-ce qu’aimer pour un écrivain ? Une histoire peut-elle être vécue sans devenir récit ? » : je posais la question la semaine dernière à propos de Philippe Vilain. Cette même question est à la source du dernier livre de Camille Laurens, Ta Promesse. Cette promesse est celle que Claire, autrice, avait faite à son compagnon, Gilles, de ne pas écrire sur lui. C’était le temps de l’amour plein, sans partage, celui où l’on renonce à tout, même à ce qui fait sa vie : écrire.
En août 2024, traumatisée par la disparition de mon chat, je me suis interrogée sur ma relation aux animaux : l’idée que la mort d’un mammifère familier puisse susciter autant de désastre que celle d’un humain (émotionnel, sensible, sentimental), que peut-être s’agitent dans mon cerveau les mêmes neurones de désolation, m’interroge.
Patrick Chamoiseau ne demande pas ce qu’est la littérature mais ce qu’elle peut – ce qu’elle peut aujourd’hui, la puissance dont elle est capable. Et il demande : quelle est la puissance dont l’existence, la nature, impliquent la littérature ?
Ça commence par une rencontre, à l’automne 2022. Je suis invité au festival Littératures, etc. à Lille pour présenter mon dernier roman. Aurélie Olivier me présente Lucien Fradin : c’est lui qui va lire des extraits de mon texte avant une rencontre croisée pour parler de nos travaux respectifs. Il est comédien ; j’apprends qu’il a sorti un livre, aussi. Portraits détaillés.
L’an dernier, les grands commémorateurs de tout poil et de toute brosse se sont enquis de célébrer la naissance du surréalisme. Pour en déterminer la date, instant lustral où l’étincelle doit allumer l’incendie, on a retenu celle de la parution du premier Manifeste, soit 1924.
Dans la librairie l’autre jour, sans crier gare, cet étrange sentiment de fraternité. Je feuillette le dernier ouvrage de Philippe Forest, écrivain que je lis de façon décousue, infidèle, de loin en loin.