Bouchra Khalili est sans doute une des artistes actuelles les plus pertinentes, son travail incluant en lui-même un ensemble de gestes politiques à la fois critiques et créateurs.
Jean-Philippe Cazier
Le livre de Virginie Poitrasson pourrait être lu comme une sorte de phénoménologie bizarre. Sous le corps propre, sous le corps phénoménal, il s’agirait de faire advenir un autre corps délirant qui ne serait pas celui de la folie psychiatrisée mais celui par lequel le corps se désagrège, se multiplie, bifurque constamment, devient le monde autant que le monde devient le corps. Ce corps est celui de la sensation, du souvenir, comme il est celui du rêve, ou celui de l’écriture, le corps tel qu’il advient par l’écriture.
Une série de photographies d’Ana Mendieta la montre nue, recouverte de sang. L’intérieur du corps passe à l’extérieur, le fluide recouvre la peau qui n’est plus frontière ou obstacle mais surface sur laquelle l’intérieur apparaît à l’extérieur.
Le point de départ serait un constat : l’hétérocentrisme de la psychanalyse. Ou, puisque celui-ci perdure à travers l’histoire et les transformations : l’hétérocentrisme des psychanalyses.
On reconnaît dans Le parti-pris des animaux, de Jean-Christophe Bailly, une référence appuyée à Francis Ponge. Celui-ci, dans Le parti-pris des choses, oriente l’attention sur le monde muet des choses qui, par son silence, laisse le champ libre aux discours qui habituellement le recouvrent.
Il s’agit de mouvements : crever, percer, déplacer, déplacements. Les mouvements sont subis ou agis, collectifs ou singuliers – le singulier et le collectif, ici, ne se distinguant pas vraiment. Il s’agit d’action et de passion, d’affects et de politique, et de soi comme des autres. Il s’agit d’un mouvement général : effacer les frontières, les percer, les déplacer, les déborder.
L’essai d’Isabelle Stengers, Au temps des catastrophes, initialement paru en 2008, concerne les bouleversements destructeurs présents mais aussi ceux, plus ou moins évidents, qui s’avancent vers nous : catastrophes économiques, écologiques, politiques.
Extrait de l’album You Will Not Die, de Nakhane, « Clairvoyant » est placé sous le signe du rêve et de l’image.
Extrait de l’album Joy as an Act of Resistance, du groupe de punk-rock anglais IDLES, « Samaritans » attaque la masculinité par définition toxique, violente, aliénante.
L’écriture théâtrale de Marguerite Duras trace les lignes d’une écriture de l’écriture, de la voix, du corps. Ce sont ces lignes que Christophe Pellet parcourt dans Le théâtre de Marguerite Duras, montrant en quoi l’écriture théâtrale de Duras présuppose une prise en compte des conditions matérielles de l’espace théâtral ainsi qu’une approche radicale des conséquences de celles-ci concernant le corps, la voix, l’écriture, le jeu.
Extrait d’Otodi, le nouvel album du groupe Vaudou Game, « Tata fatiguée » énonce des paroles directement politiques sur un rythme impeccablement funk.
Le nom pourrait exprimer une espérance politique. Il peut aussi renvoyer à quelque chose de plus intime et sensible, des blessures encore vives. Actes Et Fractures est un jeune groupe dont le premier album, Nuits Blanches, présente un concentré de talents et de promesses – disque à la fois, donc, politique, intime et sensible.
Patti Smith recently published Devotion, an « inspired and inspiring » meditation on the mystery of the creative act. Devotion is part of the « Why I Write » series, based on the Windham-Campbell lectures delivered annually at Yale University.
Jean-Philippe Cazier and Christine Marcandier interviewed Patti Smith last week in Paris. Listen to their conversation below.
Patti Smith publie Dévotion (Gallimard), un art poétique dans lequel une patineuse est la métaphore de l’artiste : l’occasion pour Christine Marcandier et Jean-Philippe Cazier de la rencontrer à Paris, le 22 octobre dernier, et de l’interroger sur l’écriture, les morts et fantômes qui hantent son œuvre mais surtout de l’écouter évoquer William Burroughs, Cocteau, Modiano ou Le jeu des perles de verre. Entretien.