Quel enfant lance le mode « Carrière » de Fifa (16, 17, 18, 19…) sur sa console chérie, et choisit d’incarner, pour les 200 prochaines heures de sa vie ludique… un gardien de but ?
Quel auteur se lance dans un roman d’inspiration footballistique ou dans la biofiction d’un footballeur, et ne préfère pas narrer le destin d’un Garrincha ou d’un George Best — on aura reconnu Éloge de l’esquive d’Olivier Guez (Grasset, 2014) et Le Cinquième Beatles de Vincent Duluc (Stock, 2014) — plutôt que celui d’un gardien de but ?

Le foot officiel et institutionnel n’est pas le diable. Qu’on le veuille ou non, c’est indéniable : il donne du plaisir. Il donne beaucoup de plaisir à beaucoup de gens. Et du plaisir, nous n’en avons pas tant… Il y aurait certainement quelque chose d’indécent à le condamner froidement et inconditionnellement. Faire d’un sport populaire son ennemi viscéral, projeter sur lui toute la hideur du monde, ce serait aussi bête que méchant. Et puis, cette équipe de France bigarrée et enjouée, elle est plutôt belle, c’est vrai.

Je ne prends pas l’avion si souvent. Et quand je dois, par peur de rater l’enregistrement de mon unique bagage vaguement poussiéreux, et d’errer par suite hagard en ressassant la notion de non-lieu de Marc Augé, si éculée que je m’en veux justement d’y penser encore, je me « présente » toujours très en avance. 6 heures à peu près. 7 si j’ai une correspondance parce qu’il faut bien vérifier les étiquettes avec mon adresse dessus.