Philip Roth dans son appartement de l’Upper West Side à Manahattan, janvier 2018, crédit Philip Montgomery, NYT

En 2012, Philip Roth a annoncé qu’il n’écrivait plus depuis deux ans et qu’il n’écrirait plus. Il tient parole, hélas ! Et on peut regretter que le jury du Nobel persiste à l’oublier, après lui avoir préféré, choix regrettable, un chanteur, malgré son talent évident et indéniable. Donc Philip Roth n’écrit plus, pour le plus grand désarroi de toutes celles et tous ceux qui le considèrent comme un monument de la littérature américaine.

Cette année, la 11e édition de « Littérature, enjeux contemporains » organisée par La Maison des écrivains a choisi, du 24 au 27 janvier, de s’interroger sur la question des droits de cité. À l’heure où l’Europe ne cesse de rejouer son destin démocratique, de rejeter les migrants et où les villes ne cessent de muter jusqu’à entrer dans des zones d’inconnaissable, on ne sait plus ce qu’est la ville et ce qu’est la cité. Peut-être ainsi la littérature contemporaine peut-elle aider à repenser depuis elle-même à comprendre, penser et repenser ces droits de cité dont la question ne cesse de se reposer ardemment. Partenaire cette année de cet événement qui convie plus d’une quarantaine de romanciers, dramaturges, poètes et essayistes à débattre, Diacritik est allé interroger en amont de ces rencontres Claude Eveno, président de La Maison des écrivains et Sylvie Gouttebaron sa directrice, le temps d’un grand entretien sur les liens de la littérature à cette cité qui se retisse. Ou comment nos vieilles cités sont chahutées par le présent.

Marc-Antoine Serra © Jean-Philippe Cazier

A l’occasion de son exposition à Paris, A backroom is a backroom is a backroom, à la Galerie Arnaud Deschin, rencontre avec le photographe et vidéaste Marc-Antoine Serra pour un entretien où il est question, entre autres, d’images et de littérature, de désir, de Walter Benjamin et de Roland Barthes, de Marseille, de Cézanne, de BD, d’imaginaire, d’Instagram, de jeunesse ou de solitude.

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En hommage à l’immense Michel Butor qui vient de mourir, Diacritik republie cet entretien de 1993, paru dans nos colonnes le 29 février dernier

« Génie du lieu », « inventeur d’Amérique » et « découvreur d’écriture : de La Modification à Transit, en passant par Mobile et Matière de rêves, Michel Butor auquel Frédéric-Yves Jeannet adressait la semaine dernière sa lettre anthume, n’a cessé, au gré de ses voyages au Japon, aux États-Unis, en Australie, de faire bouger l’écriture, de la mener, elle aussi, aux antipodes. Cet entretien a eu lieu à Lucinges, dans sa maison si justement nommé « à l’écart », en août 1993, pour la revue Eden’Art. Rencontre avec un explorateur du continent Écriture, Michel Butor, si imposant dans un étonnant bleu de travail aux multiples poches, dans lesquelles il a rangé stylos et crayons, ses outils de travail. Michel Butor, qui, en 1993, voyait déjà dans la série télé l’avenir du roman…

Kiripi Katembo, Rester, Galerie MAGNIN-A, Paris
Kiripi Katembo, Rester, Galerie MAGNIN-A, Paris

« Notre antenne d’Elizabethville nous a fait parvenir des notes recueillies par la police et dont personne dans ce maudit quartier ne veut assumer d’être l’auteur. Ces notes vont être lues par notre consœur Sidonie Lutumba, Beauté Nationale, alias Black is Beautiful, alias Julia Roberts, alias Da Vinci Code. La lecture sans doute la plus longue de tous les temps, vu qu’elle va durer toute la journée, vous permettra de voyager à travers l’abomination du Bronx. N’ayez crainte, votre chaîne nationale a pris des précautions pour que personne n’ait la conscience citoyenne barbouillée ».

Lors d’entretiens que j’ai réalisés sur «création et critique», un glissement s’est opéré dans les échanges de la critique (littéraire) vers le politique. Quels enjeux critiques et politiques traversent le travail d’écriture ? Un nouveau cycle d’entretiens s’ouvre sur cette question, cette fois dans Diacritik, avec différentes auteures.

Jacques Derrida
Jacques Derrida

A l’occasion de la parution de De la vérité dans les sciences, un entretien multiple avec Aurélien Barrau où il est question autant de philosophie ou d’art, que de physique, de poésie et d’art, de Jacques Derrida, de Feyerabend et Karl Popper, de sociologie et des sciences humaines, de politique, des univers multiples, ou encore de Nietzsche, d’anarchie, de créationnisme, et bien sûr de la question de la vérité.

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« Génie du lieu », « inventeur d’Amérique » et « découvreur d’écriture : de La Modification à Transit, en passant par Mobile et Matière de rêves, Michel Butor auquel Frédéric-Yves Jeannet adressait la semaine dernière sa lettre anthume, n’a cessé, au gré de ses voyages au Japon, aux États-Unis, en Australie, de faire bouger l’écriture, de la mener, elle aussi, aux antipodes. Cet entretien a eu lieu à Lucinges, dans sa maison si justement nommé « à l’écart », en août 1993, pour la revue Eden’Art. Rencontre avec un explorateur du continent Écriture, Michel Butor, si imposant dans un étonnant bleu de travail aux multiples poches, dans lesquelles il a rangé stylos et crayons, ses outils de travail. Michel Butor, qui, en 1993, voyait déjà dans la série télé l’avenir du roman…

Vertiges de la lenteur_couvLa revue La Femelle du Requin, créée à l’automne 1995 et toujours plus vivante, entretient un rapport exigeant avec la littérature contemporaine, entre lenteur et vertiges. Pour les vingt ans du Requin, « l’âge de tous les possibles », un livre, paru au Tripode, rassemble vingt entretiens dans un volume qui est moins un anniversaire ou une anthologie que le feuilleté, vivant et passionnant, d’un temps et un espace : la littérature.