Vincent Message
Vincent Message

« Un jour, entre les hommes et nous qui sommes stellaires, il y a eu rencontre » : il est difficile de parler en quelques phrases du magnifique second roman de Vincent Message, Défaite des maîtres et possesseurs sinon via cette phrase, présente deux fois dans le cours du livre, mettant l’accent sur sa dimension de fable.

Et fable, cette Défaite l’est, même si les animaux qui en partie la composent n’ont pas la place qui leur est traditionnellement réservée ; même si le livre tend aussi vers la dystopie ; même si son intrigue ne peut être résumée en quelques traits (c’est le cas de tous les grands romans), pour ne pas mettre à mal sa montée en puissance, ce crescendo vers la révélation d’une inconnue qui porte la lecture comme son sens. Disons simplement que dans un futur proche, dans un monde qui n’est plus tout à fait le nôtre, qui serait celui que nos erreurs et aveuglements ont construit, Iris, « sans papiers », attend de pouvoir être opérée, après un accident. Malo Claeyes tente tout pour régulariser sa situation, alors même que leur vie commune relève de l’interdit, de la clandestinité, que Malo a « transgressé la loi de séparation » entre deux « catégories d’êtres ».