Et si Le Tartuffe qui interroge les apparences, l’hypocrisie et la séduction cédait au jeu des apparences au point de se révéler lui-même une flagrante imposture mettant mal à l’aise le public ? Telle est la question insistante sinon extrêmement gênante que ne manque pas de soulever la très problématique mise en scène par Ivo Van Hove du Tartuffe de Molière donné à l’occasion de la célébration en grande pompe des 400 ans de la naissance du dramaturge à la Comédie Française.

« Est-ce ainsi que les hommes vivent
Et leurs baisers au loin les suivent »
Louis Aragon

En split-screen, deux villes en guise de générique. D’un côté, New York au temps des Twin Towers. De l’autre, le Tower Bridge de Londres qui enjambe la Tamise. Tours érectiles, tapis d’eau amniotique, transversalités masculines féminines, fourmilière urbaine encline aux rencontres illégitimes. Deux plans fixes pour ouvrir le film, stipuler son parti-pris narratif. Ici, l’adaptation française de Tromperie de Philip Roth (Deception), blanc, juif, hétérosexuel, romancier reconnu de Brooklyn, atterri à Londres pour rafraîchissement d’inspiration, et qui reçoit dans son bureau son amante anglaise sans prénom. L’écrivain américain et la maîtresse britannique sont interprétés par deux acteurs on ne peut plus français : Denis Podalydès et Léa Seydoux réunis par Arnaud Desplechin pour une aventure extra-conjugale pendant les eighties.

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, Arte diffuse Plaire, aimer et courir vite de Christophe Honoré, en ouverture d’une soirée spéciale, mercredi 1er décembre 2021, à 20h55. Vous retrouverez ici la critique du film par Johan Faerber, publiée lors de la sortie du film en salles.

Les deux derniers romans de Jean-Philippe Toussaint (Clé USB et Les Émotions) avaient pour héros-narrateur un haut fonctionnaire chargé de la prospective à la Commission européenne de Bruxelles. Or, voici que la très brève Disparition du paysage sorti hier en librairie ne fait pas suite aux deux récits précédents.