Parfois, un documentaire nous terrasse par son implacable constat du réel. Les mots qu’elles eurent un jour, de Raphaël Pillosio, raconte la longue conversation d’un groupe de prisonnières algériennes en 1962, condamnées à mort pour attentat terroriste et libérées par de Gaulle à la fin de la guerre.
Cinéma
Avant d’être un film d’animation, La plus précieuse des marchandises a été un conte, écrit par Jean-Claude Grumberg, paru en 2019 aux éditions du Seuil dans la collection La Librairie du XXIe siècle dirigée par Maurice Olender, disparu en octobre 2022. Diffusé ce mardi 27 mai sur Canal Plus, le dixième film de Michel Hazanavicius est une adaptation forte et lumineuse du texte puissant et nécessaire de Jean-Claude Grumberg. Pour porter le conte à l’écran, le réalisateur a choisi l’animation avec une prise de risque supplémentaire : il a dessiné tous les personnages et osé dévoiler au monde une part jusque-là inconnue de sa palette de talents, voire de lui-même.
Jeudi 22 mai – La fêlure
Jour 1000 – Mardi 20 mai
Nino, le premier long métrage de Pauline Loquès, présenté hier au Festival de Cannes dans le cadre de la Semaine de la Critique, est un acte de bravoure cinématographique opérant au plus près de l’époque.
Jour 5 – Samedi 17 mai
Jour 4 – Vendredi 16 mai 2025.
Les jours commencent sérieusement à se mélanger, le week end n’existe pas et le concept de repas est quelque chose d’aléatoire. Oui, c’est bien le 4e jour du festival de Cannes.
Jour 3 – Jeudi 15 mai 2025.
Je vous avoue que je voulais commencer avec une longue diatribe intelligente sur la temporalité en festival mais n’ayant dormi que 4 heures, dire des choses pertinentes est un peu compliqué, ça sera donc court.
Jour 2 – Mercredi 14 mai 2025.
Jour Un – Mardi 13 mai 2025.
Jour Zéro – Lundi 12 mai 2025.
Arrivée à Cannes dimanche soir. Commencement des hostilités aujourd’hui.
Plus de 10 ans après son magistral mais un peu oublié « Mr Turner », et après son « Peterloo » que les distributeurs français ont oublié de distribuer (il y avait surement quelques niaiseries d’Emmanuel Mouret avec Camilla Jordana à nous infliger d’urgence), Mike Leigh, que l’on peut considérer (que je considère) comme le plus grand cinéaste britannique en activité, revient avec un film à la fois bouleversant et d’une pudeur salvatrice. Salvatrice car on avait presque oublié le sens de la retenue du réalisateur de Secret et Mensonges qui nous rappelle que l’on n’est pas obligé de chercher à faire pleurer pour faire monter les larmes aux yeux du spectateur, ni de se vautrer dans le pathos comme le premier Guédiguian venu pour que l’on entre en empathie avec les personnages.
Il y a peu de documentaires qui suscitent autant de réactions dans une salle de cinéma. Surtout un vendredi pluvieux à 15 heures. Très vite, pleurs, soupirs, réaction épidermiques, cris scandalisés. Car comment qualifier ce que le spectateur voit pendant 1h40 dans Black Box Diaries, sélectionné aux Oscar 2025 ?
Tardes de soledad, film documentaire d’Albert Serra : vu le 23 janvier dernier, sans prendre de note. Au moment où j’écris ces lignes, sept semaines ont passé, au cours desquelles le film a travaillé intérieurement : s’est métamorphosé, et sans doute en partie dissout. En parler n’est pas sans risque – l’écueil principal étant d’en rester aux premières impressions, alors qu’il faudrait se mettre en quête de détails non aperçus afin de dépasser le stade du jugement premier (souvent dernier chez les trop pressés).
C’est l’un des (trop rares) bienfaits de la vidéo à la demande ou du replay un jour de disette télévisuelle : tomber par hasard sur un film anecdotique qui ne révolutionne en rien le cinéma d’action (et le cinéma tout court, loin de là) mais qui se révèle être un bon divertissement. Bloody Milkshake est de ceux-là : un pop-corn movie qui entend littéralement déconstruire le film de genre en plus d’atomiser le genre masculin qui en prend plein la testostérone.