Depuis trente-deux ans, Jean tient Bricomonge, une quincaillerie située à Paris dans le quartier latin, appréciée des employés et des clients pour l’atmosphère singulières qui y règne. À l’annonce de la fermeture définitive, son fils Samuel Bigiaoui décide de documenter les derniers mois avant la liquidation, mais surtout d’interroger Jean sur son passé d’activiste de gauche après 68 et dont il ne parle jamais.

À l’occasion de la sortie de Sophia Antipolis en DVD, Diacritik republie la critique de Joffrey Speno et son l’entretien avec Virgil Vernier. Ainsi se clôt un accompagnement critique du film et du partenariat construit autour du cycle « Société sécrète » avec le cinéma L’archipel. À noter : Mercuriales, le précédent et non moins sidérant long-métrage du cinéaste bénéficie à cette occasion d’une nouvelle édition.

Aussi intrigante que politique : telle est la disparition au cœur d’Un matin d’hiver de Philippe Vilain, son nouveau roman et son meilleur à ce jour. D’Atlanta à Paris, la narratrice erre à la recherche mate et impossible de son mari, sociologue qui, en disparaissant, commet un suicide social. C’est entre Trouville et Naples que Diacritik est allé interroger Philippe Vilain pour discuter avec lui de son romantisme politique, de sa voix classique et des Gilets Jaunes.

Ripley : Hey, I feel like kind of a fifth wheel around here. Is there anything I can do? 
Sergeant Apone : I don’t know, is there anything you can do?

Dans l’une des premières scènes de la Director’s Cut d’Aliens (James Cameron, 1986), Ripley est assise sur un banc face à un paysage de forêt virtuel, dans la station orbitale qui l’a recueillie. Sa navette a dérivé cinquante-sept ans dans l’espace : c’est par un hasard incroyable qu’elle a été retrouvée vivante.

Présenté au du Cinéma du Réel et au festival du court-métrage de Brive, Presque un siècle de Pascale Bodet s’impose comme un des films les plus remarquables de ce début d’année. Filmant sa grand-mère entrée dans sa 99e année, la cinéaste livre avec une rare force un vibrant documentaire qui interroge notamment les frontières même du documentaire, de l’intime et du film de famille. C’est au retour de Brive que Siryne Zoughlami pour Diacritik est allée à la rencontre de Pascale Bodet.

La première partie de cet article peut-être lue ici

Pour retrouver des Maghrébins dans les listes des Brigades internationales, les chercheurs ont dû consulter les listes des Français car l’Algérie et le Maroc sont alors colonie et protectorat français et ceux qui se sont engagés sont ainsi recensés. Avant de présenter le seul roman consacré à un brigadiste algérien et, en contrepoint, la seule nouvelle consacrée à un des 100.000 Moros de Franco, il n’est pas inutile de faire un rappel de l’Histoire.

Du 2 au 7 avril se tenait le Festival du moyen métrage de Brive. Un festival unique en son genre mettant en avant un format méconnu, entre le long et le court, faisant pourtant pleinement partie du paysage cinématographique. Parmi les 21 films en compétition, et dans les limites inhérentes aux festivals, 4 films émergent en particulier de cette 16e édition extrêmement riche.

Budapest au début du XXe siècle. Une jeune femme entre dans un prestigieux magasin de chapeaux, elle est accueillie comme une cliente… Après une séance d’essayage, elle se présente, elle est venue « pour l’annonce » : elle s’appelle Irisz Leiter, le magasin a été fondé par ses parents disparus et elle cherche à retrouver les circonstances de leur disparition. Elle aurait un frère dont elle cherche la trace. La caméra la suit, la cadre en gros plan.

Comment, au cinéma, faire le portrait d’une ville ? Vincent Dieutre répond dans Berlin Based. Ce portrait est réalisé selon les principes d’un cubisme qui ne serait pas synthétique. Leibniz écrivait à peu près qu’une ville est l’ensemble des représentations diverses de ceux qui la regardent en y étant immergés. Le film de Vincent Dieutre est leibnizien, mais il s’agirait d’un Leibniz sans Dieu pour garantir la synthèse et l’harmonie des points de vue.