En 2015, l’écrivain espagnol Javier Cercas est invité à tenir un cycle de conférences en littérature comparée à l’Université d’Oxford, succédant ainsi à George Steiner, Mario Vargas Llosa et Umberto Eco. Son sujet sera le roman, en tant qu’écrivain et critique, deux activités dont Cercas souligne la parenté en introduction de son essai, réécriture et prolongement des cinq conférences tenues en anglais : « tout bon écrivain est, qu’il le sache ou non, un bon critique » et « tout bon critique est un bon écrivain ».

Carl Andre est né en 1935 à Quincy (Massachusetts), “une ville côtière près de Boston où s’étendaient la pierre et la mer les plus glaciales de tous les pays puritains”. Il est poète et sculpteur, ce qui ne signifie pas que sa poésie soit sculpturale ou que ses sculptures soient poétiques, même s’il y a chez lui, d’un domaine à l’autre, des processus de transformation, de mutation dans l’espace-temps : un devenir-sculpture de la feuille dactylographiée ou une traversée poétique du lieu d’exposition. Que son art se déploie sur deux ou trois dimensions, ce qui compte, c’est comment la circulation des corps (doués de regard, mais pas seulement) ouvre un espace d’échanges où le silence a autant son mot à dire que la parole.

Dans syn-t.ext, Mathias Richard pratique une écriture par laquelle le pluriel n’est pas transformé en une unité mais fonctionne comme une multiplicité, un agencement de différences hétérogènes. Le syntexte n’est pas une synthèse, au contraire : il agence des textes divers pour former une multiplicité langagière, le syntexte étant cet agencement. Dans syn-t.ext, cette logique est étendue au livre entier – livre variable et hétérogène, ouvert en son centre à un dehors qui le fait déborder de lui-même : livre nomade, donc éminemment poétique.