Javier Cercas, romancier espagnol, écrivain engagé : cela ne veut rien dire. Ça ne peut dire quelque chose qu’en réinventant ce que l’on entend par roman, par littérature et engagement. Telle est la leçon que partage Javier Cercas dans Le point aveugle, recueil de cinq conférences données à Oxford.
Dans un très bel ouvrage que Suzanne Horer et Jeanne Socquet consacraient en 1973 à la place de la femme dans l’art, parmi les quelques beaux témoignages de femmes artistes publiés, la parole était donnée à Marguerite Duras qui mettait précisément l’accent sur la nécessité, de la part de la femme écrivain et cinéaste qu’elle représentait, de s’exposer avec force et conviction sur la scène médiatique pour faire face à un dehors masculin hostile et toujours prêt à suffoquer la parole féminine. Le titre du livre, La Création étouffée, annonçait déjà le projet des deux auteurs : aller interroger le pouvoir créateur qui est plus volontiers accordé aux hommes comme si la création était un ensemble monolitique réservée à une seule portion du monde.
Cette lettre d’une lycéenne du Jura, ex-réfugiée du Kosovo, a été transmise à la rédaction de Diacritik par un professeur de philosophie qui avait proposé à ses élèves de travailler sur l’affaire Cédric Herrou. La jeune femme a fait le choix de cette lettre en réponse à la tribune d’Eric Ciotti publiée dans Nice Matin.
Avant-propos : Jimmy Arrow était un réalisateur de films pornographiques que nous avions rencontré à Los Angeles en 2005. Nous sollicitions alors son aide au sujet d’un projet de court-métrage. Il est décédé à Vladivostok en 2010, à l’âge de 62 ans. Au fil des revues qui nous accueillent, nous dévoilons un peu plus de la vie de cet homme étrange, hors-norme, ayant laissé derrière lui une œuvre aussi secrète que passionnante.
La semaine dernière c’était la première du Cabaret électrique à la porte des Lilas, au Cirque tout aussi électrique. Descendus d’un tram ou d’un métro, on a quelques dizaines de mètres à effectuer pour tomber sur un chapiteau pirate tombé du ciel, perdu autant qu’installé entre le périphérique et les immeubles et hôtels d’alentour.
« Incendies et livres — c’est très bien.
Nous regarderons encore et nous lirons. »
Saint-Pétersbourg, mai 1917. Février est passé, octobre est à venir. Qui est-il ce Parnok qu’on aperçoit déambulant dans les rues ? D’où sort-il, que veut-il donc ce « petit homme », aussi étrange que touchant, dont une part du nom s’enveloppe au passage d’un nuage de vapeur (Πap) ?
Se laisser mourir pour permettre aux autres d’apprécier la valeur de la vie, voilà ce que prône le gouvernement dans lequel s’inscrit Ikigami : Préavis de mort, de Motorō Mase. Dans le futur proche d’un pays calqué sur le Japon moderne, est entrée en vigueur « La loi pour la prospérité nationale ». Derrière ce nom politiquement correct se cache le moteur vrombissant de la dystopie que Motorō Mase construit. Chaque enfant se voit injecter un sérum dont certains échantillons seulement sont contaminés et provoqueront la mort des plus malchanceux entre l’âge de 18 et 24 ans. Le gouvernement déclare que voir des vies s’arrêter réveille l’envie de vivre, sans preuves à l’appui ni que nous, lecteurs, connaissions clairement le contexte socio-politique dans lequel la loi a été acceptée.
Détective est une antonomase inversée, de ces noms communs devenus non seulement un nom propre mais une marque. C’est la spécificité des grands journaux, peut-être, que de faire sinon oublier du moins passer au second plan l’usage courant d’un mot, c’est la carrière onomastique de cet hebdomadaire à l’ambition démesurée — « à la fois journal et magazine », tout ensemble « savant », « historien » et « romancier », soit être « partout… pour tous » comme le proclame hautement l’édito de son premier numéro, le 1er novembre 1928 — auquel Marie-Eve Thérenty et Amélie Chabrier ont consacré des journées d’étude, une exposition puis un livre, Détective Fabrique de crimes ? (Joseph K), variation dans les approches d’un même support médiatique dont elles démontrent la pertinence et la richesse.
Poète marquant de la scène poétique actuelle, croisant travail poétique, performance et musique, écrivain, batteur, auteur notamment du Théorème d’Espitallier, (Flammarion), Tractatus logo mecanicus, Army (Al Dante), De la célébrité : théorie et pratique, (10/18), Salle des machines (Flammarion), France Romans (Argol), Tourner en rond : de l’art d’aborder des ronds-points (PUF), Jean-Michel Espitallier livre avec Syd Barrett – Le rock et autres trucs un ovni sidérant, portrait croisé des Sixties et de Syd Barrett, le génie foudroyé, le fondateur de Pink Floyd.
Le 26 février 2017, le film Moonlight de Barry Jenkins a remporté — après un impair assez insolite — l’Oscar du meilleur film lors d’une cérémonie historique et unique à ce jour, à maints égards.
Ce serait si simple d’évaluer un film selon sa capacité ou son incapacité à appartenir pleinement d’un genre, ou parfois à en questionner les frontières.
