Anthropologue de notre modernité, Mélanie Gourarier a enquêté sur un bien curieux phénomène : la « Communauté de la séduction », une internationale antiféministe qui s’est répandue depuis les États-Unis pour gagner ensuite la France et autres lieux. Ses adeptes se rencontrent en petites confréries dans les villes ; ils se placent sous la conduite de coachs qui leur enseignent en « professionnels » des techniques séductrices dans le but, clairement clamé, de faire que les hommes reprennent l’ascendant sur l’autre sexe dont ils estiment qu’il est devenu dominant. Ainsi se sont formés des clubs qui se soumettent à un apprentissage soutenu sur la meilleure manière de draguer les femmes dans des lieux plus ou moins publics pour les conduire au partage sexuel mais sans aller nécessairement jusque là.

«Quand ce livre apparaîtra en vitrine des librairies, je suppose que 50% des acheteurs virtuels ne connaîtront pas mon nom (ça, c’est normal). 43 % diront : « Tiens, c’est l’éditeur porno, ça doit être croustillant », 5% diront : « Ah, Losfeld ! c’est l’éditeur qui a sorti deux ou trois bouquins rigolos ! ». Et 2 % seulement se souviendront que je suis un éditeur surréaliste ».

Après Ce texte et autres textes (Al Dante, 2015), Jean-Philippe Cazier interroge la possibilité même de l’écriture dans L’La phrase. L’. Acteur de la dépossession, le titre L’La phrase. L’, en sa subversion du prononçable, en son bégaiement créateur, traduit une écriture par le milieu, sans début ni fin, et ouvre un questionnement sur les puissances nomades, disruptives de la langue.

Pierre Parlant évoquait hier le nouveau livre de Jérôme Orsini, Le Feu est la flamme du feu, venant clore un triptyque commencé avec Des monstres littéraires (2015) et complété avec Pedro Mayr (2016), tous publiés dans la collection « un endroit où aller » des éditions Actes Sud. Entretien avec Jérôme Orsini.