Facilité pour tes parents : te refourguer à ta grand-mère durant toutes les périodes de vacances ; sauf en hiver car sa maison du bord de mer n’est pas vraiment habitable quand le froid passe à l’offensive.
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Tu n’as jamais supporté la mollesse des suspensions de la GS et encore moins l’effroyable odeur imprégnant l’habitacle, où se mêlent plastique et tabac froid.
C‘est tous les jours à peu près le même trajet : cinq ou six kilomètres le long du chemin de halage puis retour ; après la journée au lycée, manière de te revivifier… Jusqu’alors, toute pratique sportive se résumait pour toi à un supplice inutile. Désormais, si un soir tu renonces, tu te sens coupable. Tu négliges souvent le repas du midi. Les heures qui suivent, tu as faim et la tête te tourne un peu. Ce sont des sensations inédites, une promesse de liberté.
J‘écris à la verticale comme sur un monument aux morts
(Joël Baqué, La mer c’est rien du tout).
Les immeubles n’avaient pas changé, ni la largeur des trottoirs, mais à cette époque la lumière était différente et quelque chose d’autre flottait dans l’air… (Patrick Modiano, Rue des Boutiques Obscures).
Inaugurée le 8 mars 2018, une date en clin d’œil symbolique, la Galerie Miranda offre de belles promesses dans le champ qui est le sien : la photographie et l’édition photographique. La vocation de Miranda Salt, créatrice de ce bel espace, est de faire découvrir au public français des œuvres photographiques principalement féminines et étrangères.
Fatigué d’écrire, de penser, de parler, d’avoir des avis et des opinions, je me suis mis à regarder.
À l’appel du BAAM (Bureau d’Accueil et d’Accompagnement des Migrants), de nombreuses associations et manifestant.e.s se sont rendu.e.s dans la rue ce dimanche 15 avril pour exprimer leur condamnation et leur refus du projet de loi «asile-immigration» du gouvernement. Reportage photo et vidéo de Joffrey Speno.
Si August Sander est évidemment un des grands photographes du XXe siècle, c’est aussi par la façon dont ses photographies s’insèrent dans ce siècle, par ce qu’elles en disent et en montrent, par ce qu’elles y font et en font. L’exposition visible actuellement à Paris, au Mémorial de la Shoah, est un concentré du travail de Sander, un ensemble de documents sur le XXe siècle, mais aussi un « discours » sur ce siècle qui produit sur celui-ci un certain effet.
Karim avait une trentaine d’années. Il a quitté le Soudan, il est venu en France. Sans doute pensait-il que la France était un pays qui lui permettrait de vivre, qui l’aiderait à vivre. C’est l’idée qu’il devait avoir de la France. Mais cette France est imaginaire, l’idée de ce pays est fausse. Karim est mort le 8 mars 2018. Il est mort à Paris, Porte de la Chapelle, dans la rue.
Des boulots, j’en ai fait des dizaines. Des contrats, j’en ai signé de toutes sortes. Depuis deux mois je travaille au château de Versailles en tant qu’agent de surveillance, sécurité et accueil, avant on disait « gardien de musée ». Je suis vacataire, CDD pour quatre mois et après on verra, je suis « employé stand-by », comme on peut lire dans les pièces de Richter.
Dans l’exposition qui lui est actuellement consacrée à Paris, le photographe Rémy Soubanère présente ce que l’on pourrait appeler des nocturnographies, tant la nuit, ses ombres, les potentialités qu’elle porte sont au cœur de sa recherche. Entretien où il est donc question de la nuit mais aussi de la ville, de Deleuze et Guattari, de Nuit debout, d’hétérotopies ou d’imaginaire.
Il neige, on a envie de regarder la neige en écoutant la première leçon de ténèbres de Couperin, on a envie de traîner, de prolonger le retard sur tout, le regard sur ce premier lundi de février, faire diminuer l’impatience et la culpabilité, ne rien faire, rien, rien construire ni gagner. Tout est là, comme déjà donné.
Hier je ne te connaissais pas
Tu jouais aux voitures
Je chassais les pyrales
Sous l’œil de nos mères
Sans doute le no man’s land est-il le lieu de l’absolue présence : désert en apparence et pourtant palimpseste tant il porte de strates et traces, tant il recèle de présences invisibles, tant il est ouvert à l’investissement fictionnel. Plus encore quand des photographies saisissent ces lieux et leur imposante nudité, comme celles de Jean-Jacques Gonzales dans le dernier livre d’Eric Marty : L’invasion du désert, récit qui est une « photofiction » comme l’explique l’écrivain dans un entretien avec Aurélie Foglia.