Quand je suis arrivé à Paris pour y vivre, il y a une vingtaine d’années, et je précise que je n’y avais jamais posé les pieds, pas même en voyage scolaire, j’avais trois envies en tête comme autant de désirs aussi tenaces que confus : aller au 5 rue Saint Benoît dans le 6ème, aller chez Agathe Gaillard 3 rue du Pont-Louis Philippe dans le 4ème et aller danser et me perdre dans la foule du Queen, 102 avenue des Champs Élysées dans le 8ème.

La peinture me trouble beaucoup. Pas tout, bien sûr, mais quand il y a peinture. Je ne saurais le formuler autrement que par cette idée d’un événement. Quand il y a peinture il n’y a plus rien à dire, peut-être même plus rien à faire, c’est là, devant soi. Reste plus qu’à se taire, regarder, contempler si on veut, se promener du regard. Pas commenter, quelle horreur. La peinture n’appelle aucun commentaire. Plutôt se perdre, s’y perdre.

Tout se mélange dans ma tête. Drôle d’incipit mais c’est pourtant et mon idée et mon commencement : le mélange des choses vues, entendues, mixité des idées et des sensations. Car on perçoit et on reçoit tout en même temps, des signaux les plus faibles – la petite chatte qui gratte comme une forcenée sous mon lit en ce moment et qui m’empêche de me concentrer – aux signaux les plus forts – par exemple le dernier papier aux accents pasoliniens que je viens de lire et relire, celui de Dimitris Alexakis à propos de la tragédie électorale du 7 mai prochain.

Aglae

Dans la mythologie grecque, Aglaé, fille de Zeus ou d’Hélios selon les sources, fait partie des rayonnantes Charites (les Grâces romaines). La déesse éternellement jeune représente la séduction et la beauté dont témoignent les célèbres représentations de Cranach ou de Raphaël entre autres, ça c’est fait, c’est pour la grande culture.

Mais, Aglaé. Le spectacle est de Jean-Michel Rabeux, avec Claude Dégliame. Si le mot « artiste » signifie encore quelque chose, Rabeux-Dégliame en sont, des artistes, des vrais, c’est incontestable. J’ai vu le spectacle dimanche,

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Elle est pas mal, la femme, j’ai bien aimé son accent.
Qu’est-ce que tu veux dire, terroir ? Oui, mais pas dans un sens péjoratif. Ok, mais c’est qui c’est ? D’où vient-elle, tu la connaissais ?
A chaque fois c’est le même coup, un groupe de mecs et une seule femme, comme pour représenter l’espèce, genre. Comme si pas de femme du tout, ils osaient pas, alors qu’au fond…

 

Il se passe quelque chose. A chaque période de l’histoire il s’est passé quelque chose mais là, il se passe quelque chose. Je ne suis expert en rien, si ce n’est en phrases, et encore, pas sûr. Un jour Marguerite Duras a dit dans un entretien : Vous savez, je ne sais pas toujours très bien ce que je dis, ce que je sais, c’est que c’est absolument vrai. Ben voilà, je fais comme elle. Ce qui se passe ?

https://www.youtube.com/watch?v=hedJer7I1vI

Je suis né le 15 février 1976 mais d’une certaine façon je suis né ce jour de 89, jour que je n’ai pas noté, que j’ai longtemps nié, j’ai voulu nier son caractère fondateur, j’avais 13 ans. J’étais précoce, j’allais souvent dans ce jardin public, j’avais remarqué que les hommes y marchaient d’une drôle de façon, avec une drôle de lenteur, cette lenteur était pleine de signes et de signaux, c’était fascinant à voir, un spectacle fou, tout un monde.

http://www.youtube.com/watch?v=ZRAr354usf8
Avant j’écoutais les Doors pour me vieillir

Je ne sais pas ce qu’est l’écriture

Est-ce qu’on peut manipuler un lecteur comme un spectateur au cinéma ?

J’ai l’impression que le lecteur est quelqu’un de plus récalcitrant

Je vis dans un monde qui voit la fin de la littérature et le début de l’astrophysique la vraie