Rencontre avec James C. Scott dans le Quartier Latin, le 28 mai 2019. Dans le grand entretien qu’il nous a accordé, il revient sur Homo domesticus. Histoire profonde des premiers États, paru en janvier dernier aux éditions de La Découverte mais aussi sur sa pensée de l’anarchisme, évoquant aussi bien l’architecture que les Gilets jaunes, la Mésopotamie que Dickens ou Balzac.
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Dans cette catégorie, retrouvez nos articles consacrés à l’écologie, à la terre, à l’écosystème, aux animaux et plus largement aux questions écopoétiques et écocritiques. Comme l’écrit Bruno Latour en introduction de « Face à Gaïa », « tout change dans la manière de raconter des histoires, au point de faire entrer en politique tout ce qui appartenait naguère encore à la nature — figure qui, par contrecoup, devient une énigme chaque jour plus indéchiffrable ».
Cette rubrique est conçue et animée en partenariat avec le Master Lettres à distance « Écopoétique et création », Aix-Marseille Université, formation à distance labellisée A*Midex : https://epokhe.hypotheses.org/master
Contester le désastre n’est plus guère possible. La vie est en train de s’effondrer sur Terre. La très prudente ONU parle de menace existentielle directe, les scientifiques pointent le risque d’extinction d’un million d’espèces à court terme. Il ne reste plus que quelques marginaux insignifiants pour douter de la gravité de la situation. En revanche, tout est plus complexe dès qu’il s’agit de penser les causes ou de proposer les solutions.
Qui sommes-nous et quelles strates nous composent ? Telle pourrait-être le fil rouge de Composer sa vie, essai de Mary Catherine Bateson (Composing a Life, 1989) qui vient de paraître aux éditions du Portrait, dans une traduction française de Céline Leroy.
Placée sous le signe d’Hermès, l’œuvre de Michel Serres privilégie le mouvement, le déplacement, attentive aux carrefours, aux intersections, et surtout à l’invention.
Le 28 mai 2019, à l’occasion de la publication de Homo domesticus. Histoire profonde des premiers états, Diacritik et quelques étudiant.es du master écopoétique et création d’AMU ont rencontré James C. Scott dans le Quartier Latin. Preview.
« Nos maisons nous contiennent ; qui peut dire ce que nous contenons, nous ? » : cette question pourrait être le fil rouge de Floride, recueil de nouvelles signé Lauren Groff qui vient de paraître aux éditions de l’Olivier dans une traduction de Carine Chichereau. La maison, d’abord cadre matériel de la majorité de ces textes, lieu dans lequel évoluent les personnages, figure aussi, par extension, le recueil dans son ensemble, l’auteure décryptant avec subtilité et force « ce que nous contenons, nous ».
Matthieu Duperrex publie aux éditions Wildproject Voyages en sol incertain. Enquête dans les deltas du Rhône et du Mississippi. L’occasion où jamais pour un entretien-fleuve.
Aurélien Barrau vient de publier Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité, un livre fondamental pour comprendre la crise majeure à laquelle nous sommes confrontés et à laquelle il nous faut en urgence répondre. Contributeur régulier de Diacritik, Aurélien Barrau a accepté de sortir de son « ascèse médiatique » pour répondre à nos questions.
Les grands livres sont hors actualité, le temps qui passe renforce leur pertinence et leur urgence. Ainsi en est-il de La Vache (Blösch), roman de Beat Sterchi écrit en 1983, paru chez Zoé en 1987, republié le mois dernier, doublement actuel dans sa saisie de la xénophobie et de l’abattage des animaux, soit une même violence dans le rapport à l’Autre.
« À quoi ça pourrait ressembler, un roman du XXIe siècle ? En quoi ça serait différent d’un roman du XIXe, par exemple ? », se demande Pierre Ducrozet dans la note d’intention qui accompagne L’Invention des corps, son dernier roman, couronné du Prix de Flore, qui paraît en poche chez Babel.
Le journaliste américain David Grann a placé un épisode oublié de l’Histoire des États-Unis au centre de son enquête, La Note américaine : la manière dont une tribu amérindienne, les Osages, a été déportée sur une terre stérile qui s’est révélée être le plus important gisement de pétrole du pays. La richesse des Osages est sans doute le mobile d’une série de meurtres, longtemps inexpliqués, dont David Grann démêle l’écheveau. L’ensemble de son enquête apparaît ainsi comme métonymique du rapport des États-Unis aux Native Americans, ce « péché originel sur lequel le pays était né ».
Que peut la littérature ? Non plus ce qu’elle est ou n’est pas, précieuse tracasserie à l’usage de spécialistes, mais ce qu’elle peut aujourd’hui. Aujourd’hui comme chacun sait : premier tiers d’un siècle assombri par l’urgence écologique. La réponse n’est pas facile et fait penser peu ou prou à l’intellectuel qui bricole et, à défaut de marteau, s’avise de planter un clou avec le cul d’un bibelot. Enrôler la littérature dans l’urgence qui est la nôtre suppose un nouvel art d’accommoder les textes. Pour ne pas nous résigner à rester les bras ballants pendant que le bateau coule et que chacun s’est saisi de sa pratique ou discipline qu’il manœuvre comme une écope, interrogeons la vraisemblance d’un tel aggiornamento.
Si Enki Bilal n’a rien perdu de sa fascination pour les ruptures, le chaos n’intéresse pas l’auteur de la trilogie des éléments, de la tétralogie du monstre et réalisateur de Bunker Palace Hotel et Tykho Moon. Après le BUG initial paru en 2017 — premier tome d’un « cinq-shots » selon les mots de l’auteur rencontré vendredi dernier —, BUG 2 paraît aujourd’hui chez Casterman, promesse d’une série au long cours (en librairies et sur vos écrans).
En 1962, Rachel Carson publiait Printemps silencieux, « fable pour demain », dénonciation sans concession du scandale des pesticides et appel à emprunter une « autre route ». A lire La Malchimie de Gisèle Bienne, qui n’est en rien un roman mais bel et bien un « récit », cette route est encore un espoir vain.
Flammarion publie, dans sa collection « Climats », le Manifeste des espèces compagnes de Donna Haraway, des espèces englobant « chiens, humains et autres partenaires », comme le souligne le sous-titre, soit riz, tulipes, abeilles, flore intestinale, etc. Ce livre, « scandaleusement révolutionnaire » selon sa préfacière Vinciane Despret, n’a pas pris une ride depuis sa publication originale en 2003.