Critiques lapidaires (Insaisissables 3, Spider Noir, Jack Ryan)

Séries ou films vite faits-mal faits, sur-côtés, ou franchement mauvais et dont le succès critique ou public dépasse l’entendement, visionnages qui, eux, ne dépassent pas la fin de la séquence pré-générique… Quelques critiques expéditives histoire de passer moins de temps à écrire des roasts en règle qu’à regarder des bouses à la télévision.

Tu m’vois, tu m’vois pas ?

La réponse est dans la question, Insaisissables 3 fait partie de ces films dont on se dit « fallait-il le faire ? » et surtout au sujet desquels on se demande « fallait-il le voir ? » La réponse est bien évidemment non, définitivement non, à moins de souffrir d’insomnie chronique et de chercher un remède de grand-mère à la portée de tous pour sombrer dans un sommeil réparateur et salutaire, la tête en arrière sur le canapé et en ronflant très fort pour couvrir le bla-bla insipide des dialogues et la bande son (ronflante elle aussi).

Au commencement était le verbeux

On aurait pu être séduit par le retour des Cavaliers de l’illusion – les deux premiers opera (le pluriel d’opus, rien à voir avec une quelconque comparaison avec l’œuvre lyrique, loin de là, NDLR) étaient relativement efficaces. Ce troisième tour (de magie) des robins des bois escamoteurs se perd en dialogues qui se veulent enlevés mais ne réussissent qu’à être irritants, pour ne pas dire plus. Et c’est dommage car la pyrotechnie et les effets spéciaux sont plutôt réussis, les tours de passe-passe décryptés dans les scènes en flash-backs arrivent à être réjouissants (si, si !). Mais au final (i.e. le moment où mon apnée du sommeil m’a tiré des profondeurs), Insaisissables 3 n’emporte pas l’adhésion au point d’aller se procurer illico La magie pour les nuls ou de revoir les meilleurs moments de Garcimore ou Gérard Majax sur le site de l’INA…

Casper Diem

Ce qu’il y a de bien avec le mot fantôme, c’est qu’on peut l’utiliser pour instiller un suspense a priori et l’idée d’un complot terrible à pas cher. Prenez le Protocole fantôme de Mission Impossible 4, la flotte fantôme russe, la Menace fantôme de Star Wars épisode I ou le shadow cabinet d’Eric Ciotti de 2023, on ne compte plus les occurrences des manifestations spectrales à même de créer de l’intérêt là où il n’y a que des effets de manches ou de la vantardise (spécialement chez Éric Ciotti ou Tom Cruise qui, lui, réalise ses cascades en personne). Jack Ryan, la guerre fantôme n’échappe donc pas à la règle avec ce nouveau film tiré de l’oeuvre de Tom Clancy — après moult livres, plusieurs films plutôt réussis et une série d’action pan-pan-t’es-mort (sur Prime Vidéo) qui (re)met en scène un Jack jeune et musculeux mais qui n’oublie pas qu’il a été analyste pour la CIA avant de tirer sur tout ce qui bouge sans discernement. Sans minimiser le côté divertissant de voir des ennemis de la démocratie se faire dessouder à la sulfateuse de fabrication américaine, La Guerre fantôme n’est qu’un énième produit formaté pour et par la plateforme à Bezos où l’on croise plus de contenus estampillés MAGA, pro-NRA et « In God we Trust » que dans un congrès trumpiste.

L’art est niais au plafond

Proposé en noir & blanc (pour les puristes un peu snobs dans mon genre) et en couleurs (pourtant so 2025), Spider-Noir est l’adaptation télévisée de la série de comics éponyme revisitant les aventures de l’homme araignée fondues dans le genre du film noir et les années 20’s/30’s… Que dire alors de Spider-Noir tandis que les critiques s’ébaubissent de voir deux versions de Nicolas Cage en héros Marvel éparpillé façon pulp ? Pas grand chose… outre le fait que Nicolas Cage a le teint plus cireux et les traits plus tirés qu’un modèle passé entre les mains expertes d’un thanatopracteur, l’ambiance noire numériquement appuyée est d’emblée peu digeste et le parti-pris de l’image passée au filtre « spectaculaire et chaud » d’un iPhone ou d’Instagram font qu’on hésite très vite entre reprendre une bière ou rendez-vous chez l’ophtalmo.

Alors oui, le cahier des charges est respecté : ambiance, lumière, ombres, cadrages… tout respire et transpire le roman noir, le comics, le film de gangsters et les histoires de détectives privés fauchés, au grand coeur et au destin brisé : l’adaptation est léchée, presque lisse (comme le front botoxé de Nicolas Cage), les dialogues se font parfois piquants et sortis d’un passé que les moins de vingt (voire quarante) ans… bref, Spider-Noir n’a pas que des défauts mais il n’a pas que des qualités non plus.