Monsieur le Ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse,

Nous avons appris mercredi 29 avril, au cours de votre interview par Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFMTV, que vous entendiez maintenir l’oral des épreuves anticipées de français, alors même que nous savons désormais que nous ne reverrons nos élèves, au mieux, qu’en juin – étant entendu qu’entre priorisation des lycées professionnels, départements « rouges » et craintes, légitimes, des élèves et des familles face au virus, dans bien des établissements, nous ne les reverrons probablement pas.

Je vécus ainsi, un mois durant, avec la pensée toujours présente de la mort toute proche. Pour le soir, pour le lendemain à l’aube. Mon sommeil était encore troublé par des cauchemars et des secousses nerveuses qui me réveillaient en sursaut. (Henri Alleg, La Question)

L’historien a beau jeu de nous répéter qu’il est crucial de se souvenir. Cette injonction est structurellement vouée à rester lettre morte. Le récit, toute forme de récit, est désormais à bout de course. Dieu radote, on le sait. À quoi bon se souvenir ? Et se souvenir de quoi, au juste ? D’aucuns préfèrent parler des excès de la mémoire, et des bienfaits de l’oubli.

Définitions :
Chiffrer : Évaluer, fixer le chiffre de…
Liste : Série d’éléments analogues (noms, mots, chiffres, symboles…) mis les uns à la suite des autres…
Texte :
M’est venu à l’esprit cette idée de la liste à quoi s’ajoute cette autre idée, du chiffrement. Il est entendu qu’il est question ici de calculs, de quantités liées à l’alimentaire. Ce qui nous introduit dans le paysage apparu sur le mode de l’énumération et de la description.  

Pour réaliser cet article, je me suis appuyée sur ce que j’ai noté et observé lors de mes actions de bénévolat à Montpellier. J’ai également réalisé des entretiens téléphoniques avec une bénévole ayant aidé pour la préparation de colis livrés dans des squats et bidonvilles ainsi qu’avec une salariée du Secours Catholique.
J’écris cet article car mes valeurs s’entrechoquent en ces temps de confinement. Il me faut poser les choses.

« Nous avons connu nous aussi notre printemps silencieux. Le ciel était sans avions, la mer était sans bateaux. Les centre-villes étaient déserts comme les forêts de France. La peur terrait l’homme chez lui, l’obligeant à vivre la vie qu’il impose aux animaux. Il ne sortait qu’en tremblant, le regard fuyant, pour de brèves courses. Comme les bêtes au fond des bois ou les rats dans les égouts, il apprenait la discrétion. Quelque chose respirait. Les choses reprenaient leur cours. — La Terre dut croire que son cancer entrait en phase de rémission.

Les poèmes de Perrine Le Querrec brisent un silence. Le programme est présenté d’emblée dans un avant-propos en forme de journal : à Louviers, où elle est en résidence dans la Villa Calderón, l’autrice recueille les paroles de femmes qui ont subi des violences « conjugales, sexuelles, psychologiques, violences humaines, violences de la société, la violence et ses nombreux visages (…) ».

Toutle monde parle de « l’après ». « Après ne sera plus comme avant », promet-on un peu partout. Comment sera le monde « d’après » ? De quoi sera fait le jour « d’après » ? Tous les médias regorgent de spéculations sur « l’après ». Sera-t-il différent de « l’avant », et en quoi ? Ou sera-t-il la duplication frénétiquement relancée de cet « avant » dont tout le monde semblait pourtant s’accorder pendant un (court) moment à penser qu’il était bien mal parti, et qu’il nous menait tout droit à la catastrophe ?

Le 11 mai n’aura sans doute pas lieu. Chacun s’accorde désormais à le reconnaître. Après avoir fait miroiter la réouverture des écoles le 11 mai 2020, tous se rendent compte de l’impossibilité matérielle de ce scénario catastrophe dont même aucun producteur hollywoodien ne voudrait. A l’absence d’avis sanitaire non plus que scientifique fondé pour appuyer l’injonction présidentielle de réouverture, les sénateurs qui ont auditionné le ministre blanquer ont ajouté un nouvel et important grief : l’absence totale de projet pédagogique.

La poésie arabe a perdu l’une de ses voix les plus novatrices, un poète qui a tracé à travers son parcours poétique le chemin pour les générations suivantes, et au-delà même de la création poétique une figure fondatrice de la culture en Syrie. Bandar Abed al-Hamid, poète syrien, s’est éteint à Damas le 17 février dernier. Auteur d’une dizaine de livres (recueils, romans, critiques de cinéma), il occupait une place essentielle dans la poésie arabe depuis les années soixante-dix.

Cesare Martinetti est un journaliste italien, ex-directeur adjoint de La Stampa. Diacritik, avec son accord, publie dans une traduction d’Andrea Manara, son article paru le 25 mars dernier sur Altre / storie, une newsletter créée et dirigée par Mario Calabresi, rassemblant des reportages, des témoignages, des histoires et des analyses sur l’actualité ; une section est dédiée aux photographes en activité, avec leurs images et leurs histoires.

En matière d’ouvrage de poésie, on le sait, soit on a affaire à un recueil — choix, suites et séries plus ou moins concertées de poèmes —, soit à un livre pensé en tant que tel, c’est-à-dire à une forme, à un tout, plus qu’à un objet, dont l’intention globale prête au geste d’écrire son empan tout en esquissant l’hypothèse de ses lignes de fuite.