Mikael Sullivan, homeless photographer: Philippe Bazin (Photo-graphies)

Mikael Sullivan, homeless photographer, Main Street, Lake Placid, NY, USA, 2010, par Philippe Bazin
Mikael Sullivan, homeless photographer, Main Street, Lake Placid, NY, USA, 2010, par Philippe Bazin

Aussi peut-il être opportun de citer la description d’un bourg typique de l’Alabama, écrite il y a trois quarts de siècle par Clifton Johnson, photographe itinérant :

« La ville est percée de larges artères, et tranquille avec une vaste place publique au centre, bordée de magasins de briques et de bois, en façade, qui fait de l’ombre sur le trottoir ; entre les colonnes qui soutiennent le toit, dehors, dans le passage, il y a souvent une planche pour s’asseoir. Le passage est assez encombré par l’étalage de marchandises diverses… les marches d’escaliers ou les bancs servent souvent aux éléments oisifs de la population. Le peuple aime à s’asseoir et deviser, être à l’aise pour discuter entre amis… » (Clifton Johnson, Highways and Byways of the South, 1904).

… Sur trois ou quatre pâtés de maisons de part et d’autre de la rue principale, on trouve des magasins de détail, et la place du tribunal est également bordée par des bâtiments à un étage, petits, modestes : poste, journal, une des banques, esthéticienne, magasin de vêtements pour hommes, etc. Ce ne sont pas de beaux exemples d’architecture, mais ils sont fonctionnels (…).

… Un des spectacles attristants de la place traditionnelle avec tribunal est le nombre de fenêtres vides ou clouées avec des planches aux deuxième et troisième étages des vieux bâtiments de briques.

… Voici quelques décennies, , il y a eu un mouvement, sans doute bien intentionné, pour mettre une réplique de la statue de la Liberté, de deux mètres de haut, dans toutes les villes qui avaient payé de leurs vies dans la Première Guerre Mondiale.

… Dans nombre de ces villes éloignées, isolées, la grande route nationale se confond avec la rue principale, créant une illusion de circulation, encourageant un certain nombre de drive-in, mais généralement ce sont des villes que l’on traverse à soixante kilomètres-heure. On les remarque à peine, tant elles rompent brièvement le sentiment d’espace vide et de lumière naturelle.

John Brinckerhoff Jackson, À la découverte du paysage vernaculaire, traduit par Xavier Carrère, Actes Sud, 2003.