Au cœur de ses chroniques quotidiennes et benjaminiennes sur la télévision rassemblées, à la fin des années 1980, dans Le Salaire du Zappeur, Serge Daney abandonne le cinéma à sa présumée mort pour privilégier la quête herméneutique sans répit d’une nature profonde de l’image télévisuelle, toujours diffuse, à travers ses différents programmes. C’est inévitablement que le critique en vient à examiner avec attention la retransmission de la messe du dimanche matin qui, selon lui, ouvre à une interrogation fondatrice sur l’image et son lien à la foi intangible : « Peut-on ne communiquer (voire communier) avec quelque chose que par le regard ? » Nul doute qu’une telle question qui fait du visible télévisuel l’espace renouvelé sinon inédit du sacré trouve une réponse plus que positive de Jacques Derrida dans Surtout, pas de journalistes !, stimulante conférence prophétique de justesse sur l’époque, récemment publiée aux éditions Galilée.
Année: 2016
Le 20 mars dernier, Frank Smith présentait au Collège des Bernardins (75005) une série de cinétracts qu’il a réalisés à partir d’images prélevées sur le web, dans le flux assourdissant et aveuglant des actualités. Frank Smith s’inspire dans ce travail des cinétracts réalisés durant les événements de mai 1968 par Chris Marker et Jean-Luc Godard.
« Je n’étais pas une personne, mais simplement une preuve de moi-même » : Elyria, 28 ans, est cette femme à laquelle tout réussit — elle a un mari, un travail que beaucoup envierait (scénariste), un appartement à Brooklyn — et qui soudain, « out of the blue » comme le disent si magnifiquement les Anglo-saxons, décide de larguer les amarres.
Cette série de Marc-Antoine Serra publiée dans Diacritik est composée de cinq photographies et d’une vidéo. La série a été réalisée d’après Walter Benjamin, Sur le Haschich, éditions Christian Bourgois, à Marseille, sur les lieux qui sont ceux qu’évoque Walter Benjamin.
Mes sept années parisiennes furent les plus décisives de ma vie. C’est ici, en effet, que je suis devenu écrivain, ici que j’ai découvert l’amour-passion dont parlaient tant les surréalistes et c’est ici que je fus plus heureux, ou moins malheureux, que nulle part ailleurs.
Le quotidien britannique The Guardian s’est amusé — si, si on s’amuse aussi au Guardian — à établir un classement des dix pires personnages de la littérature que, généralement, on adore (Top 10 hateful characters you love in literature). En d’autres termes, ceux et celles que l’on aime détester. La hiérarchisation a été faite dans l’ordre chronologique et non pas sur la base d’autres critères, qu’il aurait sans doute été difficile de justifier ou d’expliquer.
je regarde l’heure sur mon téléphone, 4h11, c’est l’heure des phrases fantômes
c’est une bonne nuit
M.E.L., un acronyme qui résume et définit la nouvelle aventure de Michel-Édouard Leclerc, PDG de l’enseigne de grande distribution qui porte son nom. Entretien avec le bédéphile, collectionneur et promoteur des arts qui refuse le terme de mécène et se définit comme un « militant, passionné et engagé auprès des artistes ».
Elles en chambre, de Juliette Mézenc, interroge les conditions, les processus et les finalités de l’écriture. Mais il ne s’agit pas d’un essai, puisque le livre se situe dans une sorte d’espace nomade et multiple où la réflexion, la rêverie, la fiction, la poésie se rencontrent pour créer un livre et un discours atypiques qui déplacent et débordent les frontières, les limites des êtres, des genres, des langages.
Gilles Bonnet initie, aux éditions Classiques Garnier, une collection remarquable, centrée sur les « Écrivains francophones d’aujourd’hui ». L’objectif est de constituer une forme de « bibliothèque critique de référence ». Les trois premières monographies viennent de paraître, consacrées à Nathalie Quintane, Valère Novarina et Jean-Claude Pirotte. Présentation, accompagnée d’un entretien avec Gilles Bonnet.
Renaud Monfourny expose à la Maison Européenne de la photographie et l’on retrouve 131 de ses portraits dans Sui Generis, livre publié chez Inculte/Dernière marge. Entrée dans un univers immédiatement identifiable, ou la scène culturelle par l’intime.
Ainsi David Lodge serait Né au bon moment (Quite A Good Time to Be Born), premier volume de mémoires (1935-1975) qui vient de paraître chez Rivages.
Deux ans après le « coup de sang », Enki Bilal revient sur ses trois derniers albums formant un cycle littéraire et graphique placé sous le signe des éléments : Animal’z, Julia et Roem, La couleur de l’air. L’eau, la terre, l’air. Sur une planète de cendres et de sang. Entretien vidéo.