Les multiples vies de Benoît Virot (4) : des livres et encore des livres

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Pour ce dernier volet, Benoît Virot en quelques livres récents, des textes mais aussi des objets magnifiques, pensés comme des labyrinthes (dont la clé est donnée au lecteur). Et la révélation du (ou des) livre(s) dont il aurait aimé être l’éditeur.

Dictionnaire Khazar

Capture d’écran 2015-12-13 à 11.16.40Le dictionnaire Khazar est un hyperlivre. Ce sont trois points de vue, celui d’un rabbin, d’un derviche et d’un prêtre, sur l’histoire d’un peuple nomade et guerrier, mais aussi chasseur de rêves, les Khazars. D’abord fixé entre la mer Noire et la mer Caspienne, le peuple est dispersé, il disparaît après que leur « kaghan » a promis de se convertir à la religion du sage qui aura le mieux interprété l’un de ses songes.

Le Borges serbe, Milorad Pavić, publie ce dictionnaire en 1984, en Yougoslavie. Son livre est tout à la fois un lexique et une archive, un dictionnaire et une bibliothèque, un recueil de contes, légendes et histoires et un traité mystique, à la croisée de tous les genres connus du récit et du discours, s’en imprégnant pour mieux les dépasser. C’est une œuvre folle, un labyrinthe à arpenter pour mieux se perdre donc se retrouver.

Capture d’écran 2015-12-13 à 11.16.27Un livre que Benoît Virot a conçu comme un objet, de la tranche du livre à ses pages intérieures, un ample travail graphique non pour le plaisir un peu vain du « beau livre » mais parce que chaque parti-pris de mise en page est déjà un commentaire du texte. Il est accompagné, en librairie, d’un petit fascicule (offert), le Lexique des lecteurs du dictionnaire khazar, quatorze profils possibles — l’aventurier, le bibliomane, le consommateur d’histoires de vampires, le criminologue, l’historien, l’interprète des rêves, le lecteur heureux, le lecteur impatient, le lecteur philosophe, le lecteur qui s’en remet aux listes de best-sellers, le maniaque de littérature, le philologue, le spécialiste des jeux de l’esprit et le syndicaliste du déchiffrage.
Nul doute que vous serez successivement ces quatorze types de lecteurs avant d’inventer votre propre profil. Le Dictionnaire Khazar est de ces livres à offrir comme on fait don d’un monde ou à s’offrir parce que l’on sait que longtemps il nous accompagnera, qu’on le reprendra, y découvrant de nouveaux chemins, une nouvelle histoire.

Le voici présenté par Benoît Virot :


Milorad Pavić, Le Dictionnaire Khazar, traduit du serbe par Maria Bejanovska, Le Nouvel Attila, 288 p., 24 €

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Josha Cohen

De Joshua Cohen, Benoît Virot a publié, en 2014, Le Paradis des autres, dans une traduction d’Annie-France Mistral. Un auteur qu’il invite à écouter en lecture, parce que la littérature est aussi un son, un retour à ses racines, la poésie.

Ici, nous avions annoncé sa dernière expérience : écrire un roman en temps réel sur Internet

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2016

 

 

A la rentrée 2016 du Nouvel Attila, deux livres, l’un signé Hervé Bouchard, Mailloux, dans la « Collection Incipit » (14 janvier 2016) et La Grande Eau de Živko Čingo, traduit du macédonien par Maria Bejanovska (4 février 2016), avant la parution en mars de La Mer gelée, revue franco-allemande dont Alban Lefranc est le rédacteur en chef.

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Q
uel livre aurais-tu adoré pouvoir publier ?

 

 

Les trois premières parties de ce grand entretien avec Benoît Virot sont ici :

Les vies multiples de Benoît Virot, 1. D’une revue à l’édition

— 2/ Benoît Virot, « chasseur de textes »

— 3/ Un 2015 attilesque