À mi-parcours, petit état des lieux de la troisième saison de The White Lotus, série phénomène arrivée sur les écrans de HBO en 2021. Hypnotique et dérangeante, la création de Mike White bouleverse bon nombre de codes et de spectateurs par son traitement frontal des névroses et des affects d’une poignée de privilégiés venus se ressourcer dans un complexe hôtelier où tout n’est pas que luxe, calme et volupté.
série télé
Le propre de la fiction est-il de pointer les peurs, à défaut de les exorciser ? Ou, dit autrement, une série télé dystopique peut-elle se contenter d’être un témoin de son époque ou se faire l’extension du réel ?
En 1857, dans l’Utah, une femme et son fils sont en quête d’un guide pour les conduire en Californie à travers des contrées hostiles. Sur le quai d’une gare-terminus (les rails vers l’ouest s’arrêtent quelques mètres plus loin), Sarah et Devin s’impatientent de ne pouvoir continuer leur chemin vers l’Ouest, dans une urgence qui sonne comme une fuite.
Présentée comme la réponse à Emily in Paris qui rencontrerait Succession, La Maison est une tentative de se réapproprier l’univers parisien de la mode subissant les clichés netflixiens. Diffusée sur Apple TV+, La Maison jette Lambert Wilson, Amira Casar, Carole Bouquet et Pierre Deladonchamps dans le taffetas et le spectateur dans l’embarras devant le spectacle navrant de cette fashion weak.
La nouvelle création originale Canal Plus est assurément ambitieuse, que ce soit dans sa réalisation, son propos et son casting international. Thriller politique à la française avec néanmoins nombre de ressorts déjà vus outre-Manche et outre-Atlantique, Paris Has Fallen embarque le spectateur dans les arcanes du pouvoir, de l’Élysée à l’ambassade du Royaume-Uni et l’Hôtel de Brienne en passant par l’Afghanistan et les toits de la capitale.
Je serais le cinéma français, je me questionnerais jusqu’au bout de la nuit, voire au bout de l’année. Il a fallu une série qui se donnait à l’origine comme une bluette présentée comme douce-amère et au ton décalé, avec ce titre en franglais un peu absurde pour que Judith Godrèche devienne une porte-parole(s), qu’elle verbalise le drame qu’elle a vécu en tant qu’enfant (parce qu’à 14 ans on est encore une enfant), en tant que femme, en tant qu’actrice.
Alors qu’on avait laissé les 7 en pleine crise, leur réputation mise à mal avec la découverte d’une nazie bitch dans leurs rangs et les exactions de leur leader toujours plus psychopathe, les créateurs de The Boys auraient voulu faire oublier une deuxième saison un peu molle du super genou qu’ils ne s’y seraient pas pris autrement.
À moins d’avoir passé ces dernières semaines dans un ashram coupé du monde pour vous extraire des contingences matérielles ou échapper aux sondages politico-médiatiques qui donnent aux cuistres une importance suspecte, vous avez assurément assisté à la déferlante Squid Game. Dans le cas contraire, retour sur la série du moment de la plateforme tentaculaire.
Après le méditatif Mandalorian et le référentiel WandaVision, Disney+ diffuse depuis le 19 mars une nouvelle production Marvel qui opère un retour aux fondamentaux, entre action et buddy-movie : The Falcon & The Winter Soldier. Un come-back qui emprunte ses personnages aux films et sa trame aux thématiques qui ont construit le MCU et donne le(s) premier(s) rôle(s) aux sidekicks historiques de Steve Rogers, alias Captain America.
Avec Gangs of London, Gareth Evans revisite la série de mafia en injectant un cocktail d’adrénaline et d’hémoglobine qui emprunte aux films d’action américain et asiatique (Die Hard, la saga Jason Bourne, le cinéma de John Woo ou de Takeshi Kitano). Des toits de Londres à la campagne galloise en passant par les faubourgs respectables où s’épanouissent les familles mafieuses, Gangs of London renvoie à Snatch ou à Peaky Blinders et esthétise l’ultra-violence jusqu’à la fascination coupable.
La Belle Époque : une période de paix, de gaieté, d’insouciance et de prospérité… En 1899, la presse est libre, la deuxième révolution industrielle est en marche, le monde intellectuel et la création artistique sont en effervescence… le capitaine Dreyfus attend d’être jugé en appel et L’Antijuif paraît chaque semaine. Avec Paris Police 1900, Fabien Nury livre une fiction policière au réalisme cru jusqu’à la violence extrême, traversée de thèmes très actuels : la condition des femmes, l’antisémitisme, la peur du lendemain.
Un train de mille et un wagons qui ne s’arrête jamais, roulant tout autour du monde dans un hiver éternel. Après un cataclysme planétaire (causé par l’homme), des survivants choisis et une poignée de « resquilleurs » ont embarqué à bord d’un convoi géant, unique lieu de vie sur une planète dévastée, dernier bastion de la civilisation : le Transperceneige (en BD), le Snowpiercer (sur les écrans).
En quelques mots, Pennyworth, c’est la jeunesse d’Alfred, futur majordome de Bruce Wayne et serviteur dévoué des Batman et Robin des livres et des films. En quelques notes d’un générique inspiré, Pennyworth est un prequel très graphique qui dépasse largement le seul univers de DC Comics et renvoie à l’âge d’or de la série télévisée britannique.
Histoire vraie : le critique s’était promis de se désabonner d’Amazon Prime pour des raisons éthiques. Las, le Coronavirus est passé par là et, contraint forcé, on s’est résolu à revenir tuer le temps sur la plateforme de vidéo à la demande de Jeff Bezos. Avec en ligne de mire, Treadstone – Le Secret dans la peau, inspirée des livres de Robert Ludlum et déclinaison télévisée de la série des Jason Bourne sur grand écran. Séance d’attrapage (ou pas), saison 2, épisode 4.
La sortie de la minisérie signé Bill Gallagher date un peu (2016) mais le désœuvrement et la profusion netflixienne aidant, on a avalé Paranoid comme on aurait regardé un épisode de l’Inspecteur Barnaby ou Grantschester un soir de disette télévisuelle. Bilan de ce visionnage marathon par défaut : la capacité des séries anglaises à renouveler ses intrigues à partir de rien(s) n’a d’égale que son charme et son classicisme so british.