Un oratorio est une forme dramatico-musicale inventée au XVIIe siècle, exactement en même temps que l’opéra, comme une histoire sacrée, en général allégorique, destinée à servir de support à la méditation religieuse. Recevant progressivement un développement musical et poétique, l’oratorio ressemble de plus en plus aux représentations profanes contemporaines dont il a la même structure, à la réserve qu’il ne reçoit ni décorations, ni costumes. Aujourd’hui, les maisons d’opéra à l’affût de belles partitions aiment à s’emparer de ces œuvres pour en proposer de véritables représentations scéniques. C’est le cas ici, à l’Opéra national de Paris.

Carmen (Stéphanie d’Oustrac) et Don José (Michael Fabiano)

On pourra dire à présent « la Carmen d’Aix-en-Provence », mais c’est bien celle de Bizet que nous a rendue le metteur en scène russe Dmitri Tcherniakov secondé par le chef Pablo Heras-Casado, le somptueux Orchestre de Paris, et des chanteurs exaltés, sortis essorés et heureux d’avoir eu à défendre cette proposition.
Il nous la rend parce que, dit-il, il n’y croyait pas.

Trompe-la-Mort © Kurt van der Elst/Opéra National de Paris

Avec cette création mondiale à l’Opéra de Paris, Luca Francesconi perpétue le héros balzacien dans un univers contemporain : en faisant de Vautrin un personnage dont l’esprit maléfique fait songer à Méphistophélès et la puissance quasi divine à Wotan, Luca Francesconi a transformé les personnages de Balzac en véritables héros. L’homme qui sert de pivot à cette pièce contraint par ricochet tous les protagonistes à se situer au même niveau, celui de la dévastation.

Les 26, 27 et 28 novembre derniers, ont eu lieu aux Bouffes du Nord trois après-midis de rencontre avec Peter Brook et ses collaborateurs, qui proposaient de redécouvrir avec le public les secrets de ce qu’ont vécu les murs de ce théâtre – qui a été le sien pendant quarante ans et où se jouait alors son spectacle, The Valley of Astonishment.

Anne Teresa De Keersmaeker n’est pas du genre à faire des cadeaux. Surtout lorsqu’il s’agit de favoriser la compréhension d’une œuvre. En proposant à l’Opéra de Paris un Così fan tutte dépouillé, dépourvu de décors et d’illustration, elle n’a pas facilité l’adhésion à ce vaudeville mozartien. A l’heure des réseaux sociaux, dire ou affirmer quelque chose n’est guère envisageable si l’on veut être entendu. De Keersmaeker ne propose pas non plus un de ces tourbillons qui aurait tout emporté sur son passage, dont elle s’est fait la spécialité.

Une faiblesse de Carlotta Delmont

« Quoi de plus romanesque qu’une diva sur un paquebot ? » : c’est par cette parenthèse discrète, sous une photographie de Geraldine Farrar, que Fanny Chiarello avait annoncé sur son site, la parution de son roman Une faiblesse de Carlotta Delmont. Quoi de plus romanesque en effet que la trajectoire brisée de Carlotta Delmont, diva des années folles qui se rêvait Mimi de Montparnasse ? Que la vie d’une femme qui aspira à ne jamais se laisser enfermer dans un carcan, coupant ses cheveux, refusant tout engagement, sinon scénique, forçant sa nature pour changer de tessiture ?

Après avoir rouvert définitivement l’exposition de la BNF Les écritures de Roland Barthes, Diacritik vous propose une visite virtuelle de Patrice Chéreau, un musée imaginaire, qui a fermé ses portes le 18 octobre 2015. Nous voici dans les salles de la Collection Lambert, en Avignon, le week-end même de la fermeture.

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Un homme pressé, et sans doute blessé. Pour qui nous avons pris le train. L’homme de Phèdre, des Paravents, d’Hamlet, de La Dispute, d’Intimité. Qui révéla Koltès au grand public. Un homme en recherche, questionnant, curieux, ouvert sur les arts, tous les arts, qui dit s’être construit des autres, de ses rencontres* : « apprendre ce que je ne sais pas, d’une certaine façon à devenir la personne que je ne suis pas encore ». Cet homme rare s’appelait Patrice Chéreau.