On a cru que le ministère de l’Identité Nationale avait disparu corps et bien avec Nicolas Sarkozy. C’était assurément un tort. Car, à la surprise générale, il vient de donner de ses tristes nouvelles, il y a à peine quelques jours, par la voix d’un consternant et dangereux appel à contributions émanant de la revue Fixxion, organe universitaire jusque-là sérieux et respectable, intégralement dévolu à l’étude de la littérature française depuis 1980.

En prélude au 27e Salon de la Revue qui se tiendra le 11 et 12 novembre, Diacritik, partenaire de l’événement, est allé à la rencontre de jeunes revues qui y seront présentes et qui, aussi vives que puissantes, renouvellent en profondeur le paysage littéraire. Aujourd’hui, entretien avec Anna Guillo pour sa stimulante revue précisément d’entretiens : Tête-à-tête.

Loin d’être une caricature mal nourrie surfant sur la vague d’une actualité récente, Le Journal du Off des journalistes Frédéric Gerschel et Renaud Saint-Cricq et du dessinateur James est bien au contraire une chronique graphique éclairée du monde politique français, « dans les coulisses d’une campagne présidentielle folle » comme le suggère le sous-titre de ce récit glaçant de réalisme. Et si Le Journal du Off est une oeuvre de fiction (tout en révélant des anecdotes et des conversations bien réelles), tout dans cette histoire est vrai, puisque c’est éventé.

Il suffit d’être un peu attentif pour entendre le nom de Camus dans la bouche de tout un chacun, comme si évoquer son nom ou une de ses phrases – prise au hasard dans un site de citations ou de vagues souvenirs scolaires –, conférait un label de crédibilité. Les hommes politiques, quelle que soit leur couleur, en sont friands et il est évident que je n’ai ni l’intention ni la possibilité de tout recenser mais plutôt de pointer un phénomène qui, selon son humeur du jour, irrite ou fait sourire, et en tout état de cause, plonge le nom de Camus dans le « politiquement correct ».

Capture d’écran TF1.fr

La séquence est courte, quelques minutes à peine au cœur d’une émission qui dure 1h30, coupures publicitaires comprises. Cette émission, c’est Quotidien sur TMC, le seul show d’infotainment à la française digne de ce nom dans le paysage audiovisuel hexagonal. Cette séquence, visible sur le site de la chaîne, est un décryptage en règle du discours et de la méthode Marine Le Pen.

Ça n’a échappé à personne, les récentes révélations d’un journal satirique dont la philosophie n’a pas varié d’un bec depuis sa création en 1915, ont fait resurgir des comportements d’un autre temps, d’un autre siècle, quand des journalistes avaient eu à cœur de créer un « espace de liberté » pour « rompre délibérément avec toutes les traditions journalistiques établies » malgré « la menace du ciseau des censeurs ». Le nom de cette gazette tandis que reviennent les imprécations et les invitations au silence ? Le Canard Enchaîné.

François Fillon
François Fillon

Dernier acte de la primaire de la droite et du centre au terme d’une séquence qui n’a pas fait grandir la vie politique française, loin s’en faut. Nous republions la tribune de Johan Faerber écrite au lendemain du premier tour.

De quels actes sommes-nous les hommes ? Que signifie voter, dimanche dernier et ce dimanche qui vient, quand on est de gauche, quand on se dit de gauche, quand le nom de Gauche répond des gestes de chacun aux primaires de Droite ?

Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy

Ce que vous ignorez, cher Nicolas Sarkozy, en multipliant les déclarations sur les enseignants qui – vous le dites pour le démentir aussitôt – « font le métier le plus difficile », c’est qu’un professeur d’histoire, un professeur de littérature n’ont pas étudié des œuvres critiques pour échapper au service que ces disciplines ont exigé. Un professeur de philosophie ne rêve pas de s’évader du choix qui fut le sien lorsqu’il est entré, jeune, dans l’étude des œuvres. Cela n’aurait aucun sens, pas plus que le menuisier ne fuit le bois (même si on peut vous concéder que ces métiers se font rares en France depuis que le libéralisme dont vous avez la charge vandalise toute chose). Le but d’un métier si difficile ne pouvait donc pas consister à se passer enfin de tout travail, de manière infantile, dans une vision primaire, celle des cahiers jetés au feu après l’obtention d’un concours redoutable.

Le marketing et les teasers estivaux ont fonctionné à plein régime et à merveille, dès le matin, la toile s’était largement fait l’écho du retour à l’antenne de Yann Barthès et de son « nouveau » programme sur TMC/TF1 sobrement intitulé Quotidien. Au point d’être toujours en tête des sujets tendances de Twitter vers 21 h 00 le lundi 12 septembre 2016.

reseaux-sociaux_2016

La pratique du réseautage social est riche d’enseignements (parfois jusqu’à la lie) et l’importance prise par les Facebook, Twitter, Instagram et autres Snapchat, Linkedin et plus récemment Litsy dans la vie de tous les jours n’est plus à démontrer. Mais ces derniers temps, avec la montée en puissance de la compétition entre les majors et l’émergence de nouveaux médiums… les réseaux sociaux vivent une mutation sournoise peu exempte de reproches.