Connu dans les milieux algérois dès la publication de son premier recueil, Argo (1983) puis le roman Baya en 1988 (réédité en novembre 2018 aux éditions Bleu Autour), Aziz Chouaki est certainement l’écrivain algérien le plus inclassable. Sa pièce la plus récente, Nénesse (2017, éd. Les Cygnes), brocarde âprement homophobie, racisme et antisémitisme, farce tragique de notre monde contemporain. Il a aussi écrit deux pièces qui touchent à des actualités brûlantes : les migrants et les soldats coloniaux de la Grande Guerre.

« Ce sont des mots, des images. Un afflux d’images.  Ce mot d’abord. Afflux. Flux humains, flux financiers, flux migratoires. Flux comme fleuve, fluvial, to flow, avoir un bon flow. Flux, ce mot avec un x. »
C’est ainsi que Marina Skalova commence l’exploration du terme figurant dans le titre de son livre court et dense, paru au Seuil en avril 2018.

L’une des signatures de Diacritik est sans doute la place accordée aux grands entretiens : qu’ils soient écrits ou filmés, ils laissent se déployer la parole des auteurs et créateurs, sans aucune contrainte d’espace ou de temps. L’été peut être l’occasion de (re)découvrir ces interviews. Aujourd’hui Nathalie Quintane s’entretenant avec Emmanuèle Jawad, en avril 2018, autour d’Un œil en moins, livre qui se présente comme une chronique politique croisant Nuit debout, la « jungle » de Calais, Notre-Dame des Landes, et d’autres mouvements au Brésil ou en Allemagne.