Youssef X. : « Dès qu’on veut attaquer les étrangers, on commence à le faire par le moyen des sans-papiers » (Entretien)

© Jean-Philippe Cazier

Les sans-papiers, contrairement aux représentations fortement véhiculées actuellement par les discours politiques et médiatiques, ne sont évidemment pas réductibles à une réalité statistique, à une abstraction fantasmée, à une masse anonyme. Les sans-papiers sont des individus, ce sont des parcours de vie singuliers. Ils et elles sont porteurs de luttes politiques, sociales : des luttes pour survivre, des luttes pour des vies dignes. Militant au sein de collectifs de sans-papiers, Youssef parle ici de ses engagements, des objectifs sociaux et politiques de ces collectifs, de son itinéraire subjectif. Rencontre et entretien.

Est-ce que tu te définirais comme militant ?

C’est une question importante. Pour me définir ainsi, il faudrait que j’aie déjà tout un parcours de militant. J’ai été poussé, forcé à militer. Ce que je fais maintenant, je le fais pour une cause qui me tient à cœur, pour laquelle je suis concerné. Je me suis retrouvé à militer comme une sorte de résistance, pour changer la réalité.

Avant d’être en France, tu n’avais pas d’activités militantes ?

Mon père m’a toujours dit que pour être un bon politicien, il faut être un bon menteur. Depuis mon enfance, je ne me suis jamais approché de la politique. Dans mon pays natal, d’après mon expérience, c’est pourri : il y a plein de mensonges, de détournements d’idées du peuple. J’étais déçu dès le départ. De plus, pour militer dans le pays d’où je viens, il faut laisser beaucoup de choses derrière soi… C’est un peu risqué. Dans la société où j’ai grandi, on cherche la simplicité : si on a de quoi manger, dormir, un petit boulot, on dit merci à Dieu et on ne cherche pas plus loin.

Quand je me suis retrouvé ici, en France, sans papiers, j’ai découvert des choses que je n’avais jamais connues dans ma vie : être seul, vulnérable, faible, ignorant, puisqu’en arrivant je ne connaissais pas les lois. J’avais une idée assez simple de la France comme terre d’accueil. Je pensais en arrivant trouver rapidement un boulot. Je me suis retrouvé avec une vérité tout à fait inverse, l’inverse de l’idée que j’avais en tête.

C’est donc avec ta situation en France que tu es devenu militant. Quand tu disais que militer, c’est résister, il s’agissait d’abord pour toi de résister à cette situation qui t’était imposée ?

Exactement. Ça m’a ouvert une porte pour me soulager, pour m’exprimer, pour me détendre aussi puisqu’avant de militer, j’étais stressé, j’avais toujours une boule au ventre.

Quel élément de la situation qui était la tienne a déclenché le passage au militantisme ?

Au début, je me suis installé en région parisienne, puis ailleurs, dans une toute petite commune. Il n’y avait pas beaucoup d’habitants, pas d’étrangers, que des français. C’est là que j’ai senti les difficultés du fait d’être en France. Beaucoup détestaient les étrangers, certains me l’ont dit. On aurait dit qu’ils étaient tous des Zemmour. Là où ma souffrance a vraiment commencé, c’est lorsque j’ai travaillé dans un restaurant. Je travaillais donc dans ce restaurant, j’habitais dans la commune. Le maire, le policier du coin savaient que j’étais sans papiers. Je subissais pourtant des maltraitances, des insultes, mais je ne pouvais pas répondre, je ne pouvais même pas regarder les gens qui me faisaient ça. C’est là que je me suis dit : mais qu’est-ce que je fous de ma vie, pourquoi je suis là ? J’ai commencé à me poser ces questions. Je me suis dit que ça, peut-être, ce n’est pas la France, ce n’est pas la vraie France.

J’ai alors commencé à suivre les réseaux sociaux pour voir s’il y avait des mouvements de collectifs de sans-papiers. J’ai aussi commencé à apprendre les lois, même si elles sont contradictoires. Tout le monde le sait, il y a des lois contradictoires : pour être régularisé, on demande un logement et un travail, mais la loi interdit de loger un sans-papiers ou de le faire travailler. C’est un labyrinthe dans lequel j’ai essayé, tout seul, de trouver une sortie. La sortie que j’ai trouvée, c’est de trouver un travail déclaré et de chercher comment être régularisé en franchissant tous les obstacles qui existent.

Un jour, j’ai appris qu’était organisée une grande manifestation de sans-papiers et j’y ai participé. J’y ai vu un autre monde, j’ai découvert un autre monde, ici, en France, un monde de solidarité, un monde de gens qui ne jugent pas l’autre du fait de sa couleur ou de son accent. C’est à la suite de ça que j’ai décidé de m’engager. Ça m’a soulagé et ça m’a redonné ma dignité. Lorsque je me suis engagé avec le collectif CSP75, ça a été comme une renaissance. Ma première vraie action a été la marche Marseille-Paris, en septembre 2020. Auparavant, je participais à des manifs mais cette marche a été ma première vraie action de militantisme. On a franchi beaucoup de villes, beaucoup de villages, en rencontrant beaucoup de soutiens. On était accueillis, soutenus, y compris par des maires, par des politiciens, des militants, des citoyens. Ça a été très chaleureux et ça a vraiment changé mon point de vue, je me suis dit : la France, c’est pas un pays de racistes, c’est un pays comme celui qu’ils nous ont enseigné quand j’étais petit, même s’il y a une vague de fachos, de racistes qui essaient de se mettre en avant, de diriger. Depuis cette époque, j’essaie de militer comme je peux.

© Jean-Philippe Cazier

Tu évoquais le travail, et plus généralement les conditions matérielles des sans-papiers : comment fait-on pour trouver un travail quand on est sans-papiers en France ?

Quand on arrive en France, on ignore plein de choses. Au début, j’avais un visa, je suis arrivé avec un visa et je pouvais donc me déplacer en toute légalité. C’est lorsque mon visa a expiré que ma vie a changé : je ne pouvais pas conduire, je ne pouvais pas me déplacer le soir, et même durant la journée, j’étais toujours en panique. Je n’ai jamais fraudé dans le métro, je n’ai jamais rien fait qui aurait pu attirer l’attention sur moi, malgré les moyens modestes que j’ai, j’essaie de bien m’habiller, de me raser la barbe, d’être présentable pour ne pas attirer l’attention…

Pour répondre à ta question : pour trouver un travail, il faut se contenter de n’importe quoi. Ça veut dire que gagner 700 ou 800 euros par mois, ça me suffisait. Au début, j’ai travaillé au noir, en faisant la plonge. J’avais jamais pensé que dans ma vie je ferai la plonge, mais je l’ai fait. Ensuite, avec le temps, j’ai rencontré des personnes, des gens, des maghrébins, des français qui m’ont donné d’autres idées de quoi faire.

Est-ce que dans les mouvements de sans-papiers dans lesquels tu t’es engagé, il y a des formes de solidarité qui concernent ces aspects matériels de l’existence ?

Nous sommes une des communautés les plus pauvres, peut-être la plus pauvre de France. Mais, déjà, un soutien moral est très important. Pour moi, si quelqu’un m’apporte un soutien moral, ça a plus de valeur qu’un soutien matériel, économique : l’argent va être gaspillé, mais le soutien moral, ça reste. Mais il y a aussi de l’entraide, par exemple pour les dossiers, pour la constitution des dossiers. On peut remplir des fiches individuelles pour les envoyer à la préfecture. On peut aussi orienter les camarades pour l’aide médicale, on leur explique les lois, les circulaires pour être régularisé. On essaie de les encadrer, d’être à côté d’eux s’ils perdent un membre de leur famille, on peut faire une cagnotte entre nous pour soutenir les gens. Malgré les modestes moyens qu’on a, on essaie de faire ce qu’on peut. Ça reste peu, mais c’est quand même quelque chose.

Est-ce que vous avez des aides, par exemple financières, d’associations, d’institutions ? J’imagine que non mais je pose quand même la question.

D’après ce que je sais, il n’y a rien… De temps en temps, on organise une vente de t-shirts, on vend un petit journal que l’on fait et que l’on vend pour quelques centimes. On n’a vraiment pas grand-chose…

Pour vos actions, pour la diffusion de vos revendications, est-ce que vous avez le soutien de politiques, de partis politiques ? Ou d’associations, de syndicats ?

Tout d’abord, je ne peux pas parler du collectif, de celui dans lequel je milite, sans parler des anciens, de ceux qui ont créé le collectif et qui ont réussi à maintenir cette lutte depuis quasiment 20 ans. A leur tête, il y a notre coordinateur, Anzoumane Sissoko. C’est quelqu’un qui a une carrière très longue et très intéressante envers la cause des sans-papiers. Il est devenu élu à la mairie du 18e et il est avec le parti EELV. Sur ce cas, on peut dire que les écolos nous soutiennent. Il n’y a pas d’autres partis politiques ou d’autres politiciens qui nous soutiennent de manière directe, sauf dans le cadre de la Marche des solidarités où on a le soutien de Ensemble, des écolos, de la France insoumise, mais ça c’est uniquement dans le cadre de cette campagne précise.

Comment tu expliques qu’il n’y ait pas d’engagement de la part des politiques sur la question des sans-papiers ?

Il y a un engagement mais ça dépend des événements… Par exemple à Montpellier, lorsqu’on a organisé le contre-sommet Afrique-France, on a pu le faire grâce à la présence et à l’engagement d’une députée de la France insoumise qui s’est déplacée, qui est venue devant la préfecture, qui a tout fait pour que nos camarades soient libérés.

Il y a des soutiens mais ponctuels… Comment tu expliquerais qu’il n’y a pas de soutien sur le long terme ? Que la situation des sans-papiers et sa résolution ne sont pas des thèmes à part entière, revendiqués à égalité avec les autres thèmes ?

La cause des sans-papiers est devenue un sujet politique manipulable, celui qui possède ce thème en main a un joker. C’est devenu un sujet sensible : dès qu’on veut attaquer les étrangers, on commence à le faire par le moyen des sans-papiers. Ça, c’est de la politique, et je ne suis pas un politicien, je n’ai pas la capacité de comprendre comment ça marche chez les politiciens, pourquoi il y a cette manipulation… Il y a aussi le cas des associations ou des syndicats qui ont à peu près les mêmes revendications que nous mais on ne les voit jamais sur le terrain. Je n’arrive pas à comprendre quel est leur but ou pourquoi ils militent…

Si on revient à l’action militante et à ce que tu fais : tu fais partie de l’association « La marche des solidarités » qui regroupe un ensemble de collectifs de sans-papiers. De quoi s’agit-il ?

Ce n’est même pas une association, c’est un regroupement de luttes. La première revendication de la Marche des solidarités, c’est la régularisation. Après, s’ajoutent d’autres questions qui sont liées à la situation des sans-papiers, c’est-à-dire le racisme, l’islamophobie, l’antitsiganisme, l’homophobie, etc. Tout ce qui est « phobie » et qui gangrène la société concerne aussi les sans-papiers. C’est pour ça que la Marche des solidarités regroupe tout un ensemble d’associations, de collectifs, pour essayer de trouver un chemin commun ensemble. Nous avons les mêmes revendications même si chacun a sa façon de s’exprimer, a sa façon de les orienter.

© Jean-Philippe Cazier

Actuellement, vous organisez une campagne antiraciste. Quand tu dis que le racisme concerne les sans-papiers, en quoi est-ce que, selon toi, le racisme peut expliquer le sort qui est fait aux sans-papiers ?

Le racisme ne concerne pas que le racisme relatif à la couleur. Nous, on essaie de généraliser ce mot. Quand il s’agit d’une intimidation ou d’une répression de l’Etat contre les étrangers par le moyen de la loi ou de maltraitances, de violences policières, ça rentre dans le cadre du racisme. Dans les sans-papiers, il y a beaucoup de communautés africaines qui subissent le racisme lié à la couleur. Il y a des communautés musulmanes qui subissent l’islamophobie. Tous ces gens sont une proie facile pour l’autorité. Les sans-papiers, si l’on peut dire, nous subissons la totale. Je suis africain, je suis arabe, je suis musulman, je suis sans-papiers : je réunis tous les critères pour être attaqué par les racistes, et c’est le cas de tous les camarades. On a donc regroupé toutes ces luttes sous le drapeau d’une seule campagne.

Tu évoques la violence, par exemple, de la police, des institutions en général : quelle forme prend cette violence à l’égard des sans-papiers ?

Cette violence existe déjà sur les routes migratoires. On n’a pas choisi comme ça, pour rien, de venir en France, c’est pas comme ça que ça se passe. Les gens ont des raisons pour changer de pays, des raisons économiques, des raisons politiques, des raisons écologiques. Mais les accords bilatéraux entre la France et les autres pays ne servent que l’intérêt de la France. Quand j’ai voulu quitter mon pays, je n’ai pas trouvé les portes ouvertes pour quitter mon pays, j’ai dû passer par tout un circuit, en gaspillant de l’argent, afin d’obtenir un visa. Pour nous, le visa c’est la porte du paradis – ce qui correspond aussi à une forme de propagande que la France maintient jusqu’à aujourd’hui dans les pays d’Afrique. On n’arrive pas à faire comprendre à nos camarades restés au pays que la France, ce n’est pas ce qu’ils croient, à l’arrivée on ne te donne pas un sac plein de billets, tu vois ? Ces accords signés avec nos dirigeants rendent les routes migratoires insupportables et mortelles. Il y a des gens qui meurent en Méditerranée, qui meurent dans le désert du Sahara, en Libye – et ceux qui viennent de Biélorussie, et ce qui se passe à Calais… Tout cela est inhumain. Il y a aussi les décès des sans-papiers sur le territoire français et dont personne ne parle. Keïta, l’an dernier, est tombé d’un échafaudage à cause des conditions de travail : personne n’a parlé de lui. Il y a des suicides, il y a des crimes dans les CRA : personne n’en parle. On dirait que ce ne sont pas citoyens, que ce ne sont pas des humains qui meurent. Tout ça, ce sont des formes de violence. Quand un sans-papiers marche dans la rue, qu’il se fait contrôler par la police alors qu’il n’a rien fait, qu’il est enfermé dans un CRA, qu’il est expulsé, c’est aussi de la violence. La police chasse les plus vulnérables, les proies faciles…

Par rapport à cette situation intolérable, quelles sont les revendications des mouvements de sans-papiers ?

La première, c’est la régularisation. Les autres revendications passent par la régularisation. Quand on est régularisé, on peut trouver un travail déclaré, digne, on peut retrouver une vie digne – on peut trouver un logement, on peut être autonome. Une revendication importante concerne la fermeture des centres de rétention. Ces centres, c’est vraiment la honte. Ce ne sont pas des criminels, ce sont des êtres humains qui malheureusement n’ont pas le bon titre de séjour, qui n’ont pas les bons papiers. Pourquoi enfermer quelqu’un pour le simple fait qu’il n’a pas le bon papier ? C’est intolérable.

En dehors de l’enfermement, dans les CRA, qu’est-ce qui se passe ? On ne lit pas beaucoup de choses dans les journaux sur cette situation. Je sais qu’il y a de la violence physique, des privations de nourriture…

Lors de la marche Marseille-Paris, nous sommes passés devant le CRA de Lyon et nous nous sommes arrêtés devant. On a réussi à avoir un appel d’un camarade qui était enfermé dans ce centre de rétention. Il nous racontait qu’ils sont parfois obligés de prendre des médicaments pour être calmes, ils sont forcés de prendre ces calmants et ne plus bouger…

C’est ce qui se passe en général dans les prisons françaises, le même traitement inhumain des individus…

Oui, les CRA, ce sont des prisons : le mot change mais c’est la même chose…

© Jean-Philippe Cazier

Si je reviens à la Marche des solidarités, vous organisez des rassemblements, des manifestations, et en ce moment, comme on le disait, vous organisez depuis le 18 décembre une campagne antiraciste avec une série d’événements passés et à venir. Est-ce que tu peux évoquer ce qui va avoir lieu dans ce cadre ?

Avant cette campagne, on en avait mené une après le contre-sommet de Montpellier. C’était une campagne contre les IRTF et les OQTF : « interdiction de retour sur le territoire français » et « obligation de quitter le territoire français ». Peu après, à l’approche du 18 décembre, qui est la Journée internationale des migrants, nous avons eu l’idée de rassembler toutes les luttes qui s’organisent ici et là pour nous soutenir mutuellement. Il y aura des choses le 6 février, le 12 février où il y aura une action contre les fachos… Pour cette date, on voulait organiser quelque chose, mais notre habitude c’est de donner la main, à chaque fois, aux premiers activistes dans la lutte, donc on essaie d’organiser quelque chose avec les militants antifascistes. Pour le 6 février, il s’agit d’une journée contre les frontières militarisées, ce qui concerne directement les sans-papiers.

Est-ce que les actions dont tu parles, l’expression des revendications des sans-papiers – est-ce que tout cela a lieu aussi en lien avec d’autres organisations de sans-papiers ailleurs en Europe ?

Pour la France, nous sommes en lien avec tous les collectifs : Toulouse, Rennes, Montpellier, Grenoble, etc. Pour ce qui est de l’Europe, il y a des militants et Italie, en Espagne, ailleurs encore. Il y a des choses qui s’organisent mais ce n’est pas sur ces aspects-là que je travaille en particulier. Avec mon collectif, on travaille avec des camarades qui sont en Belgique, en Allemagne, en Italie, en Espagne. Existe aussi la Coalition internationale des sans-papiers : on essaie d’échanger des idées, des conseils…

Est-ce que vous essayez d’agir au niveau des institutions européennes ? Il y a, par exemple, la Cour européenne des droits de l’Homme…

On a déjà eu l’idée de faire ça, il nous reste à trouver les forces pour le faire. Par exemple, pour se déplacer massivement, il faudrait un budget, une logistique, et nous ne sommes pas assez forts pour faire ça de manière régulière. Et on n’a pas d’argent. Mais on fait d’autres choses, on organise des marches à travers la France : Calais, Nice, la frontière italienne, mais aussi la Tunisie, Bamako, Dakar… Dernièrement, j’ai été invité pour partir avec un collectif au fleuve Falémé qui sépare le Sénégal et le Mali. C’est un fleuve qui depuis des siècles donne vie à des villages, où des quantités de poissons peuvent être pêchés, qui permet l’agriculture. Mais maintenant le fleuve est pollué à cause de l’extraction de l’or réalisée par des entreprises chinoises. Notre collectif a organisé une action pour dénoncer cette situation. On devait donc aller sur place mais, comme je n’avais pas encore le récépissé, la préfecture ne m’a pas autorisé à partir avec les autres membres du collectif. Mais Sissoko, dont je te parlais, notre doyen, a pu se rendre sur place. Donc, oui, on essaie de faire des choses avec des gens hors de France ou d’organiser des actions en dehors de la France.

Pour toi, personnellement, en tant que sans-papiers en France, quelle a été la chose la plus difficile ?

Évidemment, ça dépend des personnes. Parfois, je pose la même question à mes camarades et les réponses varient : la précarité, l’échec dans les demandes de régularisation… Pour moi, en ce qui me concerne, c’est le regard des gens, c’est le mépris que j’ai subi durant des années, ici, en France. C’est le fait de se sentir inférieur aux autres.

Et la question inverse : qu’est-ce qui a été le plus porteur d’espoir ?

C’est cette mèche de la lutte des sans-papiers qui, je pense, ne s’éteindra pas. C’est ça qui m’a donné espoir.

Pour découvrir la campagne antiraciste organisée par la Marche des solidarités et suivre l’agenda des actions, le site est ici