Au fond d’un amour, il est toujours quelque rêve, nous apprend le narrateur, rattaché à une personne ou à plusieurs ou encore à une représentation.
Marcel Proust
Audacieux, inventif et splendide : tels sont les trois adjectifs qui viennent spontanément à l’esprit du public qui vient d’assister à la représentation du Côté de Guermantes de Marcel Proust adapté et mis en scène par Christophe Honoré. Une très grande réussite en effet qui se joue actuellement au théâtre de Marigny tant Christophe Honoré réussit un pari plus que délicat : celui non de simplement parvenir à mettre Proust en scène mais à faire de Proust une pièce maîtresse de son œuvre même.
Une bombe tombe dans le quartier alors que Marcel vient de sortir de la maison de passe de Jupien. La ville est plongée dans l’obscurité.
La présente séquence à la maison de passe de Jupien fait partie de ces scènes fantasmatiques comme il en est plus d’une dans la Recherche.
Tansonville encore. Gilberte y lit une nouvelle de Balzac, La Fille aux yeux d’or, récit d’une passion entre femmes. Avec l’intention, prétend-elle, de se porter à hauteur de la culture de ses oncles Guermantes. Suivra ce commentaire du roman : « “Mais c’est absurde, invraisemblable, un beau cauchemar. D’ailleurs, une femme peut, peut-être, être surveillée ainsi par une autre femme, jamais par un homme” ».
Comme Saint-Loup et Marcel se retrouvent à Tansonville, nous sommes gratifiés d’un ultime portrait de Robert, d’un Robert de plus en plus Guermantes via la sveltesse hautaine de sa mère.
Marcel vient de reprocher à Gilberte d’avoir omis l’épisode des Champs–Élysées dans la commune évocation de leurs souvenirs.
C’est en adultes et en amis que Marcel et Gilberte se retrouvent à Tansonville, qui fut le lieu de leur toute première rencontre.
Quand, dans le Faubourg ou tout au moins au sein du clan Guermantes, les affaires de couple et de mariage ne s’arrangent pas comme il sied, Mme de Marsantes se charge de raccommoder la porcelaine.
Maman et Marcel échangent les nouvelles que chacun a reçues par courrier.
Maman et Marcel sont dans le train du retour.
Neveu des Verdurin, Octave vient d’épouser Andrée qui naguère encore le traitait de « misérable ». Mais un autre fait a fasciné Marcel chez Octave :
Marcel a cessé d’aimer Albertine mais non de la connaître et de la comprendre.
Quant au désir et au plaisir qu’Albertine éprouvait pour d’autres femmes, Marcel, jaloux comme jamais, mène l’enquête cette fois :
Seconde enquête d’Aimé sur le passé d’Albertine, car Marcel n’est pas suffisamment édifié.