Diacritik fait une pause estivale. Avant de nous retrouver à la rentrée prochaine, nous relançons une campagne d’appel à la générosité des lectrices et lecteurs, amies et amis du journal qui auraient à cœur de soutenir un journal indépendant. Depuis bientôt dix ans, Diacritik publie quotidiennement des critiques culturelles (livres, cinéma, bande dessinée, peinture, expos, musique…), des tribunes et des partis pris, des inédits littéraires, des entretiens, des séries et reportages photographiques. Avec une spécificité revendiquée comme un manifeste : l’exigence critique en accès libre.

Diacritik fait une pause estivale. Avant de nous retrouver à la rentrée prochaine, nous relançons une campagne d’appel à la générosité des lectrices et lecteurs, amies et amis du journal qui auraient à cœur de soutenir un journal indépendant. Depuis bientôt dix ans, Diacritik publie quotidiennement des critiques culturelles (livres, cinéma, bande dessinée, peinture, expos, musique…), des tribunes et des partis pris, des inédits littéraires, des entretiens, des séries et reportages photographiques. Avec une spécificité revendiquée comme un manifeste : l’exigence critique en accès libre.

Mai 2017, la démocratie est malmenée par la politique politicienne. La démocratie, ce concept vieillot que l’on piétine allègrement depuis des mois et des années sans que personne ne trouve à y redire. La démocratie, ce bien commun que l’on devrait chérir et protéger plutôt que le maltraiter est aujourd’hui la première victime du débat public. Au premier rang des agresseurs : les mots. Ceux du Front National, de ses soutiens et de sa candidate présente au second tour de l’élection présidentielle.

D’après la légende, désireux d’acquérir une connaissance parfaite des poisons et de leurs antidotes, le roi Mithridate VI (132-63 av. J.C.) avait réussi à s’immuniser totalement contre leurs effets en ingérant régulièrement de petites doses tout au long de son existence. A tel point qu’au moment de se donner la mort, il se rendit à l’évidence et à pied à la caserne la plus proche afin de se faire embrocher par un de ses mercenaires pour pouvoir en finir. Moins d’une semaine après l’élection américaine, dressons un parallèle entre l’empoisonnement antique et le populisme contemporain qui a conduit successivement au Brexit et à l’accession de Donald Trump à la présidence des États-Unis.

Les bonnes surprises, c’est un peu comme un recommandé des impôts, ça vous tombe dessus au moment où vous vous y attendez le moins. Oubliez les maisons aux dragons et les anneaux de pouvoir, la rentrée série se lève à l’Est avec Tokyo Vice, mini-série immersive et noire signée Josef Wladyka, Hikari, Michael Mann (!) et Alan Poul. Adaptée du livre éponyme de Jake Adelstein, Tokyo Vice est filmé à hauteur de Gaijin, avec une précision et une âpreté qui vous happe dès les premières secondes. 

Joan Didion, autrice, scénariste, essayiste, journaliste (et phare du « new journalism », s’est éteinte hier à New York. Elle avait 87 ans. Son œuvre est une fresque de l’Amérique comme de sa propre vie, deux sujets en miroir, collectif et intime, intérieur et extérieur. Le 2 février prochain, les éditions Grasset publieront Pour tout vous dire (Let me tell you what I mean), dans une traduction de Pierre Demarty, un livre qui rassemble des chroniques publiées entre 1968 et 2000 comme les thèmes de prédilection de l’autrice (presse, politique, Californie, femmes) et s’offre comme un « pourquoi écrire ». Retour sur une œuvre majeure depuis le prisme du documentaire que lui consacra Griffin Dunne, en 2017 et d’une phrase en ouverture du White Album, cette phrase qui vaut ethos comme art poétique, « Nous nous racontons des histoires afin de vivre » (« we tell ourselves stories in order to live »).

Essentiel et incisif : tels sont les deux termes qui qualifient sans doute le mieux l’essai d’Olivier Villepreux, Journalisme qui vient de sortir chez Anamosa. Journaliste qui a longtemps travaillé à L’Equipe et à Libération, Villepreux offre ici, avec un recul critique remarquable, une riche réflexion sur la pratique journalistique à l’heure tragique de la multiplication des fake news, du macronisme comme boîte de com’ ou encore de l’éditorialisme. Il revient pour Diacritik, le temps d’un grand entretien, sur ces questions clefs, ainsi que sur la pratique d’immersion, et le houleux débat autour de la loi sécurité globale et son sinistre article 24.  

Dans un Paris jaune éclatant, Étienne Dardel couvre manifestations et soulèvements, il documente l’urgence et les dérapages policiers. Sous cette identité fictionnelle, on reconnaîtra facilement David Dufresne, auteur d’un roman (c’est le terme revendiqué par l’auteur) furieusement politique, Dernière sommation, qui sort aujourd’hui en poche chez Points, un récit qui articule les événements brûlants d’un quinquennat qui ne cesse de déraper.

Le procès des attentats de janvier 2015 a commencé le mercredi 2 septembre au Palais de justice de Paris. Un procès pour l’histoire lit-on partout. Un procès pour les vivants, pour les victimes et leurs familles ; un procès qui fait resurgir la douleur, le souvenir, l’horreur, l’injustice. Cette semaine, Diacritik vous propose de revenir sur des œuvres qui, frontalement ou en creux, parlent de Charlie avant « Je suis Charlie », des traumatismes, de l’après et de la reconstruction impossible et nécessaire. Parce que ces livres, ces albums, ces dessins, ces entretiens sont à la fois témoignages, traces, mémoire, histoire(s). Aujourd’hui : L’Humour à Mort, documentaire de Daniel et Emmanuel Leconte.

« Incarner l’un des personnages principaux de votre vie » : peut-être est-ce le « but » que se fixe Renata Adler lorsqu’elle entreprend d’écrire Speedboat, publié en 1976 qui paraît enfin en poche chez Points, dans une traduction française de Céline Leroy. Déambuler dans New York comme dans son passé, être dans l’excursion (vers des îles, d’autres lieux) pour tenter de cerner ce point mouvant, son «moi» dans le monde, face aux êtres, aux choses vues.

Amélie Mougey est la rédactrice en chef de La Revue Dessinée depuis plus de quatre ans et alors que le numéro d’été 2020 vient de paraître au moment où la France peut enfin se rendre à nouveau en librairie, revenons avec elle sur la poursuite d’une aventure éditoriale (presque une quête), sur ce qui fait de LRD un journal d’information rigoureux et engagé qui a à coeur de chercher et donner des clés pour comprendre le monde.

Dans un Paris jaune éclatant, Étienne Dardel couvre manifestations et soulèvements, il documente l’urgence et les dérapages policiers. Sous cette identité fictionnelle, on reconnaîtra facilement David Dufresne, auteur du roman — c’est le terme revendiqué en couverture — le plus furieusement politique de ces derniers mois, Dernière sommation, sous couverture jaune paille, un récit qui articule les événements brûlants d’un quinquennat qui ne cesse de déraper.

« Cet ouvrage est l’histoire d’une communauté », écrit Amy Goldstein en ouverture des Remerciements de son livre, Janesville. Une histoire américaine, qui vient de paraître aux éditions Bourgois dans une traduction d’Aurélie Tronchet. L’histoire d’une communauté qui tente de se relever et de se reconstruire après la fermeture de l’usine automobile qui faisait vivre ses habitants.