À l’occasion de la parution d’Un désir démesuré d’amitié, son nouveau livre, grand entretien avec Hélène Giannecchini où l’on croise Derrida, Barthes, Montaigne, Monique Wittig, Donna Haraway, Michel Foucault ou Maggie Nelson, comme autant d’amies et amis, puisque l’amitié se voit pensée dans ce récit comme une possibilité subjective, éthique, politique.

Le but d’Hélène Giannecchini n’est pas de définir abstraitement l’amitié. L’autrice s’efforce de penser celle-ci comme possibilité subjective, éthique, politique : En quoi l’amitié peut-elle être la condition d’un rapport aux autres et à soi ? En quoi l’amitié peut-elle être la condition d’un autre mode de vie ? En quoi l’amitié peut-elle être la condition d’une forme d’agir politique ?

Amour et mort, vivants et morts, aujourd’hui et hier se croisent et s’entremêlent dans Le Bastion des Larmes pour former la trame d’un récit qui est aussi politique, qui met au jour la violence sociale autant que la possibilité d’une communauté nouvelle. Entretien avec Abdellah Taïa.

Le livre d’Abdellah Taïa suit une logique des relations, divers types de relations étant convoqués. Le Bastion des Larmes développe plusieurs formes de l’amour ainsi que leurs conséquences. Le récit s’attarde également sur ce qui met en échec l’amour et apparaît comme destructeur. L’amour pourrait être le principe à partir duquel serait pensée la valeur d’une relation (bonne/mauvaise), celui à partir duquel est pensé ce que doit être une relation. Le Bastion des Larmes est un récit autant qu’un livre d’éthique.

L’émission d’Hanouna, pourtant regardée par des millions de téléspectateurs, n’en est pas moins une vieille poubelle jouissant de ses propres remugles. La vulgarité permanente et gratuite – on est loin de l’art anarchiste du professeur Choron – y est omniprésente, les séquences machistes et homophobes s’y enchaînent, délivrant un discours qui, de manière primaire et « décomplexée », réactive sur le mode du langage et de la représentation la violence symbolique, matérielle et physique qui règne à l’égard de catégories de la population toujours objectifiées et infériorisées. L’émission d’Hanouna légitime cette violence – et n’en reste pas elle-même au niveau du symbolique et de l’image mais présente des passages à l’acte. On se souvient, par exemple, du « baiser » subi par une jeune femme forcée de se soumettre à Hanouna et à un de ses chroniqueurs. On pense aussi à la violence psychologique permanente qui est exercée sur certains des collaborateurs, contraints de se rabaisser chaque jour davantage pour exister quelque part dans le PAF et toucher leur chèque à la fin du mois.

Né en 1974 en Martinique, Louis-Georges Tin préside le CRAN, le Conseil représentatif des associations noires de France dont il est un des cofondateurs en novembre 2005. Normalien, agrégé et docteur ès lettres, il est enseigne à l’université d’Orléans. Il est à l’origine de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie célébrée le 17 mai depuis 2005. Entretien avec le militant et auteur de nombreux ouvrages sur la discrimination, distingué à plusieurs reprises pour son engagement dans sa lutte contre l’homophobie, le racisme et le colonialisme.

De 1960 à 1965, dans le journal communiste Vie Nuove, Pasolini publie ses réponses à des lettres qui lui sont adressées par des lecteurs et lectrices. Dialogues en public réunit un ensemble de ces échanges entre les lecteurs/lectrices et Pasolini, celui-ci répondant aux interrogations très diverses qui lui sont faites autant sur son propre travail que sur des faits d’actualité, sur la politique italienne, sur tel fait divers, sur l’Église et la croyance, sur la littérature, etc.

Le 21 mai dernier, à l’occasion de la publication du livre Poésies critiques, consacré aux œuvres de Liliane Giraudon, de Frank Smith, de Jean-Michel Espitallier, était organisée à la librairie EXC une rencontre dirigée par Rodolphe Perez et réunissant Jean-Philippe Cazier, Frank Smith et Jean-Michel Espitallier. L’entretien ci-après est la transcription de cette rencontre.

Dans Le feu extérieur, les « personnages » sont des paradoxes, les catalyseurs d’événements étranges. Il en va de même des lieux, des choses, des discours. Le récit est le déploiement de ces paradoxes du corps, de la pensée, du monde – une sorte d’envers de la logique commune pour la création d’un monde inédit ou de recréation de ce monde, le « nôtre », tel que nous ne l’avons encore, peut-être, ni perçu ni pensé.

Alors que, depuis octobre 2023, ce qui se présente sous les allures d’une riposte contre le Hamas se révèle être une entreprise de nettoyage ethnique, voire génocidaire, que les États et institutions internationales ne prennent aucune mesure efficace, que certains gouvernements participent en livrant des armes, en criminalisant toute dénonciation de la politique de l’État israélien, Elias Sanbar, dans La dernière guerre ?, explicite ce qui se déroule sous nos yeux, détermine les responsabilités, clarifie les termes, esquisse les lignes possibles d’un futur peut-être commun.