Entretien avec Camille Morando et Alfred Pacquement à l’occasion de la remarquable publication du cinquième et dernier tome du catalogue raisonné de l’œuvre de Pierre Soulages, dirigé par les deux auteurs ; de l’exposition : « Pierre Soulages, une autre lumière », dont Alfred Pacquement est le commissaire, qui s’ouvre au musée du Luxembourg ; de la parution du livre, Pierre Soulages. Peintures sur papier, signé Alfred Pacquement, qui accompagne l’exposition.

Poétesse et romancière, Sara Bourre publie Chambre 908, un texte né du deuil de son père. Entre fragments oniriques et récit poétique, elle interroge les frontières du réel et de l’intime, transformant la perte en matière vivante. Entretien avec une autrice qui fait de l’écriture un espace de présence et de métamorphose, traversé par l’absence et le désir de se réinventer.

Avec Tacts, Fabrice Bourlez fait l’effort d’une mise en question de la psychanalyse qui n’est pourtant pas un rejet. Penser contre mais aussi avec et pour la psychanalyse, à partir des groupes, des subjectivités que celle-ci peut exclure, réduire au statut d’objet. Entretien avec l’auteur.

Et virgule (2025) est le troisième volet d’une « trilogie » après Théorèmes de la nature (2017) et Descriptions (2021). Et, et… La conjonction coordonne ces trois livres qui n’en forment qu’un seul, un peu comme les cinq « chapitres », ou les cinq bords du « chapeau » qui agençaient Les jungles plates (2010). « Et virgule »… La virgule, elle, indiquerait une suite, une autre suite, ou que l’objet poétique que nous tenons dans les mains, que nous croyons tenir entre nos mains, n’a pas de fin, qu’il est infini, inachevable : 141 poèmes pour Et virgule, comme Théorèmes de la nature, et 143 pour Descriptions. Plus de quatre cents poèmes donc, 425 exactement, tous en prose, d’inégale longueur (parfois juste une phrase, une phrase-vers), et qui n’excèdent jamais une page.

En ces temps de remontées de relents nauséabonds qu’on croyait appartenir à l’Histoire, il est apparu nécessaire de se pencher sur lesdits relents, et de voir jusqu’où ils imitaient le passé, dans son fond comme dans sa forme. Quel rapport entre notre époque et celle de l’Allemagne nazie ? Entre la rhétorique de Hitler et celle de l’extrême-droite d’aujourd’hui ? Être capable d’identifier ces processus rhétoriques, ces mises en scène, ces manière d’opérer, c’est pouvoir retracer ces liens, cette reproduction de schémas extrêmement dangereux, et donc de commencer à les dénoncer, à les combattre.

Est-ce un jeu tragique, une mise en abyme, une tentative de saisir le monde d’aujourd’hui ? Dans son roman Trash Vortex, Mathieu Larnaudie dresse le portrait d’une société obsédée par sa propre fin, en s’emparant du motif des gyres de déchets, notamment plastiques, qu’on retrouve dans l’océan. À travers quelques figures, souvent choisies parmi les élites politiques et économiques (la riche héritière, le directeur de cabinet, le réalisateur à succès…), le roman offre une analyse sociologique, psychologique et poétique de personnages de notre époque, qui pourraient sortir des limbes pour relancer une autre forme d’Histoire. À l’équilibre entre aventure et métaphore, Trash Vortex est aussi une invitation à être pleinement présent au monde, comme l’a souligné Mathieu Larnaudie dans le grand entretien qu’il nous a accordé.

Bohême, New York, Prague, Paris, Rio, Sarajevo – années 1930, année 1942, années 1960, 1980. Le narrateur parcourt ses origines, sa vie d’émigré, son identité et ses autres possibles. Souvenirs d’enfance, histoire familiale – la violence nazie, la répression communiste. Le roman kaléidoscopique de Pavel Hak est un vertige historique, narratif, temporel, mental.