Dérives de Kate Zambreno : ceci n’est pas un livre, ceci est plus qu’un livre, un journal d’écriture, le laboratoire du contemporain, une autofiction qui parle plus des autres que de soi, une forme inouïe, rhizomique et fluide, rhapsodique et plastique, un essai sur Rilke, Kafka, Walser, Varda, Akerman, les espèces compagnes, le fugace (et son atemporalité), etc. — et tout le livre est dans ce etc.. Dérives est de ces livres sont vous savez, dès les trois premières pages, qu’ils sont à la fois ce que vous attendiez sans même le savoir et tout ce à quoi vous reviendrez, sans cesse.

Prière pour les voyageurs, le premier roman de l’auteure américaine Ruchika Tomar, a comme lieu le Nevada, une zone située quelque part dans cet Etat désertique des USA et dont la ville la plus célèbre, Las Vegas, n’est qu’un ensemble d’illusions grâce auxquelles tuer le temps en dépensant l’argent que l’on n’a pas. Le roman ne se situe pas à Las Vegas mais, loin du kitsch et du clinquant, dans une zone à part, déconnectée, une sorte d’anti-rêve américain, encore plus désertique.

Danseurs sur le rivage est un recueil de nouvelles, de micro-récits parfois reliés entre eux par des échos, le retour de certains personnages, de certains noms, en tout cas de situations similaires qui dessinent le diagramme de relations de pouvoir, de domination, comme le plan d’une prison à l’air libre.

James Scudamore, dont le quatrième livre, Monstres anglais, paraît aujourd’hui aux éditions La Croisée, est le romancier du temps perdu et retrouvé, des strates de vie en grande partie oubliées qui composent nos identités. Sans recomposer ces archives et traces, impossible de se (re)construire, tel est le rôle du récit, dans cette (en)quête, sur soi comme sur les autres.