Mado pourrait aisément être considéré comme une intrigue au demeurant banale.
Il n’est en rien. Il s’agit bel et bien d’une écriture qui sculpte dans la moindre finesse l’initiation de deux jeunes filles, Mado et Virginie, avec ces folies, ces errements, ces renoncements, ces comparaisons ineptes et injustes, incohérentes, ou petites déréalisations.

Paula Fox
Paula Fox

Paula Fox est restée trop méconnue en France, malgré le travail de Joëlle Losfeld pour y diffuser ses livres. Peut-être sa mort, le 1er mars dernier, annoncée aujourd’hui, remettra-t-elle son œuvre fondamentale sur le devant de la scène littéraire. Née en 1923, elle était de celle dont les écrivains américains ne cessent de dire l’influence cruciale sur leur propre univers littéraire, à commencer par Jonathan Franzen, inlassable passeur de son travail.

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Dermot Bolger est un observateur implacable de la société comme des relations humaines : dans chacun de ses romans, une crise est le prisme par lequel un moment est analysé, rendu à sa complexité comme à sa force romanesque. Une illusion passagère récit avec lequel Ensemble séparés peut fonctionner en diptyque, comme nous l’explique l’écrivain, il s’agissait déjà de la Chute de l’Irlande, The Fall of Ireland, titre original du roman.
Diacritik a rencontré l’écrivain irlandais de passage à Paris en juin, l’occasion d’évoquer avec lui Ensemble séparés qui vient de paraître aux éditions Joëlle Losfeld et plus largement son rapport au roman.

Dermot Bolger
Dermot Bolger

L’œuvre de Dermot Bolger questionne l’Irlande contemporaine, sa grandeur et ses illusions perdues. Alors que son dernier roman, le douzième, Tanglewood, va paraître en France le 18 août prochain aux éditions Joëlle Losfled sous le titre Ensemble séparés — Diacritik reviendra sur ce livre, article accompagné d’un entretien vidéo avec l’écrivain — retour sur Une illusion passagère (2013).

Lorsqu’on évoque les écrivaines algériennes, le pluriel est rarement au rendez-vous et, au mieux, un seul nom surgit dans la conversation, celui d’Assia Djebar, son élection à l’Académie française ayant étendu sa notoriété. Il est vrai que la littérature algérienne des femmes est un phénomène relativement récent. Représentée de 1945 aux années 70 par deux ou trois créatrices, elle s’est affirmée dans les années 80 et confirmée dans la décennie suivante. En ce début du XXIe siècle, les écrivaines sont nombreuses, dans les trois langues, arabe, français, berbère. Nous évoquerons ici essentiellement celles qui écrivent en français et sans prétendre à un panorama exhaustif, nous donnerons quelques idées de ce volet méconnu pour aider à diversifier les lectures de vacances, la littérature ayant une approche plus complexe du réel que les discours médiatiques.

Maintenant imaginez une terre de sable cernée par les eaux pacifiques et, sur cette langue, un arbre parfaitement conifère. Au pied de l’arbre dont les racines se dressent en l’air en de noueuses parades pour plonger plus profondément dans le sol, un morse est venu s’échouer. Pratiquant le morse, comme vous et moi le français, le morse soumet toute son énergie graisseuse à répondre à cette unique question par des suites de traits courts et longs (qui, pour le confort du lecteur, ont été ici traduits). Voici sa réponse :

banniere11032016La mloukhia est plat traditionnel tunisien, à base de poudre de feuilles de corète et d’huile d’olive.

Ce carnet de notes a été écrit à Tunis, à l’occasion de la Foire internationale du livre (25 mars au 3 avril). Il est fait de sept courtes interviews, retranscrites presque littéralement, exception faite de deux textes envoyés par courriel.

La question de départ est simple. Elle a été posée [en français] à des Tunisien(ne)s qui ont en commun d’exercer une activité créatrice ou liée à la production culturelle. Qu’est-ce qui vous a marqué/ébloui/frappé au cours des six derniers mois – un livre ? un spectacle ? un plat (divinement) cuisiné ? De quoi se nourrit-on, à Tunis, en ce 6ème printemps de la révolution ?
Les noms des sollicités (et leurs réponses) sont donnés par ordre alphabétique. Ce carnet est bien évidemment incomplet, affreusement subjectif et peut-être trompeur. Il est donc perfectible. A suivre…

Manuel Candré présente son livre, Le portique du front de mer, comme l’effet de sa  « rencontre » avec Vermillion Sands, recueil de nouvelles de J.G. Ballard. Le thème de la rencontre est un de ceux qui traversent ce livre : rencontre avec des événements étranges, des mirages extraordinaires, des distorsions du temps, de l’espace, des passions incompréhensibles du corps.

Écrire, n’est-ce pas toujours se situer dans une filiation, un « qui suis-je ? », interrogation d’une identité comme d’une inspiration ? Écrire n’est-ce pas d’abord avoir lu ? Le Portique du front de mer de Manuel Candré énonce sa source : la découverte séminale, vingt ans plus tôt, de Vermilion Sands de Ballard et les « paysages intérieurs que sa lecture a fait lever en moi ».