De quoi Érostrate est-il le nom ? Et qui se souvient de lui ? À la lecture d’Érostrate paru chez Dargaud en octobre dernier, on serait presque enclin à titrer « Vous ne devinerez jamais ce qu’Érostrate a fait pour se rendre célèbre ? ». Des questions modernes pour un livre-album qui emprunte à l’antiquité et la forme de la geste pour mieux résonner avec l’époque contemporaine qui juge la postérité à l’aune du nombre de vues sur YouTube ou au nombre de followers sur Instagram.

Troisième année consécutive où le nombre 31 régit ces chroniques (seul leur titre générique change en début d’année). Ce serait amusant de programmer autant d’ouvrages à son sommaire. Il faudrait évidemment se contenter d’écrire pour chacun un paragraphe de mille signes, espaces comprises, tout au plus. Pour y arriver, il faudrait opérer un lent travail de condensation requérant un nombre infini de coups de gomme et de nombreuses plages de réécriture. N’y pensons plus : nous élaborons ces petites constellations critiques pour le plaisir et non pour devenir fou.

Il y a quelques semaines, Christelle Morançais (élue Horizons), présidente de la région des Pays de la Loire, annonçait que les prévisions pour le budget 2025 incluaient une diminution très importante, voire une suppression pure et simple de certaines subventions et aides pour un montant de cent millions d’euros. En ce qui concerne le domaine de la culture, cette suppression équivaut à la disparition de 73% de son budget de fonctionnement.

Hélène Cixous pond un livre-œuf renversant, renversé, un livre qui est déjà une poule, une confrérie de gallinacés auprès desquels Ève la mère, le bien-aimé, Jacques Derrida, l’Algérie, reviennent. Onze œufs volant en toute liberté nous attendent, onze textes qui emportent la littérature dans une vitesse visionnaire.

Trentième et avant-dernier épisode de Terrain vague pour 2024. Pour rappel : 30, c’est 2 x 3 x 5, soit le premier nombre premier multiplié par le deuxième multiplié par le troisième. Jouer avec les nombres, c’est à la fois respecter certaines contraintes et devoir tricher – par nécessité ; et aussi par jeu. Au fond, ce qui compte c’est de ne pas s’arrêter : de continuer, en inactuel attentif à ce qui se trame dans les marges de l’actualité. Le prochain épisode sera le dernier de l’année ; et pourtant, comme les précédents, il sera aussi à sa manière avant-dernier : ne fermant rien, ouvrant des voies – pour qui ? pour quoi ? Peut-être doit-on toujours avancer sans but préétabli. C’est simplement une activité : manière de ne pas céder au silence, pourtant crucial dans cette affaire. So May we Start ?