Continuer à tisser des liens avec la bande dessinée quand bien même on est conscient de la difficulté de faire passer ce qui anime matériellement ce territoire, dans ses plus étranges surgissements : ce qui circule d’une image à l’autre, d’une page à l’autre, d’une double page à l’autre, que les mots ont mal à saisir avec précision – l’histoire racontée (il arrive qu’il n’y en ait pas, mais c’est assez rare) ne gagnant rien à être redite de manière compressée ; et le trait, si singulier qu’il soit, ne pouvant être réduit à telle ou telle vaine description. Quoi de plus difficile à caractériser qu’un trait… ? Et pourtant, c’est par cette voie-là (qui est aussi voix, simultanément muette et parlante) que le courant passe – et que le cœur est touché.
Ça commence par une rencontre, à l’automne 2022. Je suis invité au festival Littératures, etc. à Lille pour présenter mon dernier roman. Aurélie Olivier me présente Lucien Fradin : c’est lui qui va lire des extraits de mon texte avant une rencontre croisée pour parler de nos travaux respectifs. Il est comédien ; j’apprends qu’il a sorti un livre, aussi. Portraits détaillés.
Rosie Pinhas-Delpuech traduit l’hébreu depuis quarante ans, elle est également responsable de la collection « Lettres hébraïques » aux éditions Actes Sud, et autrice de plusieurs livres, dont le dernier « Naviguer à l’oreille » a paru en octobre aux éditions Actes Sud. Elle a accepté de recevoir chez elle Diacritik pour nous en parler, ainsi que de sa dernière traduction d’Orly Castel-Bloom, « Biotope », publiée en janvier dernier, toujours chez Actes Sud.
François Dagognet favorise une certaine direction pour le regard philosophique : regarder ici-bas, contempler la matière. Mais ce ne serait pas suffisant : il faudrait que cette contemplation se concentre sur ce qui est considéré comme le plus bas, le moins signifiant non seulement pour le philosophe mais pour tout un chacun : les détritus, les graisses, les pierres, les déchets…
L’an dernier, les grands commémorateurs de tout poil et de toute brosse se sont enquis de célébrer la naissance du surréalisme. Pour en déterminer la date, instant lustral où l’étincelle doit allumer l’incendie, on a retenu celle de la parution du premier Manifeste, soit 1924.
Publiant la revue Véhicule depuis 2010, et des livres depuis 2020, la maison d’éditions Vroum est singulière à plus d’un titre. Rencontre et entretien avec sa directrice éditoriale, Garance Dor.
Dans la librairie l’autre jour, sans crier gare, cet étrange sentiment de fraternité. Je feuillette le dernier ouvrage de Philippe Forest, écrivain que je lis de façon décousue, infidèle, de loin en loin.
Récemment sorti en salle, Mon gâteau préféré est dédié par Maryam Moqadam et Behtash Sanaeeha « aux femmes honorables de notre pays qui sont montées en première ligne dans la lutte pour le changement social ».
Il y a quelques semaines, Olivier Martinelli m’a contacté sur Facebook. Il voulait m’envoyer son livre, même si je ne suis pas journaliste littéraire, même si je n’écris pas sur les livres et qu’aujourd’hui je fais une exception.
Début janvier, c’était la tempête. Deux mois après, c’est marée basse, à moins que ce ne soit une illusion. Le chroniqueur en profite pour rattraper son retard : ne jamais être pressé, même s’il arrive qu’à peine reçu, un livre soit lu, puis recensé dans la foulée. Pour une publication le 5 mars, une chronique en 5 temps s’impose. 37 suivant 31 dans l’ordre des nombres premiers, ça colle avec le programme échafaudé. So May we Start ?
C’est sous le signe de la tristesse que se place ce court roman, sous l’égide d’une exergue de Dante.
Poète, critique et traducteur, David Lespiau a fait paraître récemment, aux éditions Héros-Limite, Une danse pour les doigts humains. Entretien avec l’auteur.
« J’ai trouvé dans le Bauhaus l’expression la plus parfaite d’un art dégénéré » (Joseph Goebbels)
D’abord, il y a la musique… Symphonique, une ouverture, qui semble annoncer un thème, la sonate d’une musique de film. Mais voilà, l’ouverture ne se finit pas, elle se répète, magistrale, un peu angoissante. En tendant l’oreille, ce dont l’ouverture nous laisse le temps, on entend une multitude de sons, comme autant de pistes, comme autant de sujets. Elle annonce un film qui fait mine de raconter la naissance d’une nation pour finalement en être le requiem.
Un livre hanté par un livre, un roman enroulé sur la littérature elle-même : le nouvel ouvrage d’Alban Lefranc qui paraît aux éditions Verticales est une lumière dans le paysage de la fiction contemporaine.
Retour le 3 mars 2025.