Indiscutablement, Thésée, sa vie nouvelle de Camille de Toledo est l’un des très grands livres de cette rentrée littéraire. Paru chez Verdier, ce roman conte, comme une traversée de la nuit et de la douleur, le destin de Thésée qui, après le suicide de son frère, plonge dans son histoire familiale. Magnifique et bouleversant, Thésée, sa vie nouvelle œuvre entre le poème, l’enquête et l’archive pour offrir une rare leçon de vie. C’est à l’occasion de la parution de ce remarquable livre, sans doute son meilleur à ce jour, que Diacritik a choisi de s’entretenir avec son auteur, l’un de nos contemporains majeurs.
Camille de Toledo : vertige de la fuite et régénération dans la traduction (Thésée, sa vie nouvelle)
Thésée, sa vie nouvelle est le deuxième ouvrage de Camille de Toledo publié aux éditions Verdier (après L’Inquiétude d’être au monde, 2012). Il s’agit d’un roman s’inscrivant dans le sillon tracé par les récits fragmentés de Vies pøtentielles (Seuil, 2011) et poursuivant avec la même ardeur et vigueur la réflexion sur l’écriture de l’indicible, de l’invisible, de l’impensable, au sein de considérations touchant à la relation avec les ancêtres et à la transmission transgénérationelle.
En 2019, Sandra Lucbert, sociologue et romancière, assiste au procès de France Télécom durant lequel sept dirigeants de l’entreprise sont jugés à la suite du grand nombre de suicides entraînant dans la mort des employés du groupe de télécommunications, des suicides dus à tout un harcèlement moral de grande dimension accompagnant un projet de licenciement étalé sur trois années de 22000 des membres du personnel.
Dans le nouveau roman de Pierre Ducrozet, Le Grand Vertige, tout est mouvement. Mouvements les grandes parties du livre, mouvements les départs incessants des personnages tout autour du globe pour enquêter ou même disparaître. Mais c’est surtout la grande loi du vivant qu’énonce l’un des personnages du livre, « tout est constamment en mouvement, ça vous paraît élémentaire mais ça ne l’est pas ».
Tous les mercredis, Joffrey Speno nous offre l’un des films de sa collection de portraits documentaires « La parole aux morts ». Aujourd’hui, Elle change tout ce qu’elle touche et tout ce qu’elle touche la change.
Hannah Arendt, analysant la Condition de l’homme moderne l’écrivait : les marchandises ont supplanté les paroles, la bourse a détrôné l’agora, le marché est devenu le lien du collectif. La destinée des Frères Lehman, telle que Stefano Massini en retrace l’épopée, en est l’illustration parfaite, du départ de Bavière d’Heyum Lehmann (avec deux n), le 11 septembre 1844 à la faillite aux répercussions planétaires de Lehman Brothers, le 15 septembre 2008 : à travers l’histoire d’une dynastie c’est toute l’Amérique dans sa grandeur et ses décadences que saisit l’auteur italien, en une fresque singulière et sidérante.
« (…) occuper une position au moyen du langage, (…) conquérir un lieu sans considération pour celui qui se trouvait là » : C’est ce qu’écrit le trop regretté Philippe Rahmy, et Marina Skalova l’a choisi comme entrée dans son livre-atelier à quatre mains avec la photographe-documentariste Nadège Abadie. On ne peut guère trouver mieux comme leitmotiv pour ce projet à la fois ouvert et limité, déjà rabattu sans être saisi dans toutes ses dimensions.
Il s’appelle Iyad Hallaq. Iyad Hallaq est autiste. Il vit aussi avec de lourds problèmes d’audition et des problèmes moteurs. Comme chaque jour, il se rend à pied dans une institution spécialisée, le Elwyn Center, dans la vielle ville de Jérusalem. Trois balles traversent le corps de Iyad Hallaq et le tuent, trois balles tirées par un officier de la police des frontières israélienne.
Depuis plusieurs semaines, une centaine de migrants mineurs sont installés dans le square Jules Ferry, dans le 11e arrondissement. Les pouvoirs publics ne reconnaissent pas leur minorité et aucune aide de l’Etat ne leur est proposée. Aujourd’hui, sur la place du Palais Royal, à Paris, à l’appel de plusieurs associations, avait lieu un rassemblement en soutien à ces mineurs dont les droits sont niés. Reportage photo de Jean-Philippe Cazier.
Reportage photo de Jean-Philippe Cazier. Le peuple fête la révolution. Manifestation interprofessionnelle. Paris, place de la République, 14 juillet 2020.
Reportage photo de Jean-Philippe Cazier. Rassemblement pour la démocratie en Algérie. Paris, place de la République, 12 juillet 2020.
Reportage photo de Jean-Philippe Cazier. Rassemblement féministe contre les nominations au Ministère de l’Intérieur et au Ministère de la Justice (Paris, place de l’Hôtel de Ville, 10 juillet 2020).