La sortie de la minisérie signé Bill Gallagher date un peu (2016) mais le désœuvrement et la profusion netflixienne aidant, on a avalé Paranoid comme on aurait regardé un épisode de l’Inspecteur Barnaby ou Grantschester un soir de disette télévisuelle. Bilan de ce visionnage marathon par défaut : la capacité des séries anglaises à renouveler ses intrigues à partir de rien(s) n’a d’égale que son charme et son classicisme so british.

Annoncée comme l’une des séries les plus attendues de 2020, The Outsider combine les qualités d’une enquête policière âpre et des ressorts terrifiants signés du maître Stephen King. Produite par Jason Bateman (qui tient un des premiers rôles) et diffusée par HBO, The Outsider propose une descente infernale dans la psyché de personnages complexes, qui portent en eux des failles et secrets à même de perdre le spectateur dans une intrigue sinueuse.

Sorte de Homeland trempé dans l’eau bénite qui convoque Dieu(x), les hommes, la question palestinienne et l’emprise de la religion sur la géopolitique, Messiah (en ligne depuis le 1er janvier) est une série sacrément ambiguë. Superproduction messianique, auréolée d’une polémique bien avant sa diffusion, la nouvelle série de Netflix n’est en définitive qu’un thriller ésotérique barbant.

Un abonnement Netflix, c’est un peu comme une carte de club de gym : on décide un beau jour de s’inscrire a priori pour de très bonnes raisons, sous le coup d’une impulsion ou au gré d’une offre attractive temporaire. Puis, le temps aidant, on finit par ne plus y aller, oubliant l’offre initiale, remisant l’envie de départ à cause d’une profusion décourageante, avec des propositions à la qualité plus qu’aléatoire. Pourtant, il arrive que de la pléthore émergent de bonnes surprises (non sans quelques défauts) : The Politician est de celles-ci, à la fois série pour ados et miroir pop et saturé de l’Amérique des millenials…

On aurait voulu dire que la fiction française pouvait s’enorgueillir d’une nouvelle réussite avec la mini-série réalisée par Rebecca Zlotowski pour Canal +. On aurait voulu y croire après un premier épisode plutôt réussi et des prémisses courageuses (la France élit un président issu de l’immigration), on aurait souhaité que Les Sauvages nous emporte. Récit d’une déception, autopsie d’une création originale qu’on aurait aimé aimer.

La déferlante Marvel n’a pas fait que des heureux : entre les cinéphiles lassés de voir débouler des super-héros en collants tous les deux mois dans les salles obscures et les fans exigeants discutant la qualité aléatoire des blockbusters ou sequels à répétition, les justiciers semblaient s’être ligués pour envahir les écrans jusqu’à l’overdose (voire l’ennui).

Depuis sa diffusion, Chernobyl, la mini-série de HBO signée Craig Mazin, avec Jared Harris, Emily Watson et Stellan Skarsgård dans les rôles principaux, a quitté le terrain de la critique pure pour celui du fact-checking et des sujets dérivés : nombre d’articles fleurissent ça et là, qui pour donner raison ou tort aux auteurs, qui pour apporter un éclairage scientifique, donner la vision russophile de la tragédie ou relater l’explosion du tourisme à la suite de la diffusion de la série… Retour en 1986, en Ukraine avec Chernobyl, série à l’esthétique fascinante, au manichéisme discutable mais à la puissance indéniable.