Ils sont de retour le 14 novembre sur France 2 : Andréa, Mathias, Gabriel, Arlette, Hicham, Camille… les agents d’ASK aux affres intimes aussi nombreuses que les desiderata et doutes de leurs talents. Pour cette troisième saison, si la recette est toujours la même, les guests s’appellent Jean Dujardin, Béatrice Dalle, Isabelle Huppert, Gérard Lanvin ou Monica Bellucci : des stars en contre-emploi, des acteurs au bord de la crise de nerfs, du second degré en veux-tu en voilà. Avec une mention spéciale pour Isabelle Huppert qui s’auto-parodie avec bonheur en jouant une workaholic plus vraie que nature.

Les années 50, New York, l’Upper West Side versus le Lower Manhattan. Des condos de Columbus Avenue aux caves de l’East Village, ce sont deux mondes qui se télescopent et qui augurent bien plus qu’une sit-com aux rires enregistrés et aux punchlines formatées. Hommage au stand-up et chronique d’une époque révolue et des temps à venir, The Marvelous Mrs Maisel est sans conteste la meilleure série de l’année.

En sept saisons, The Good Wife avait réussi le tour de force d’intéresser le critique a une énième série de prétoire, centrée sur l’attachante autant qu’agaçante personnalité d’Alicia Florrick (Juliana Margulies), avocate brillante, mère de famille courage et épouse trompée. Avec The Good Fight (deux saisons au compteur sur Amazon Prime), Robert et Michelle King reprennent les mêmes (recettes et acteurs) et recommencent, dans un spin-off qui s’amuse de sa propre dimension politique. 

On se souvient tous (ou presque) d’Eternal Sunshine of the Spotless Mind (2004). Michel Gondry avait donné à Jim Carrey l’un de ses plus beaux rôles, celui d’un amoureux au coeur brisé cherchant à effacer son amour déçu de sa mémoire. Depuis le 9 septembre 2018, les deux hommes sont de retour avec un projet tout aussi passionnant et étrange, Kidding. Ce lundi 15 octobre, nous découvrions l’épisode 6/10 sur Canal, l’occasion de faire un point de presque mi-saison.

La nouvelle série de Beau Willimon (développée sur la plateforme Hulu Originals) s’appelle The First, mais elle aurait tout autant pu s’appeler The Abyss tant celle-ci réussit le tour de force de tutoyer les abîmes de l’ennui sur le sujet de la conquête de l’espace et si elle parvient à nous faire lever les yeux au ciel, c’est bien trop souvent au sens figuré et à son corps défendant.

Le critique l’avait annoncé en toute fin de son article au mi-temps de la deuxième saison : « dans l’attente d’ores et déjà de la saison trois ». L’attente est terminée, la troisième saison de This Is US a débuté le 26 septembre dernier sur NBC (en France sur Canal+ en léger différé) et, avec déjà deux épisodes au compteur, le critique se félicite toujours de recommander le TV Show de Dan Fogelman sur la toile et auprès de son entourage.

Eve Polastri appartient au MI-5, le service de renseignement britannique. Épouse plus ou moins comblée et analyste sédentaire, elle fait autant preuve de maladresse que d’intuitions fulgurantes. Alors, quand un assassinat est perpétré à Vienne et que l’unique témoin s’est réfugié à Londres, il n’en faut pas plus à Eve pour que son talent et son cœur s’expriment.

Mitigé. C’est le principal sentiment qui ressort après visionnage de Jack Ryan de Tom Clancy, diffusé en vidéo à la demande sur Amazon Prime. Mitigé parce que sans être foncièrement et formellement mauvaise, la série de Carlton Cuse et Graham Roland est loin de s’embarrasser de la moindre subtilité quand elle convoque séries et films qui l’ont précédée et développe nombre de clichés à la limite et à la gloire de l’impérialisme américain.

La série développée pour Hulu et disponible sur Amazon Prime n’est pas exempte de reproches ni de défauts mais force est de reconnaître que The Looming Tower (la tour qui se dessine au loin) possède des qualités indéniables au premier rang desquelles on trouvera une réécriture de l’histoire récente, une analyse à charge des méthodes du renseignement américain alors en vigueur et les conséquences funestes que l’on connaît.

Prenez une distribution internationale étonnante (Donald Sutherland, Hilary Swank, Harris Dickinson, Brendan Fraser, Luca Marinelli), un show-runner passé par le cinéma (Simon Beaufoy, scénariste de Slumdog Millionnaire, The Full Monty, 127 heures), un réalisateur-producteur emblématique (Danny Boyle) et vous obtenez une série fascinante et addictive : TRUST ou l’enlèvement de John Paul Getty III en 1973 raconté par le menu, porté par une musique et une esthétique 70’s envoutantes et référentielles.

Plus de 25 ans après, Twin Peaks est revenu sur les écrans de télévision et la série est désormais disponible en DVD. Ce retour, David Lynch n’en fait pas une suite qui permettrait de retrouver ceux que nous avions laissés dans la nuit de nos écrans et de nos souvenirs. Le retour de Twin Peaks ne reproduit pas Twin Peaks, il le répète en y incluant la distance qui nous en sépare.

Quelques jours après la sortie de Ready Player One dans les salles, comment ne pas noter la quasi omniprésence de la virtualité et du paradoxe (jusqu’à l’affrontement) entre le réel et l’imaginaire numérique ?
Revue d’effectif d’une tendance avec trois exemples, une bande dessinée et deux séries, qui ont en commun de développer d’autres réalités, entre futurisme et post-humanisme : Alt-Life (à paraître le 6 avril), Counterpart et Altered Carbon.

Entre la fiction et le réel, les frontières sont poreuses. Les dystopies semblent s’épanouir dans la première. Tellement, même, qu’il devient difficile de penser que leur abondance, en ce début de XXIe siècle, soit sans rapport avec le contexte où elles s’expriment. Tensions sociales et politiques, emportements et envahissements techniques, féodalisations économiques, dégradations écologiques (liste évidemment non exhaustive) paraissent redonner des conditions historiques favorables à ces descriptions de sociétés ayant déraillé du chemin du progrès collectif : littérature, cinéma, jeux vidéo et autres supports culturels les ont largement accueillies.