Robert Doisneau aimait la banlieue, mieux il l’habitait. En 1985, il avait répondu à une commande de la DATAR, utilisant, pour la première fois la couleur, une technique nouvelle pour lui, adaptée à un lieu lui-même en pleine transition, entre quartiers anciens et rénovations, ce que montre un livre récemment paru, La Banlieue en couleur, en mettant en regard les clichés de Doisneau des années 40-50 et ces photographies des années 80.

Le pays étant voisin, son histoire relatée dans nos livres d’histoire, entremêlée à la nôtre avec des périodes de conflits et d’autres d’alliances, on arrive moins vierge qu’ailleurs, ou plutôt avec une curiosité balisée. Mais la curiosité n’a que faire de vos balises, elle les envoie valdinguer. Sur le terrain, les représentations préalables trop figées se mettent à vibrer.

Une salle entière de l’exposition « Être moderne. Le MoMA à Paris » qui se tient à la Fondation Louis Vuitton jusqu’au 5 mars prochain est dédiée à la série Untitled Film Stills (1977-1980) de Cindy Sherman, artiste de la métamorphose, véritable Circé, dont la quête esthétique et artistique prend la forme d’un portrait toujours inachevé, du je en Autre, davantage (auto)fiction qu’autoportrait.

Lascaux, véritable lanterne magique, n’est pas qu’un simple témoignage du passé, qu’une antique archive de l’humanité, elle est le lieu de notre naissance, notre scène originelle, notre trame intérieure. Lascaux est notre premier rêve, notre toute première vision dont le souvenir hante nos nuits sans que l’on sache à vrai dire ce qui nous hante : « Un homme qui pénètre dans une caverne paléolithique, alors que c’est la première fois », écrit Pascal Quignard, « la reconnaît. Il revient » (Dernier royaume, Tome 3 : Abîmes, 2002).