Dans son nouvel ouvrage Les Mille et une nuits aujourd’hui, Christiane Chaulet Achour, spécialiste des littératures francophones et comparées, part sur les traces des réécritures contemporaines du recueil de contes arabes, d’origine persane et indienne, qui ont marqués des générations de lecteurs. Elle en décrypte les « itin-errances » et en interroge les réinventions et les reprises.

Sylvain Prudhomme a embarqué sur le Pandémonium avec un texte inédit, « La mélancolie des paquebots », 60 notations sur un présent opaque, dérivation maritime et littéraire. Eléa Terrode et Nathan Devillard, qui ont suivi ses masterclasses durant deux ans dans le cadre du Master de création d’Aix-Marseille Université, racontent :

Depuis 2003, Perrine Le Querrec publie à un rythme frénétique, multipliant les sujets, les formes, proposant des livres qui constituent à chaque fois des objets différents et audacieux. Les trois textes publiés début 2020 dessinent de manière saisissante les contours d’une poésie contemporaine parmi les plus remarquables.

Côme Martin-Karl a publié des nouvelles dans La Nouvelle Revue Française, des romans, les premiers parus chez Jean-Claude Lattès : Les Occupations (2013) raconte l’histoire d’un gratte-papiers qui s’improvise censeur des pièces de théâtre de Jean-Paul Sartre sous l’Occupation ; Styles (2017), celle d’un étudiant qui consacre son mémoire de sociologie au chanteur Harry Styles. Avec La Réaction, paru chez Gallimard en février dernier, il signe une brillante satire du milieu réactionnaire en peignant ses lieux de sociabilité entre messes intégristes et réunions « contre la Grande Déliquescence ».

Co-fondateur du collectif Urbain, trop urbain, Matthieu Duperrex explore depuis une quinzaine d’années la notion d’Anthropocène en croisant sciences humaines, littérature et arts visuels dans des performances et des installations artistiques ; il enquête sur le terrain des milieux anthropisés comme dans son dernier livre, Voyages en sol incertain paru en 2019 conjointement en version papier aux éditions Wildproject et en version numérique augmentée aux éditions La Marelle.

Elle entre dans sa sixième année de détention et porte un nom : Nûdem Durak. Chanteuse, kurde en Turquie, ses 32 ans fêtés voilà quatre mois ; un État l’a condamnée à passer plus de la moitié de son âge en prison. Ce nom, on commence à le prononcer sur quelques continents. C’est bien peu, face à l’appareil entier d’un État, mais ce n’est pas tout à fait rien : un prisonnier l’est sans doute moins lorsque l’on sait, dehors, qu’on l’a réduit à n’être plus que ça. Le silence fortifie les cachots plus sûrement que les barreaux – il arrive parfois que rompre le premier aide à scier ces derniers.

Cinéma à l’université pourrait se définir comme la troisième étape d’un mouvement plus vaste qui touche à l’un des piliers de l’enseignement du cinéma, à savoir le cloisonnement presque absolu de la théorie et de la pratique, du savoir et du savoir-faire, de la pensée purement intellectuelle et de la pensée « avec les mains » (pour citer le livre éponyme de Denis de Rougemont, lui-même cité dans Godard dans Histoire(s) du cinéma).